CYCLES D'ÉROSION SUCCESSIFS. ANALYSE DE QUELQUES
Notion des cycles successifs. — L'ccorce terrestre ayant subi, à bien îles reprises, <les efforts «le dislocation, il n'est aucune partie Je la terre ferme, si ce n'est peut-être quel<|ues territoires «le très fiente émersion, où le travail rlu nio<lelé n'ait été plus «l'une fois wterrompu par «les influences tectoniques actives. Il y a «lonc eu, sur un même point, succession «le plusieurs cycles d'érosion, dont chacun «l'ailleurs pouvait être plus ou moins avancé au moment «e l'ouverture du cycle suivant. L'analyse rationnelle d'une topopaphie exige la reconstitution «le ces divers cycles, et c'est une 'iche qui présente en frénéral une extrême difficulté, quand on *<>nge à l'énorme épaisseur do terrains que l'érosion a partout fait «lisparaltre durant les àfres ^^éolo^iqu«îs.
Cependant certaines récrions du ^dobo, en raison de la simjdicité "C leur histoire, se prêtent assez bien à l'analyse des cycles successifs, au moins pour les pério«les postérieures à l'ère primaire. Ce sont les contrées qui n'ont jamais été affectées par «les plissements trop énerjriques, et où chaque cycle s'est poursuivi assez longtemps pour pouvoir faire «le la surfa<*e une pénéplaine à peu près parfaite. Dans ce cas, un observateur attentif parvient à reconnaître des lambeaux <l<» la pénéplaine, «lont les rapports mutuels /*ai<lent à démêler la série des événements survenus. En particulier, puisqu'une pénéplaine «levait être une surface peu différente d'un plan, et dont, [>ar conséquent, les lijrnes «le niveau étaient à jyeu de chose près «les droites parallèles, si, après avoir reconnu un nombre suffisant de lambeaux «l'ime pénéplaine «lonnée, on réunit par des «rourbes les points de m«'''me altitu«le actuelle, on
obtient une représentation exacte de la somme des déformations ' cjue la surface a éprouvées depuis la fin du cycle ([ui Tavait engendrée. Et s'il est possible d'établir cette représentation pour deux pénéplaines successives, en retranchant la part des déformations qui leur est commune, on arrive à reconnaître, au moins dans leurs traits généraux, les dislocations (jue la plus ancienne avait subies au début du cycle qui devait aboutir à la seconde.
C'est surtout aux Etals-Unis qu'on a rencontré des circonstances favorables pour entreprendre ce genre délicat de recherches.
Littoral atlantique des États-Unis. — Le littoral atlantique des États-Unis offre cette particularité que, durant les temps primaires, la terre ferme occupait la place de l'océan, tandis qu'un grand bassin de sédimentation marine s'étendait sur la région aujourd'hui montagneuse des Appalaches, où s'accumulaient, dans un large synclinal, de puissants dép<jts stratifiés. Donc, à cette époque, les rivières venaient de l'ouest, aboutissant au bord du synclinal.
Actuellement les circonstances topographicpies sont renversées, et c'est l'océan qui draine la région appalachienne; mais l'écroulement des terres atlantiques a été certainement tardif, et de plus, avant leur disparition, le plissement et l'émersion des Appalaches ont dû se faire progressivement. De là vient que la topographie du pays peut offrir, à la fois, des traits de grande ancienneté, conformes à l'état originel de la surface, et d'autres tout à fait modernes. Ce qui frappe sui'tout, c'est le peu d'importance des eaux qui se rendent directement à l'Atlantique, comparée à l'étendue du réseau tributaire du Mississipi, c'est-à-dire se déversant dans un tronc dont la direction est à angle droit avec celle de la pente générale vers l'océan. Evidemment c'est le passé qui doit ren<Ire compte de cette disposition. Qu(d<jues rivières importantes mais courtes, comme le Potomac et le Susquehanna, vont de suite à l'Atlantique, en franchissant par des gorges des bourrelets qui auraient dû, semble-t-il, dériver leurs eaux au sud-est, et il n'est pas interdit de penser que ce peuvent être d'anciens lits Huviaux qui auraient réussi à se maintenir, mais en changeant complètement le sens de l'écoulement primitif.
Essayons de pénétrer plus avant dans l'analyse du réseau liy<lrographique américain, en commençant par le nord, où l'existence des dépots du trias montre que la région a été immergée au <léhuf des temps secondaires.