I. La Seint. Éludes hydrologiques
ampagne pouilleuse diffère de celui qui se produit en Bourgoî, en ce que les cours d'eau champenois se montrent accompais de dérivations parallèles, attestant la largeur de leur vallée et [Certitude de la pente en travers. Même sans connaître la topotphie du bassin, cette circonstance suffit pour faire diagnosti(iuer pays de faible ndief, avec vallées au fond j)lat, parfois même» ivexe, par opposition avec les vallées encaissées du plateau calre bourguignon. On devine à ce seul trait que la Champagne t être perméable dans la masse entière du terrain, avec suintents continus au pied des versants, tandis que la Bourgogne est •méable par fissures, de sorte que de belles sources doivent s'y re jour après un long parcours souterrain.
Dernières phases de l'évolution du réseau parisien. — Les its qui viennent «Tètre signalés s'expliquent d'eux-mêmes par lois générales de l'érosion dans un territoire doucement incliné, affleurent des terrains d'inégale résistance. Mais il s'en faut î ces traits aient été acquis d'un seul coup. Quand on considère e carte de l'ensemble du bassin, on ne peut manquer d'être ppé de ce fait, qu'au lieu de couler toujours perpendiculairent aux affleurements concentriciues, certains cours d'eau princi- IX les suivent parallèlement sur d'assez grandes étendues; alors î cette direction parallèle devrait être, selon la théorie, réservée c affluents subséquents ou cours d'eau du second ordre. Cela est •tout marqué pour l'Aire et l'Aisne, qui longtemps suivent la ection de l'Argonne, avant (|ue l'Aisne se décide à tourner à lest. De même la Seine, une fois grossie de l'Aube, suit la direcïï des affleurements jusqu'à sa jonction avec l'Yonne, ^es apparentes dérogations à la règle viennent de ce que l'état îsent du bassin de Paris est le résultat de la superposition de sieurs cvcles d'érosion, dont les derniers ont modifié le réseau mitif par divers phénomènes de capture.
aujourd'hui les cours d'eau principaux de la partie moyenne du jsin ont si bien régularisé la courbe de leurs lits que leur pente nserable y est descendue au-dessous de ttôô- Ce chiffre est très narquable, car c'est précisément celui qui exprime la pente nsemble du versant méridional du fleuve des Amazones, sur is de 800 kilomètres de distance perpendiculaire au fleuve. D'ailleurs, comme l'ont montré MM. de la Noë et de Margerie *, entre l'Oise et l'Yonne, on réunit par des courbes les points des
. Les Formes du terrain, pi. XXXIV.
DK LAprAREMT. — Leçoos de géogr. phys. \ 3
lits (les grands cours d'eau qui ont la mt^me altitude, on obtient des lignes concentriques qui dessinent un entonnoir aussi aplati que régulier. On |)eutdonc dire que Isl pénéplame future est actuellement jalonnée par les éléments correspondants des rivières principales, pour lesquelles l'état d'équilibre est atteint.
Mais les mêmes auteurs ont fait cette remarque importante, que les courbes générales d'altitude, au sommet de la falaise tertiaire de nie de France, aussi bien que celles de la falaise crétacée de Champagne (c'est-à-dire les courbes qui réunissent, sans égard aux dénivellations intermédiaires, les points de môme niveau sur les couronnements de ces deux falaises), sont exactement parallèles aux précédentes ; d'où l'on peut tir(»r cette conclusion, que les bords actuels des falaises représentent des lambeaux d'une ancienne pénéplaine. Même on peut s'assurer qu'à part un bombement correspondant à la Montagne de Reims, presque partout, entre le lit «les grands cours d'eau et la surface supérieure de la falaise que chacun d'eux entame pour pénétrer d'une bande dans la suivante, la dénivellation est à peu près constante, toujours comprise entre 130 et 150 mètres : ce qui autoriserait la supposition que l'ancienne pénéplaine, dont les couronnements des falaises
Falaise de l'Ile de France
Champagne
Beauce
Fi}?. 8'2. — Dia^rarnm(^ du l»as>>iu «1<* Paris. — 1, rah-airo ilo H«"auco; 5, sablos olif^ocènos : 3. torraiii ôoccnr ; 1, craie; T», iiilracrt''tact> ; 0, calcain-s jurassi«|uc's. — I, I, pént^plaino nljgocéiio; II, II, surface d'équilibre des jjraiuls cotirs d cm actuels.
représentent les restes (lig. 82), aurait été soulevée en masse, presque sans déformation, de cette quantité.
Aperçu de l'évolution du bassin. — Or l'histoire géologique du bassin nous enseigne que, vers le milieu des temps tertiaires, un irrand lac, le lac oligocène de la Beauce, occupait toute la partie centrale de la région, recevant des cours d'eau qui lui venaient de Test. Le niveau de ce lac était alors peu différent de celui de la mer; car, à [dus d'une reprise, du moins au début, cette dernière V a fait des incursions. Le lac définissait donc la surface de base de l'érosion pour la région émergée à cette épo(pie, et qui s'étendait de la Champagne aux Vosges. Sur tout ce parcours devait s'installer un réseau fluvial dirigé de Test à l'ouest, et dont l'action tendait à transformer l'ensemble de la Lorraine, delà IJour-
}j[Ogne et de la Champaji^ne crayeuse en une pénéplaine aboutissant à la nappe lacustre.
Plus tard, le lac s'esf vidé en s'inriinant vers la Loire, après quoi un soulèvement, ou plutôt une série do soulèvements, en a relevé le fond vers le nord-est, de telle sorte qu'autour de Paris, les restes de ce fond se retrouvent aujourcPhui entre 170 et 180 mètres d'altitude. Par suite de cette surrertion, les rivières, déjà régularisées jusqu'à leur entrée dans le lac, ont dû, à la fois, s'allonger sur son territoire asséché, y descendre et creuser à nouveau leurs anciens lits. Le façonnement de la surface a marché avec une vitesse inégale suivant la résistance des affleurements, les handes les moins dures cédant plus vit<' que les autres, ce qui a dû créer la falaise de l'Ile de France et accentuer celles qui existaient auparavant en Champagne et en Argonne. De cette façon, l'ancienne pénéplaine a subi un nouveau modelé, (|ui n'en a laissé subsister que des restes, formant les crêtes des falaises successives.
Phénomènes de capture en Champagne. — Au cours de ce travail, les diverses rivières n'ont pas dû marcher du même pas, soit qu'elles eussent des débits inégaux, soit à cause de la variété des roches rencontrées sur leur parcours. Aussi des phénomènes de capture se sont-ils produits, qui ont modilié plus ou moins profondément le réseau de la pénéplaine oligocène. L'un des exemples les plus typiques de ces modifications a été signalé par M. Davis *. II concerne le territoire compris entn^ la Marne et l'Aube au voisinage de Fère-Champenoise (fig. 83).
A l'origine du mouvement qui a déterminé l'enfoncement des lits fluviaux, trois rivières paraissent avoir existé entn» la Marne et l'Aube (fig. 83, I) : la première, R, marquée par la réunion des eaux divisées de nos jours entre la Soude et le Surmelin; la seconde, IV, comprenant la Somme qui, après s'être réunie au petit cours d'eau de Vaurefroy sur l'emplacement du marais de Saint-Gond, se prolongeait par le Petit-Morin; enfin la troisième, R', jalonnée par l'ensemble de la Maurienne, du ruisseau de Sézanne ou des Anges et du Grand-Morin.
Pendant que s'opérait la surrection du pays, tous ces cours d'eau durent se tailler une entrée à travers la falaise tertiaire de Sézanne (fig. 83, II), ([ui se dessinait au fur et à mesure, grâce à la résistance oiîerte par l'affleurement du calcaire pisolithique,