I. Th. Fischer, Lànderkunde von Europa, II
France *. Là, grâce à la perméabilité d*un terrain riche de crevasses et impropre au ruissellement, Teau, cherchant de suite son niveau de base, file au fond des fissures, et y forme des rivières intérieures, qui ne viennent au jour qu'après un long parcours. C'est l'action de cette circulation souterraine sur la surface qu'il convient ici d'étudier.
D'abord, lors même que la surface serait un plateau, il y a toujours des points où s'engouffrent de préférence les eaux des fortes averses, en élargissant le débouché d'une fissure naturelle. Ensuite l'action mécanique ou érosion des eaux intérieures, jointe à la dissolution chimique ou coiTosion des parois, ne peut manquer de déranger à la longue l'équilibre du terrain, en y provoquant des effondrements. Ces derniers finissent toujours par atteindre l'extérieur, et ainsi l'on peut dire que l'effet normal de la circulation souterraine est d'imprimer à la surface une topographie spéciale, caractérisée par V indécision du modelé. Au lieu d'offrir des pentes continues, cette surface est fréquemment accidentée par des cavités en forme d'entonnoirs^ qui servent d'origine à un réseau de galeries, dont les plus larges deviennent des grottes.
Formation des dépressions de la surface. — Les dépressions de la surface affectent des formes très diverses. Les unes sont de larges cavités en forme d'entonnoirs débouchant à ciel ouvert (dolines du Karst, cloups du Lot, creux ou emposieux du Jura); d'autres sont des gouffres étroits et profonds, véritables abîmes ou puits' (avens, igues, tindouls du MiiW, ai g uigeois de Belgique); ou bien des pertes impénétrables, se faisant par minces fissures {bétoires de Normandie, suçoirs); des pertes de rivières dont on peut entreprendre l'exploration souterraine (goules, catavothres des Grecs) ; de simples marécages ou des lacs (Jessero en Carniole) ; enfin des vallées fermées (vallées-chaudrons ou Kesselthàler des Allemands) *.
Quelle qu'en soit la variété, il est évident que la plupart de ces dépressions résultent de Yeffondrement de cavités sous-jacentes. Tantôt c'est la voûte d'une galerie souterraine qui s'est écroulée (fig. 95) : tantôt, comme l'a bien fait voir M. Martel ', c'est un effondrement latéral qui s'est produit, par suite du décollement successif d'assises stratifiées (fig. 9fi). Ce phénomène est surtout fréquent dans les pays à stratification inclinée. Il suffit, en effet, que quelques joints, tels que F, F', favorisent la descente en zigzag
1. Voir les ouvrages de M. Martel, les Cévennes et les Abimes.