‹ Leçons de géologie pratiqueChapitre 15 sur 153 · PL. I · texte numérisé non relu

PL. I

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AUX GÉOLOGUES VOYAGEURS. :-1*0lI

«UATRIÈHi: UBÇOM.

(19 décembre 1843.)

Suite des instruments topographiques nécessaires aux géologues voyageurs.

Messieurs ,

On a quelquefois besoin , même pour de simples s»unt. observations géologiques, de déterminer des angles avec plus de précision que ne peuvent en donner les méthodes courantes indiquées ci-dessus.

S'il ne s'agit que de déterminer des angles horizontaux, pour rapporter par exemple des points sur une carte, ou de mesurer un petit triangle, on peut le faire avec une boussole j mais, pour cela, la boussole ordinaire ne serait pas suffisante; il faudrait une boussole telle que celle du capitaine Kater; et, comme on ne peut pas porter un très -grand nombre d'instrumeûts , il est préférable de se munir d un petit sextant de l'espèce de ceux appelés sextant en tabatière {snuffhox sextant). Cet instrument est très-portatif, infiniment plus qu'un baromètre, et en y joignant un horizon artificiel, on peut s'en servir pour mesurer des hauteurs, et se dispenser de baromètre dans beaucoup de circonstances.

lCt2-'.' INSTRUMENTS NÉCESSAIRES

:'-Xe^ sextant est l'instrument employé habituelle- :.';nient par les marins pour déterminer la latitude. : ' On se sert du sextant perfectionné par Borda, et connu sous le nom de cercle de réflexion, pour une foule d'usages. Un sextant en tabatière ne serait pas suffisant pour déterminer la latitude ; il ne donne '■'^/ que les minutes; aussi on ne recommanderait pas

ce sextant pour faire des voyages dans des contrées dont on ne posséderait pas encore de carte; mais il peut servir au géologue pour exécuter une foule de mesures que je vous indiquerai après vous avoir fait connaître l'instrument et la manière de s'en servir.

Principe et emploi Lc priucipc du scxtdut cst très-simple : les deux cet insmiment. pièccs fondamcutalcs de l'instrument sont deux miroirs en verre étamé, A et B (fig. i , pi. i ) , dont les faces sont rigoureusement parallèles. Le miroir A est fixe et n'est étamé que dans la moitié de sa hauteur, l'autre moitié étant libre et transparente; le miroir B est étamé dans toute son étendue, et tourne sur un axe perpendiculaire au plan de l'instrument. Supposons qu'on aperçoive deux objets éloignés , m et n , situés par rapport à l'observateur dans deux directions formant entre elles un certain angle A qu'on veut mesurer. Le rayon lumineux nti qui vient du point 72, se réfléchit au point r sur le miroir mobile j5, de manière à ce que l'angle de réflexion soit égal à l'angle d'incidence; il tombe, au point s ^ sur la partie étamée du miroir fixe Ai et s'y réfléchit d'après la même loi. Il prend ainsi la direction st Admettez que le miroir mobile B soit placé de manière que cette direction s t coïn-

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dde avec la direction m^ du rayon lumineux qui vient de l'objet m. Si les deux rayons coïncident bien exactement l'un avec l'autre, l'observateur qui recevra ces deux rayons dans son œil, verra les deux objets met n en coïncidence l'un avec l'autre.

On s'arrange de manière à voir la partie supérieure de l'objet m à travers la partie supérieure non étamée du miroir ^^ et à ce que l'image deux fois réfléchie de l'objet n se place au-dessous et dans le prolongement de l'objet m, dont elle semble n'être que la partie inférieure. En déplaçant un peu le miroir mobile, on voit que cet objet, qui paraissait alors unique, se dédouble en deux objets séparés; on les ramène à coïncider exactement : toute l'observation repose là- dessus. Afin de pouvoir se bien assurer d^ la coïncidence , on reçoit le groupe des deux rayons dans une petite lunette L. Cette lunette n'a d'autre objet que d'éclaircir les images, afin qu'on soit bien certain de les avoir fait coïncider.

Ck>mment ceci donnera-t-il une mesure d'angle ? Ce qu'on veut mesurer, c'est l'angle A compris entre le rayon mt qui vient de l'objet m, et le rayon ni qui vient de l'objet n. Dans la figure i , pi. i , la ligne j^z est perpendiculaire au miroir B, et la ligne xzdLXk miroir A. Les deux angles ce sont égaux entre eux, parce que l'angle de réflexion est égal à l'angle d'incidence, et il en est de même des deux angles /3. Le triangle rst donne :

3 a = 3 /3 -h A; le triangle rsz donne ;

a^iSH-x^, ou3a = 3)S + 3\);; delà on tire immédiatement 3\p=A, ou'vj> = 7 A.

104 I55rRiniiE3TS ?iECE95AJR£S

Or, >}/ esl l'angle compris entre les plans des deux miroirs, et A l'angle compris entre les deux rayons visuels m t et lit qui Tiennent des deux objets m^n dont les images coïncident H suffit donc, pour avoir le second de ces angles, de mesurer le premier et de le doubler. Pour efiectuer cette mesure. Taxe du miroir mobile porte un bras de levier, dont l'extrémité, mimie d'un vernier, se meut sur un cercle gradué, sur lequel elle décrit des arcs d'une amplitude égale aux angles parcourus par le plan du miroir, et qui en donnent la mesure. Afin d'éviter d'avoir à doubler les angles ainsi mesurés, opération qui, malgré sa simplicité, pourrait être une source d'erreurs, la division tracée sur Finstrument présente 180 d^rés dans un quart de circonférence, et par conséquent elle donne, en degrés et n^nutes, le double de l'angle compris entre les deux miroirs, c'est-à-dire précisément l'angle compris entre les layons lumineux provenant des deux objets dont les images coïncident.

Dans l'usage de l'instrument il y a seulement quelques ^ciles précautions à prendre pour que le miroir fixe soit bien perpendiculaire au plan du limbe, et pour que le zéro de la division réponde exactement au parallélisme des deux miroijrs.

Le sextant est donc un instrument dont le principe est très-simple, et dont l'emploi pour mesurer un angle est extrêmement simple aussi.

\umire S'il s'dgit dc rEpportCT un point sur la carte avec

'''•'"^^" le sextant, on y parvient très -facilement On fait .pporiTT un I oint usagc du Drocédé adopté par M. Beautems-Beaupré pour la construction des belles cartes bydrogra-r

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pbiques paUiëes par le dépôt de la marine; car ^'est du sextant ou du cercle à réflexion, qui en est xm perfectionnement, que Ton se sert pour placer sur les cartes marines les points où on a fait des sondes ou d'autres observations analogues. Il faut en effet dans ce travail avoir un instrument que l'on puisse tenir à la main, et au moyen duquel on puisse observer d'une manière exacte au milieu des oscillations d'un bâtiment D un point situé en mer on mesure les angles compris entre les rayons visuels menés à différents objets déterminés de position sur la terre ferme, par exemple à différents clochers. Sur les lignes qui joignent les emplacements de ces clochers sur la carte, on trace des segments de cercle capables des angles observés; ces segments se coupent tous dans le point où doit être marqué le lieu de l'observation.

Le géologue peut faire la même chose. Il observe les angles compris entre les rayons visuels menés du point qu'il veut marquer à différents points déjà marqués sur la carte, tels que des cimes de montagne, des clochers, etc. Puis il trace sur la carte, sur les lignes qui joignent ces points, des segments de cercle capables des angles observés. L'intersection commune de ces différents arcs donne la position du point qu'on veut marquer; les résultats sont plus exacts que ceux qu'on peut obtenir avec la boussole. Avec de l'adresse et de l'habitude on peut presque sans instruments, et mieux encore en se servant du sextant et de la boussole, ajouter à des canevas de cartes très-imparfaites des détails topo- S^phiques précieux. Supposons qu'il s'agisse d'une

I 06 l^STRUlf E5TS

ile pour laquelle on possède un premier ocmtoar des cotes, donnée par exemple, par une carte marine, et difierents points bien détermines dans rinterieur; on est placé a l'un de ces points , on Toit que deux ou trois points sont alignés entre eu3L Cest une chose â laquelle l'œil est extrêmement sensible que de Toir si les points sont alignés, cest-â-dire situés sur une ligue droite , ou bien si la ligne les laisse un peu â droite ou un peu à gauche. Pour peu que des points soient placés en dehors de lalignement, on s'exagère l'écartement, parce que les rayons Tisuels paraissent plus courts qu'ils ne le sont réellement, tandis que les distances latérales, qui ne perdent pas autant de leur grandeur, paraissent comparativement plus grandes. Âpres avoir ainsi noté comment tous les points remarquables, vus de quelques poiots connus, se projettent les uns par rapport aux autres, et par rapport aux divers points du contour; après avoir pris note des positions des ravins et autres accidents du sol, on peut faire une carte suffisamment exacte. Si le sol est fortement accidenté, on en dessine des profils, qui fournissent aussi de bons éléments ; on finit par placer tous les points avec une assez grande approximation et par intercaler les détails topographiques dans leurs intervalles au moyen de notes prises dans les diverses courses qu'on a pu faire, de manière à tracer une carte qui donne une idée suffisante des lieux, et qui, dans tous les cas, est toujours un document précieux pour une contrée peu connue.

Mais ces petits travaux topographiques, quoique souvent nécessaires au géologue, ne sont pas ceux

dans lesquels le sextant lui rend le plus de services. Les angles compris entre les rayons visuels dirigés vers deux objets, tels que deux cimes de montagnes, ne sont pas les seuls pour la mesure desquels il peut faire usage de cet instrument; il peut s'en servir aussi pour mesurer Fangle compris entre le rayon visuel mené vers un objet et le plan horizontal, ou, ce qui est la même chose, entre ce rayon visuel et la verticale-

De Saussure recommandait d'avoir pour cela un Horion artificiel. horizon artificiel : c'est un verre noir parfaitement plan, qu'on place de niveau avec un niveau à bulle d'air, de manière que la surface soit parfaitement horizontale. On peut aussi avoir un horizon artificiel en mercure. Dans l'un et l'autre cas la surface de l'horizon artificiel est exactement perpendiculaire au fil à plomb.

Si l'on veut déterminer la latitude d'un point , on n'a qu'à observer l'angle compris entre une ligne menée vers une étoile, et l'îmage de cette même étoile observée dans le mercure, et en prendre la moitié, k laquelle on fait ensuite les corrections convenables.

On peut aussi de cette manière déterminer la hauteur angulaire d'une montagne ; mais ce procédé a un inconvénient très-grave pour les observations des géologues; c'est qu'on ne peut l'appliquer qu'aux objets situés au-dessus de l'horizon, tandis qu'on est souvent dans le cas de vouloir mesurer l'angle compris entre la verticale et un rayon visuel mené vers un objet situé au-dessous du plan de l'horizon. C'est ce qui arrive par exemple lorsque du sommet d'une

montagne on veut observer la hauteur angulaire de montagnes moins éleyées. Le procédé de rhorizon artificiel est même très-dif&cile à appliquer aux objets peu élevés au-dessus de l'horizon, de sorte qu'il est beaucoup moins applicable aux objets terrestres qu'aux astres.

iioriion formé Qu Dcut emplovcr pour les premiers un petit

par dn mercnre -i ' • i » i • •/>•!•

contoia appareil équivalent a un horizon artinciel, mais daiu «n flacon, ^j pcrmct dc mcsurcr indifféremment les angles

situés au-dessus et au-dessous de l'horizon, et qui a le grand avantage de s'appliquer aux objets voisins de l'horizon plus facilement qu'à tous les autres. C'est tout simplement une large goutte de mercure renfermée dans un flacon en bois. L'usage qu'on en fait est fondé sur ce principe que lorsqu'on regarde sa propre image dans un liquide en repos, par exemple dans une eau tranquille , le rayon visuel mené de Vœil à l'image de ce même œil est exactement vertical II n'est nullement nécessaire que la surface réfléchissante soit éclairée. Cette surface pourrait être dans un endroit très- obscur; il suffit qu'elle reçoive les rayons qui doivent s'y réfléchir. nétaii. On a le mercure dans une bouteille en bois (pi. i , fig. 2 ); ce mercure est là tout aussi réfléchissant que s'il était exposé à la lumière du jour : je prends la bouteille; je laisse le mercure se reposer; puis je regarde dedans; je vois l'image de mon œil parfaitement régulière, parce que je la vois dans un miroir parfaitement plan. La surface de cette large goutte de mercure est en effet très -sensiblement plane et horizontale dans son milieu. Vers le bord il y a une courbure due à l'action capillaire; mais si je regarde

iiir ion emploi

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par le goulot de la bouteille, mon œil ne reçoit que les rayons reflécliis sur la partie centrale et plane de mercure. Lorsque je regarde dans le mercure, la ligne droite suivant laquelle je vois mon œil, est une ligne rigoureusement ^verticale.

Ce rayon visuel perpendiculaire devient la verticale à laquelle se rapportent les mesures. Pour les efièctuer, je me place au-dessus du flacon et je regarde dans le mercure avec l'instrument j je place le mercure par terre, afin qu'il soit le plus loin possible de mon œil. Je mets la lunette à l'instrument, afin d'y mieux voir, et je m'arrange de manière à voir dans le mercure l'image de l'instrument, et même du point par lequel le rayon visuel traverse rinstrument. Je suis sûr que ce point est verticalement au-dessus de son image dans le mercure. Je n'ai qu'à amener l'image d'un objet extérieur, du sommet d'une cheminée, par exemple, de manière que je la voie aussi sur le mercure, et la faire coïncider avec l'image du point de l'instrument où passe le rayon visuel , j'aurai dans l'instrument la mesure de l'angle compris entre la ligne menée au sommet de la cheminée et la partie inférieure de la verticale.

On pourrait aisément ajouter au sextant une pièce mobile et percée d'un trou, qui servirait à J'opération qui nous occupe^ mais je me contente de placer sur le bord du sextant , derrière le miroir fixe, un petit morceau de papier blanc, percé d'une ouverture étroite, qui correspond à l'axe de la lunette dont l'instrument est pourvu. Sur la face extérieure du petit morceau de papier est tracée une

IIO INSTRUMENTS NECESSAIRES

ligne noire dirigée perpendiculairement au plan du cercle gradue, et interrompue seulement par la petite ouverture dont j'ai parlé et au milieu de laquelle correspond cette même ligne noire. Je place alors le sextant au-dessus du mercure, en tournant la lunette verticalement, et je cherche à apercevoir dans le mercure l'image réfléchie de la ligne noire que porte le papier. Lorsque j'y suis parvenu, je suis certain que le rayon visuel mené de l'image de la ligne noire dans le mercure à son image dans mon œil, ne peut s'écarter de la verticale qu'en raison de ce que cette ligne n'est pas sans épaisseur, et de ce que Fouverture faite dans le papier a une largeur sensible; mais ces deux sources d'erreur peuvent très- aisément être atténuées, de manière à ce que l'erreur possible soit nécessairement au-dessous d'une minute. Etant une fois sûr de la verticalité du ra} on visuel qui part de l'image de la ligne noire réfléchie par le mercure, je n'ai plus qu'à amener l'image d'un objet quelconque réfléchie sur le miroir mobile à coïncider avec celle de la ligne noire, pour avoir sur le limbe de l'instrument l'angle compris entre la verticale et une ligne menée du centre de l'instrument à l'objet dont il s'agit, et qui peut être un point éloigné de la surface d'une route , d'une coulée de lave, d'un glacier, d'une rivière, etc.*

Une partie considérable des phénomènes qui agissent sur la surface de l'écorce terrestre et qui

1. J'emploie ce procédé depuis près de vingt ans; Je Fai déjà décrit dans les Annales des mines; 3." série, tome 10, page 5M (1836).

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y laissent leur empreinte, dépendent, dans leur déyeloppement, de l'inclinaison de cette sur£sic& L'écoulement des eaux, <5^1ui des laves, les éboule^ ments, etc., sont dans ce cas. De là il résulte nécessairement que l'inclinaison de la surface du sol intéresse fréquemment le géologue. Ellle mérite, tout autant que les angles des cristaux, les honneurs d'une mesure exacte.

Le sextant avec son horizon représente pour le géologue le goniomètre de W^ollaston. Le petit pendule suspendu au centre du cercle gradué de la boussole, est pour lui le goniomètre de CarangeoL n emploie ce dernier pour les mesures ordinaires qui ne réclament qu'une évaluation en degrés; il se sert du second dans les cas où il faut aller jusqu'à une évaluation en minutes, par exemple pour mesurer les inclinaisons des surfaces peu éloignées du plan horizontal. Le procédé indiqué ci-dessus, appliqué à un sextant en tabatière ( snuffhox sextant)j donne les angles à une ou deux minutes près. Cest une exactitude suffisante pour la plupart des angles que le géologue a besoin de mesurer, à moins qu'il ne s'agisse de déterminer la hauteur très-exacte d'une montagne ou la pente d'une grande rivièra Dans les cas de ce genre, qui exigent la précision des secondes, c'est-à-dire la précision astronomique, il fstudrait des instruments plus grands que ceux que le géologue peut porter habituellement avec lui.

Lorsqu'on emploie le sextant pour mesurer les pentes, l'œil de l'observateur se trouve placé à environ un mètre et demi de hauteur. Pour qu'il

n'en résulte pas d'erreur, on pourrait placer à quelque distance un jalon qui aurait de même un mètre et demi de hautetir. On pourrait aussi, et ce serait suffisamment exact pour bien des cas, remarquer à une certaine distance un objet dent la bauteur serait à peu près égale à la hauteur d'un homme, et viser dessus. Mais on peut encore s'y prendre d'une autre manière, qui sans aucun appareil donne un résultat très-exact : on fixe à la vue deux points éloignés, ^ et ^' (pi. I, fig. 3) , situés à peu près à la même distance de l'observateur, l'un sur la pente montante, l'autre sur la pente descendante, et on prend les inclinaisons des rayons visuels dirigées sur ces deux points.

Soient 9 et 9^ les deux inclinaisons obtenues; celle de la surface dont on veut mesurer la pente

sera sensiblement oû = *

En effet, la seule inspection de la figure montre qu'on a

B O J =9o^ + aj = ô +\J> ^ O ^' = 90° — 0, = «' + xjy' d'où

ûû = 1

•v)^ et 4/' étant des angles très-petits, la moitié de leur diflTérence -^- peut être négligée sans erreur

appréciable. On peut donc poser très-approxima-

9 — 9' tivement œ =

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On voit aisément que, pour que les angles \J> et \|>' fussent égaux et leur différence exactement nulle, il suffirait que les dislances PA et PA^ fussent égales entre elles (CP est perpendiculaire sur AA^)\ mais ces deux distances pourraient différer très-notablement, sans que ^ cessât d'être une quantité

n^igeable : par exemple, si P A était égal à lÔoo"" et PA^ à 2000", CP étant égal à i,"5o, on aurait

^ = 5' 9" nP' = 3' 36'' et ijlA' = 5i " i

La double mesureque je viens d'indiquer a encore un avantage; c'est que, si le sextant était mal réglé, auquel cas chacun des deux an^es d et 6^ serait affecté d'une erreur s qui le rendrait trop grand ou trop petit, cette erreur disparaîtrait d'elle-même de la différence des deux angles.

Dans l'emploi qu'on fait du sextant pour mesurer les pentes, comme dans l'emploi de tout autre moyen de nivellement, il est quelquefois nécessaire d'avoir ^ard à la sphéricité de la terre.

Soit AB (pi. T.'^*, fîg- 4) une verticale, et soit AP H«w»emeiit l'intersection d'un plan vertical avec la surface de la apparent. terre. C'est un arc de grand cercle. Si, dans ce plan vertical, on place un niveau d'eau, le prolongement de la ligne menée par les extrémités des deux colonnes liquides en équilibre est une ligne horizontale, qui représente une tangente ^C à la surface de la terre. Cette tangente s'écarte de la surface de la terre à mesure qu'on s'éloigne du point A d'une certaine quantité qu'on appelle le haussement du 1. 8

arc

niveau apparent. Ce haussement est exprimé approximativement par la formule

h = D tang. { (7357^)

dans laquelle h exprime le haussement ou la quantité dont la tangente s'écarte de la surface sphérique,

D la distance exprimée en mètres, et ~ (""^F" y ^

auquel se rapporte la tangente, évalué en minutes.

Pour une distance D de 10,000 m., cette formule donne h = 7,^^806; mais la valeur h décroît trèsrapidement quand D diminue, car elle est à peu près proportionnelle au carré de D; de sorte que, lorsqu'il s'agit de mesures renfermées dans un petit espace, le haussement est négligeable.

Si, au contraire, la distance dépasse un myriamètre, ce qui a lieu, par exemple, lorsqu'on veut mesurer les hauteurs de montagnes éloignées, il faut employer les formules dans lesquelles on a égard à la courbure de la terre.

Quand on vise à des points éloignés, il faut aussi tenir compte de la réfraction. Dans nos climats la réfraction relève les objets situés près de l'horizon d'une quantité qui peut être évaluée moyennement à huit centièmes de l'arc terrestre compris entre la station et le point observé. Cette quantité est exprimée par la formule -773— 0,08.

^ io52

Au reste, dans la plupart des observations géologiques on n'a pas besoin d'avoir égard à la courbure de la terre, ni à la réfraction. Si on est dans

de monture*.

le cas d'en tenir compte, on cheix^he ces corrections dans les ouvrages relatifs à la géodésie, où elles sont réduites en tables d*un usage facile.

On peut employer le sextant très- commodément Pano»».. pour recueillir rapidement les bases dun panorama de montagnes exact On setablit dans un point d'où l'on voit bien les montagnes ; et l'on prend successivement les hauteurs au-dessus de l'horizon de tous les points saillants. C'est une chose qui se fait très-vite : lorsque la bouteille de mercure est bien installée, que le sextant çst aussi bien réglé, on peut exécuter chaque mesure en un très-petit nombre de minutes. Pour ces sortes de déterminations il n'est nullement nécessaire d'avoir égard à la réfraction, ni au haussement du niveau appâtant. Ensuite on peut prendre la distance angulaire d'un point à chacun des autres points. On dessine un croquis, où l'on s'attache à marquer les traits essentiels du profil, et où on indique les angles mesurés. Puis, quand on veut reporter les mesures sur le papier, on réduit les distances angulaires à l'horizon par les formules connues; on n'a qua tracer ensuite ime ligne qui représente l'horizon, à y mesurer des longueurs proportionnelles aux angles réduits à l'horizon et à élever des perpendiculaires proportionnelles, aux angles de hauteur ; enfin on reporte le croquis sur le canevas géométrique.

Muni des instruments si simples que je mets sous vos yeux, je suis mainte fois resté des heures entières sur une cime isolée (le Ballon, la Dole, le Buet, le Cantal , le Pic du midi , l'Etna, etc.) , occupé à mesurer des angles et à dessiner des contours.

Il6 INSTRUMENTS NÉCESSAIRES

La grande variété d'objets sur lesquels le géologue exerce son esprit en même temps que ses instruments et son crayon, ôte à ce travail purement graphique la monotonie qu'on pourrait lui supposer, et en fait dériver une foule de documents précieux sur la constitution de la contrée.

Si le géologue n'est pas suffisamment exercé au dessin, il peut faire exécuter le paysage par un dessinateur. Mais il y a une grande différence entre un dessin dont les points principaux sont ainsi déterminés rigoureusement, et un dessin fait simplement à vue. Le dessin exécuté sans le secours d'aucun instrument est ordinairement plus pittoi^esque que le dessin levé rigoureusement, mais beaucoup moins fidèle. Quand on voit une montagne, on se la figure toujours plus élevée qu'elle n'est; on en dessine une véritable caricatui'e.

Quand on fait son croquis pour indiquer les angles mesurés, on lui donne une forme géométriquement aussi semblable que possible à celle que l'on a devant les yeux; mais on fait involontairement la hauteur trop grande. Lorsqu'on réduit plus tard ce dessin, on est conduit à lui donner une forme beaucoup plus aplatie. Cela tient à une illusion d'optique qu'on n'est pas maître d'éviter et qui fait que, lorsqu'un dessin est exécuté rigoureusement, on ne le reconnaît presque^ pas : il parait beaucoup trop plat. Lorsqu'on veut faire un dessin que l'on reconnaisse bien, il faut doubler ou tripler les hauteurs données par les mesures. Quand MM. Bérard et de Tessan ont exécuté la reconnaissance des côtes de l'Algérie, ils ont fait des observations

AUX GÉOLOGUES VOYAGEURS. I l 7

analogues à celles que je vieus de vous indiquer; seulement, au lieu des panoramas, ils ont dressé des vues géométrales; mais ils ont reconnu que, lorsqu'ils les avaient dessinées rigoureusement, les dessins étaient presque méconnaissables. Les montagnes semblaient trop plates, et, pour produire une apparence qui rappelât la nature, il a fallu doubler et tripler les hauteurs, tant pour les vues générales que pour les vues partielles. '

On a, dans ces dernières années, Imaginé d'autres camem ludda. appareils qui peuvent servir très - utilement pour les travaux géologiques ; je mentionnerai particulièrement la Caméra lucida. C'est un petît appareil très -portatif, qui a été inventé par le docteur WoUaston et perfectionné par M. Amici. On en trouve la description dans les Traités de physique. On fait avec cet instrument des portraits très -ressemblants, et lorsqu'on dirige le crayon avec un peu de soin, on parvient à reproduire très-exactement les contours des montagnes. Si Ion joint à un dessin fait de cette manière quelques mesures d'angles, afin de bien placer les montagnes autour de l'horizon, on peut arriver à des résultats trèssatisfaisants.

On a de plus maintenant le daguerréotype, D«guerrëoiype. avec lequel on peut faire des vues très- précises de montagnes et de rochers. Je crois que, par le moyen du daguerréotype, la géologie sera enrichie de dessins curieux. Cet instrument est trèsprécieux pour reproduire les escarpements des

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