‹ Lec̦ons de géographie physiqueChapitre 79 sur 216 · Op, cit., p · texte numérisé non relu

Op, cit., p

LE MODELÉ FAR LES INFLUENCES SOUTERRAINES iJl

lie l'eau des pluies; et alors celle-ci, s'însinuant enire les lits de slralilication, décolle le calcaire Iraiirhe par tranche, parfois iii^nie

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le dissout, ce qui produit des grotleit en descente connue GG'. Que l'entrée G vienne à s'écrouler, et un creux en entonnoir se forniera à la surface en C

OrotteB. Réseaax souterrains. — Le mode de formation de cavîti^s par décollement est remarquablement net dans certaines

*"ot.les où viennent se [icrdre des rivières, nutanimont en Belgiqun ^ ti-ou de Belvaux (lig. 97), orifrine du cours souterrain de la ■*^*sp à travers les célèbres f^rottes du Han. U y a des pays où **r» peut constater que, par suite des progrès de l'écroulement dcrs

strates, les grottes se dé[)la(!ent peu à peu latéralement dans la direction de leur toit.

Les cavernes de la Belgique, grottes de Rochefort, du Han, etc., comme celles des Causses et de tous les pays à circulation souterraine, offrent constamment la combinaison de galeries suivant la direction des couches avec d'autres empruntant celle des diaclases ou joints transversaux. L'œil suit aisément, au sommet des grandes salles, une fente, qui par Técroulement progressif de ses parois accroît le talus incliné formant le sol de ces salles, el que revêtent les planchers stalagmitiques. D'ailleurs, comme le décollement tend de [^référence à se faire suivant les lits de stratification, on comprend qu'en résumé les grottes, principe de la circulation souterraine, seront d'autant plus nombreuses et mieux ouvertes : 1° que l'inclinaison des strates sera plus prononcée'; 2® que le nombre des fentes transversales, résultat de la disloea* tion du terrain, sera plus considérable.

D'autre part, des dislocations très énergiques, en faisant trc^ souvent varier le sens de la stratification ou celui des fentes, mettraient obstacle à l'établissement d'un réseau souterrain bien défini. De là vient que les pays à plissements réguliers, comme TArdenne, se montrent f)lus favorables à cette structure que les régions calcaires <les iVlpes. Le maximum de conditions propices se trouve réalisé au Karst, parce qu'une grande épaisseur de calcaires compacts, bien stratifiés, s'y joint à un système parfaitement ordonné de dislocations modérées, par plis et cassures parallèles. Aussi prendrons-nous, de préférence, nos exemples dans ce pays.

Particularités du Karst. Rivières souterraines. — Le Karsê ou Carso, parfois qualifié iï Arabie pétrée de V Autriche *, esta la surface un chaos de pierres, de roches fendues et de gouffres. Les circonstances météorologiques extérieures ne sont pour rien dans cet état de choses, qui amène si facilement la transformation en déserts des surfaces déboisées; car il tombe sur la région de 130 à ioO centimètres de pluie, c'est-à-dire plus du double de la moyenne de l'Europe; mais presque toute cette eau, qui sur un territoire ordinaire exercerait de si puissantes actions de modelé, est immédiatement absorbée par les crevasses d'un terrain où les influences tectoniques ont disposé d'une épaisseur exceptionnelle de couches favorables.

Plus de vingt rivières se penlent dans les gouffres de la contrée,

I. Les ailleurs fonl dériver le mot de Carso «l'un nom celtique, qui signifierait le pays des Pierres.

Dolammenl la Réka et la Piuka. Celie-ri s'engouffre lians un<! fissure des calcaires crétactjs, inclinés pu cet emlroît sous un an^le

Je 15 ilegré» (exarlemenl roniine [xinr la Li'sse en Belgique), el l«m»urt ensuite la fameuse trntlle irAilelshei^. Sous (erre, li's "■IrérissemenU «les rnnaiix. U-^ >li'-pressions, les harrafres n'-suliMt ilp rél>ouleiM<-nl 'les yalfries, ilélenninenl île place en place

la formation de siphons. Ceux-ci, en retardant Fécoulement des eaux souterraines, constituent les réservoirs des sources pérennes, comme celle de la Buna (fig. 98), en Ilerzéfrovine, qui jaillit au pied d'une gigantesque falaise, alimentant de suite un moulin, en amont duquel on se heurte immédiatement à la paroi du siphon '. D'autres fois le mauvais fonctionnement des siphons et leurs dérivations latérales provoquent, tantôt des inondations, tantôt des sécheresses désastreuses '.

Relation des dolines avec les cours d'eau souterrains. — C'est sur le parcours de la Réka que s'accuse le mieux la relation qui existe entre les rivières souterraines et les effondrements de la surface. Ainsi, après avoir disparu pendant quelque temps, la rivière se montre à ciel ouvert au fond de la petite doline de Saini- Canzian, entonnoir profond de 110 à 130 mètres. Ensuite elle perce par une arcade une étroite barrière de rocher, et se montre de nouveau au fond de la grande doline, dominée à Touest par un mur vertical de 160 mètres de haut. Les <leux cavités ensemble ayant 400 mètres de <liamètre, Tarête qui les sépare, et dont la largeur au sommet se réduit à 2 mètres, reste à 60 mètres plus bas que le rebord extrême des deux dolines réunies. Sur les parois de Tentonnoir, le travail des eaux souterraines, combiné avec Taction des eaux de surface sur les joints, a fait glisser d'énormes plaques de rochers '.

De même, une série de dolines jalonne à la surface le bras occidental de la grotte de Planina, et chacune d'elles correspond exactement à un amoncellement de débris dans la grotte.

Les dolines de Fola, entre Lavarigo et Marsana, font de la surface une véritable écumoire. Dans ces trous (inglutidors des Frioulans), où s'absorbent les eaux de jduie, il se fait souvent des mares temporaires, et le ruissellement y entraîne un peu de limon, fourni par la terre rouge {tei'ra rossa) qu'engendre l'altération superficielle des calcaires.

Aussi, tandis qu'à la surface, quand on a eu l'imprudence de la <léboiser, il n'y a que des pierres sur lesquelles souffle un vent de désert, les dolines forment-elles souvent de véritables oasis, où se blottissent les villages, avec leurs jardins et leurs champs. La môme chose a lieu en Grèce, où plus d une fois les seules parties cultivables se réduisent au fond des cavités d'ellondremenl.

\. Renseignement de M. Martel.

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