Girard, loc, cit., page
2. Cuvier, Discours sur les révolut. de la surface da globe ; p. 148.
Nous avons analysé avec détail tout ce que ces allégations renferment d'exact relativement à Rosette et à Damiette, et pour achever de les réduire à leur juste valeur, il suffit de remarquer que les deux lieues dont il -s'agit sont bien loin d'égaler la saillie totale de la côte du Delta. Une ligne droite tirée des ruines de Canope aux ruines de Péluse, laisserait en effet bien loin en avant d'elle, du côté de la Méditerranée, non-seulement Rosette et Damiette, mais encore une foule de points du Delta couverts de ruines antiques :
Tounah serait à Qjooo mètres en avant
de cette ligne.
La tour d'Abou-Mandour à 12,000 mètres.
Tennys . à 14,000 —
Rosette à 1 5,ooo —
Le fort Julien à 1 8,000 —
Damiette à 32,ooo —
Les ruines de l'ancienne Damiette des croisades, à 4i>ooo —
On voit par là , que la saillie générale de la côte i a .aiiiie du Delta est antérieure, non-seulement à Ptolémée, \a»*i»o^"e" mais même aux temps historiques. Il n'y a de mo- p""7e°'"^l dernes que les excroissances de la côte formées aux "bionnenx. deux bouches principales du Nil.
On peut rendre cette conclusion plus évidente encore en remarquant que la saillie formée sur la ligne générale de la côte d'Afrique, par le contour convexe du Delta, n'est pas uniquement bordée par le cordon littoral sablonneux; car la côte rocheuse d'Alexandrie, qui, depuis la tour des Arabes jusqu'à Aboukir, se dirige, non de l'ouest à l'est.
Sa p>wtî—
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mais du sud-ouest au nord-est, fait partie elle-même du contour de cette confexité.
iHcMr«fcc«e Le cordon littoral sablonneux qui sépare de la mer la plupart des lagunes dont sont encore cou- ▼ertes les parties basses du Delta , s'étend an loin à Test dans la direction del Arich, en continoantà séparer de la mer des lagunes en partie desséchées. Son développement total, depuis Aboukir jusqaa Hetteh , au sud de Gaza , où la côte de Syrie commence à devenir rocheuse, est de 44^ Lilomètres. Dans la dernière partie de son prolongement, ce cordon littoral, en partie couvert de dunes < suit la direction générale de la côte d'Afrique; la première partie seulement participe à la convexité du Delta, et, en cela, elle ne fait que se modeler sur la côte rocheuse d'Alexandrie et d' Aboutir, à laquelle elle se rattache.
La prolongation de cette côte rocheuse passerait au large de tout le Delta , du cordon littoral du lac Bourlos, et même des musoirs de la branche de Rosette. Ainsi le Delta n'est pas en saillie relatmment à cette ligne , qui est la seule de toute la côte dont les rapports avec le Delta n'aient rien d'idéal.
A partir d' Aboukir, la côte recule d'une quan* tité correspondante à l'étendue de la rade même d' Aboukir; puis elle se continue jusqu'au cap Bourlos dans une direction à peu près parallèle à celle de la crête rocheuse, mais placée à 1 5 kilomètres en arrière. A partir du cap Bourlos elle recide pliM encore, pour aller, en décrivant une longue courbe, se rattacher au delà d'el Arich à la côte ferme de la Syrie.
On peut donc dire que tout le Delta se trouve en Toutie oeiu arrière de la crête rocheuse d'Alexandrie et d'Abou- "''^"^j'^'j"^"""* kir, qui le protège contre les vents du nord-ouest, ^jf^'J.^^j^J' • c'est-à-dire contre ceux qui battent le plus fortement les côtes de l'Egypte. Partant de ce point d'appui naturel, le cordon littoral sablonneux du Delta recule graduellement, par rapport à la direction des vents dominants jusqu'au point où il atteint les cotes rocheuses de la Syrie. Les premiers sëdi- ou ments qui ont encombré celte côte ont dû natu- '^inUrCT"" rellement se trouver reietés dans cette direction qui .p"' «i'^*»»"^'^
' ^ la plut ancienoe
est celle dans laquelle le courant des eaux de la br.nch« du nu. Méditerranée tend aussi à les pousser, et cela a pu contribuer à contraindre le plus ancien cours du Nil, représenté par la branche canopique, à ce décharger tout près de l'îlot d'Aboukir. La pente générale du désert de l'isthme de Suez , la Crau de l'Egypte, tendrait d'ailleurs à reporter le thalweg de la vallée du Nil vers le pied des rochers les plus avancés du massif de la Libye.
La circonstance que les rochers d'Alexandrie et ceue circon.unce d'Aboukir ont fourni un point d'appui au cordon "''""^'J'^'*^* littoral du Delta , rappelle ici naturellement Topi- ^*"' * v°'« d" mon de quelques savants , qui ont pense que des qui ont dit que u
l 1. . i*.A *li Delta était basé
rochers de cette nature lui ont même servi de base; ,„de. mais c'est peut-être là aussi tout ce que cette opinion •^o'^»'" "'""" a de réel.
Freret niait que le sol de l'Egypte eût éprouvé des changements sensibles depuis les temps historiques, alléguant que le Delta est terminé, du côté de Rosette, par des couches calcaires, qui ne sont certainement pas l'ouvrage du Nil, et qui devaient
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exister avant qu'il commençât à couler dans ces iier»Mr« «pi*i^ lieux ^ Après lui, Dolomien, dans son Mémoire »rkr«rMtiM ^m* l'Egypte, imprimé dans le Journal de physique 4. lidu '« iva ^Q I yg5 ^ a renouvelé la même supposition. Il résumait en effet son Mémoire en disant que, dans le sol de la Basse -Egypte, il Êiut distinguer : i.^ les rochers de pierres calcaires qui sont antérieurs à Texcavation du golfe; 2."" les sables qui y sont yenus par des causes indépendantes du Nil, et qui y ont précédé ses dépôts; S.'' le limon du fleuve, auquel on peut réellement attribuer le comblement d'un assez grand espace, quoiqu'il ait été aidé par les sables que les vents y ont apportés; et c'est, ajour tait-il, cette seule portion de l'Egypte que Ton peut regarder comme un vrai présent du NiL ^
Après avoir vu l'Egypte en 1798, Dolomieu abandonna l'hypothèse d'après laquelle le Delta ne ferait que combler les intervalles de rochers calcaires qui y formeraient saillie en différents points L'expédition d'Egypte n'a trouvé, en effet, ces saillies nulle part à l'est d'Aboukir; mais depuis lors M. Russegger, qui a visité l'Egypte de i836 à i84t» a émis une idée qui concilierait les diverses opinions.
Opinion M. Russegger pense, ainsi que nous l'avons
rapporte ci-dessus, page 45o, que le calcaire, on plutôt le grès calcaire, qui forme la digue rocheuse d'Alexandrie et d'Aboukir, est de formation contemporaine, que ces rochers s'accroissent joumel-