Physiologie végétale^ page
de 37 pieds 6 pouces 5 lignes de Wurtemberg*. A 2 lignes d'accroissement annuel, l'âge serait de 700 à 800 ans, ce qui est probable d'après quelques inductions bistoriques; néanmoins il faut observer que, depuis quelques siècles, il a grossi certainement de moins de 3 lignes par année. Ce qui manque presque toujours dans ces recbercbes, ce sont des donifées sur l'accroissement après les deux ou trois premiers siècles.
«M. Berthelot a mesuré un sapin (abies eœcelsà) s.pin gigantesque, situé à l'ouest de Courmayeur, sur la *d*B!^"oé.^" montagne de Bequé. Cet arbre, connu des babitants du pays sous le nom ai écurie des chamois ^ parce qu'il sert d'abri à ces animaux pendant Tbiver , avait, en iSSs, 7 mètres 62 centimètres de circonférence au-dessus du collet, soit 2,'"54 de diamètre. Voulant estimer l'âge de ce vétéran des Alpes , M. Berthelot l'a comparé à la coupe d un sapin d'une foret voisine âgé de 260 ans; il a vu que ce dernier avait grossi en diamètre de
5oi millimètres de i à 5o ans.
223 — de 60 à 100 ans.
164X — d^ ^^^ à 160 ans.
i33 • — de 160 à 200 ans.
i30 — de 200 à 25o ans.^
«Ce sapin avait en définitive 960 millimètres de diamètre à 360 ans, et dans les dix dernières années
n'avait grossi que de 20 millimètres. M. Bertbelot,
1. Le pied, de Stuttgart ne vaut que 10 pouces 7 lignes de France 9 d'après le Manuel métrologique de Mallet; Genève ^ 1802.
2. La progression est donnée de 10 en 10 ans^ et décroît trèsrégalièrement.
appliquant au sapia de Bequé les mêmes chiffres, supposant en outre que laccroissement de 20 millimètres en dix années a pu se soutenir jusqu'au 6.* siècle, et que plus tard il a été de 16 millimètres seulement, arrive à la conclusion que le sapin mionumental de Bequé a environ 1200 ans. L'erreur, s'il en existe, ne peut guère dépasser /^o *'• MM. Bravais et Martins ont soumis au calcul la marche de la croissance des sapins du nord, et leur procédé de calcul pourrait trouver ici son application.
Il existe dans beaucoup de parties des iles britanniques et de la France des ifs qui sont l'objet d'une sorte de vénération. Cette vénération remonte à des temps complètement inconnus. On voit des ifs à côté de beaucoup d'églises de village. Au premier abord on croirait que ces ifs ont été plantés à coté des églises^ cela a eu lieu, en effet, dans un grand nombre de cas, par suite de ces anciennes habitudes que les populations conservent sans en connaître l'origine; mais souvent ce sont les églises qui ont été bâties à côté des ifs.
«On cite en effet des ifs {taxus haccata) d'une très-gi'ande antiquité. Selon trois mesm^es recueillies par M. de Candolle, cet arbre grossit d'environ une ligne par an jusqu'à i5o ans, et un peu moins dans le siècle qui suit. Or, Evelyn (en 1660) , et l'éditeur de la seconde édition de son ouvrage, Pennant (en 1 770), ont mesuré en Angleterre et en Ecosse des ife de 12145 de 1287, ^^ 2588 et de 2880 lignes de diamètre, ce qui suppose, au moins, autant d'années If de Br.bnrn. d'cxistencc. Lc dernier de ces ifs , nommé par Evelyn suranné { super annuated) ^ et situé dans le ci-
metière de Braburn (comté de Kent), avait, en 1 660, 58 pieds 9 pouces de circonférence. S'il existe encore, il doit avoir près de 3 000 ans.
«Dans les pays où la culture et une population nombreuse n'ont pas fait disparaître les forets primitives et lés arbres les plus dignes de respect, on doit trouver des vétérans du Règne végétal bien plus extraordinaires encore. Malheureusement les voyageurs y ont peu pensé, et les botanistes manquent de documents sur la végétation des arbres exotiques.
ce Adanson en a fourni un qui repose sur des faits Baobab curieux. Il a observé aux îles du cap Vert un bao-jj^^^^*^^ ^^^^ bab {Adansonia digitata) sur lequel des voyageurs anglais, 5oo ans auparavant, avaient dit avoir gravé des lettres. En entaillant le tronc il à retrouvé, audessous de 5oo couches ligneuses, ces mêmes inscriptions, et il €^ mesuré l'épaisseur des couches qui les recouvraient Partant de cette donnée et de la ma- *nière dont grossissent de jeunes pieds de la même espèce, il a dressé un tableau de la végétation de cet arbre, dont M. Duchêne a extrait les nombres suivants :
A i an le baobab a de 1 pouce à 1 p. X de diam.
A 20 ans — 1 pied de diam.
«Adanson dit en avoir vu de plus gros, qui devaient approcher de 6000 ans, et M. Perottet * assure