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Dolomieu, loc, cit,, tome XLII, page

lement, en même temps que la mer en démolit certaines parties, et qu'il se forme des récifs semblables non-seulement depuis la tour des Arabes jusqu'à Aboukir, mais encore sur toute la lisière maritime du Delta , où ils sont seulement plus cachés par des dunes de sable qu'ils ne le sont près d'Alexandrie. Le général Andréossy avait déjà laissé pressentir une opinion analogue dans un passage rapporté ci-dessus , page 465.

Cette supposition expliquerait merveilleusement la fixité presque absolue des rivages du Delta, fixité si bien établie d'ailleurs par les monuments historiques. Elle expliquerait en outre comment la disposition de la digue rocheuse d'Alexandrie, par rapport au lac Maréotis, lui donne sur la carte l'apparence d'un véritable lido.

Si elle se vérifiait en tout ou en partie, elle viendrait à l'appui de ce que nous avons établi, puisqu alors la totalité du rivage depuis la tour des Arabes jusqu'au delà d'el Arich ne serait qu'un lido consolidé dans sa base, et par conséquent invariable de position. Toutefois , comme M. Russegger Doute. • ce «uj< n'a pu visiter la partie de la côte du Delta sur laquelle les autres voyageurs n'ont pas, en général, signalé de roches solides, beaucoup de géologues attendront sans doute des observations ultérieures avant d'adopter son opinion dans toute sa généralité.

Quoi qu'il en soit, au reste, de cette hypothèse, iin'enre.teauc il me paraît ne rester d'autre objection contre l'im- ^"'^ITÉ^yi mobilité du lido de l'Egypte, que celle qu'on discute depuis si longtemps touchant l'ancien isolement de l'île de Pharos, aujourd'hui liée au continent par la

langue de sable qui sert de base à la ville moderne

d'Alexandrie.

DiKu-ion. x>e bon Homère a dit que l'île de Pharos était a

-ruin. paittgci uue joumée de navigation de l'Egypte, et depuis

riatif.iiiiedc plusieuTS siecles on cherche quel est le sens de ce

Ftaro,. passage, qui, au premier abord, semble être en

opposition flagrante avec les &its, puisque File de

Pharos n'est qu'à 1 5oo mètres d'iuie cote rocbeuse.

Quelques érudits ont supposé que le prince des

poètes a voulu dire, par là, qu'il y avait une joumée

de navigation pour aller de Pharos à l'entrée du

Opinion fleuve de l'Egypte; mais M. Letronne, après avoir

le M. Letronne i*.' iii'* '1

r cette question, discute, cu helleniste consomme, les passages sur lesquels on s'appuyait, a depuis longtemps fait justice de la version dont il s'agit. Cet illustre arcbéologue a montré avec la profondeur d'érudition et la justesse de critique qui le distinguent si éminemment, qu'Homère n'a pas parlé du fleuve d'Egypte, mais du sol même de ce pays. ^

M. Letronne ne paraîtrait pas très -effrayé de trouver une légère erreur géographique dans quelques vers relatifs à un pays que les Grecs visitaient rarement à cette époque; mais on peut remarquer que, pour rendre ici tout son prestige à l'exactitude proverbiale d'Homère, il ne resterait qu'à démontrer la justesse de l'opinion émise sur le même sujet par Dolomieu, qui regardait la langue de terre d'Alexandrie comme une espèce de lido à axe solide, basé sur des rochers très- nombreux sans doute, mais cependant discontinus.

1. Letronne, Bulletin des sciences naturelles et de géologie publié par M. de Fénissacj tome XXV, page 283 (1831).

c<Du temps d'Homère, dit Dolomieu, il n'existait EipUcation

1 1 l 1* 1 *)* 1'/ ^^ Dolomieu-

que les seuls rochers calcaires dont j ai parle (ceux qui serrent de noyau au sol de lantique Alexandrie). Ils ne formaient pas alors une barrière continue, parce que les atterrissements n'avaient pas encore rempli les intervalles; mais ils s'élevaient isolément et ils présentaient des écueils qui i*endaient périlleuse la navigation du golfe (devenu de7 puis le lac Maréotis), suivant les plaintes de Ménélas. Hérodote ne parle point du lac Maréotis, ce qui ferait croire que, de son temps, sa clôture n'était point encore terminée, et que l'on considérait cet - espace comme un simple golfe. '^ '

Volney, dans son Voyage en Egypte, publié en opinion ëmi^ep 1707, avait deja emis une opinion, qui, sans être complètement identique avec celle de Dolomieu, s'y rattache cependant en ce qu'elle suppose de même que, dans l'origine, la digue rocheuse qui - joint aujourd'hui Alexandrie et Aboukir était interrompue.

«La bouche canopique, dit-il, allait jadis par les lacs s'ouvrir près d'Aioukir, et si, comme la vue du terrain me l'a fait penser, elle passa jadis à l'ouest même d' Aboukir, qui aurait été une île, Homère a pu dire avec raison que le phare était vis à vis du Nil.»»

Les recherches des savants de l'expédition d'E- Remarques gypte n ont pas démontre la continuité originaire de de 1 expi ces mêmes rochers , et plusieurs des ingénieurs qui

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