I. Pcnck, Morphologie, II. p
DK LAFFAREiiT. — LcToas de {TCOgr. pli y;». 12
i^S LEÇONS DE GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
un paysage volcanique très caractérisé, les épanchements éruptifs sont susceptibles d'apporter, dans Thydrographie d'une région, des changements d'importance très diverse.
L'un des {)lus liabituels est le barrage d'une vallée par une coulée de lave. 11 en peut résulter la formation d'un lac ou d'une cascade. Ainsi se sont formés, en Auvergne, le lac Chambon et celui d'Aydat. Plusieurs des belles cascades de la contrée du Yellowstone, en Amérique, sont dues à des nappes de laves, au sein desquelles les rivières n'ont pas encore eu le temps d'approfondir leurs lits. Le lac du Yellowstone, situé à 23;)9 mètres d'altitude, et profond de 90 mètres, résulte du barrage d'une vallée par une coulée de rhyolite. On attribue la même origine au lac de Nicaragua, qui couvre H 500 kilomètres carrés, sans que sa profondeur dépasse 60 ou 70 mètres, il en est de même de plusieurs cavités lacustres du Mexique, et on a vu des lacs se former de cette manière au Japon en 1888.
changements du réseau hydrographique. — Tous ces changements ne portent que sur des détails secondaires, et le réseau hydrographique n'en est que peu altéré.. Mais il y a des cas où la modification des tracés peut devenir profonde, et bouleverser de fond en comble l'économie du drainage d'une région. C'est ce qui arrive lorsque l'activité volcanique s'est exercée sur une assez grande échelle pour superposer à un territoire, non plus seulement quelques cônes ou quelques coulées de laves, mais un massif parasite considérable et de grande altitude.
Ce massif devient alors un centre de divergence pour de nouveaux cours d'eau, que la forte inclinaison des versants rend facilement torrentiels. D'une part, ces rivières peuvent être assez puissantes pour remanier complètement les vallées de la périphérie; d'autre part, le réseau général que le nouveau relief fait naître reçoit, des pentes divergentes, une impulsion directrice qui peut lui assurer, pendant quelque temps, une certaine indépendance relativement à l'allure du socle sur lequel a eu lieu l'accumulation éruptive. Non seulement, sur toute la partie recouverte, c'est un système nouveau qui se substitue aux anciennes lignes de drainage, désormais enfouies; mais aux points où cesse l'accumulation volcanique, le modelé initial peut s'atrophier, parce que les anciens thalwegs ne reçoivent plus les mêmes quantités d'eau. En même temps, les nouvelles rigoles, en débouchant sur la périphérie, se creusent des lits indépendants du sous-sol.
Cette indépendance apparaît clairement lorsque l'érosion a eu le
INFLUENCES TECTONIQUES ACTIVES 179
temps d'enlever, sur les bords, une partie notable de rap[)areil volcanique. Dans ce cas on a affaire à des tracés sunmposés, sans relation actuelle avec le terrain où on les observe, et ne devenant intellijribles qu'à la condition de reconstituer la partie disparue de la couverture éruptive. C'est ainsi que, dans TAUemag'ne centrale, le Vogelsberg et le Rhôn sont venus, à Tépoque miocène, former «leux massifs basaltiques importants entre le Taunus et le Thiirîngerwald. Ces massifs ont complètement changé Tancien drainage de la région vers le golfe de Cassel. Ils ont servi d'origine à de nouveaux cours d'eau, dont les uns vont au Main et les autres au Weser. Ces rivières ne tardent pas à sortir du terrain basaltique pour couler sur des formations sensiblement plus anciennes, où dominent les dislocations alignées du su<l-est au nord-ouest. Or ce n'est que dans le détail des tracés que cette direction parvient à se faire sentir. Môme la grande dislocation nord-sud, suivant laquelle s'était faite aux temps tertiaires la dépression hessoise, a quelque peine au début à se traduire dans la direction de la Fulda et de ses affluents ^
En France, les massifs du Cantal et du Mont-Dore, tardivement
édifiés sur la pénéplaine du Plateau Central, exercent une action
«lireclrice encore mieux marquée, et il en est de même pour les
énormes massifs volcaniques qui se sont accumulés en Améri(|ue
sur le Yellowstone et sur les monts Cascades.
Laccolithes. — Pour terminer, nous devons dire ici quelques mots d'une influence purement volcanique, et qui se traduit à la surface par des effets tout à fait semblables à reux que peut pro- 'luire un mouvement orogénique.
On connaît en Amérique des bombements, de forme elliptique, îu^essus de.squels les terrains stratifiés forment autant de calottes superposées, en dômes réguliers, dont le centre culminant, (pjand I^WMnmet a été enlevé par l'érosion, laisse voir un noyau éruptif. Ce noyau est constitué par une roche qui a dû former, dans la profondeur, une intumescence de nature pîUeuse, soulevant en 'orme de cloche les terrains qui Tempéchaient d'ajïparaître à la surface, et dans lesquels elle s'est contentée d'envoyer des filons. Ces protubérances, qu'on [courrait a[)peler avriif/lrs, puisqu'elles ûont pas vu le jour, ont reçu le nom de iarcolithf*s.
Or il est évident que des phénomènes du même genre peuvent Wore avoir lieu dans les grands centres éruptifs. iWs injections
I. Peni-k. fias Deulsrhc Reich KircholT. lAnderkuinU. Eitropa, p. 2<.»5).
souterraines de laves sont de nature à produire Texhaussement (ou, quand elles se retirent, rafTaissement) en bloc d'un district très limité; et il ne serait pas inadmissible que des mouvements du sol tout à fait localisés, comme ceux qu'on a sijrnalés à Pouzzoles, dussent être attribués à une cause de ce frenre. Il importait du moins de la signaler, à cause <Ie la réaction ([ue ces mouvements de terrain ne peuvent mancjuer d'exercer sur l'activité des eaux courantes.