‹ Leçons de géologie pratiqueChapitre 26 sur 153 · Bibl. univ. de Genève; avril · texte numérisé non relu

Bibl. univ. de Genève; avril

2. 11 serait curieux d'examiner si dans l'intérieur des troncs d'arbres de cette espèce on ne trouverait pas de caractères gravés par les anciens habitants de Palenque et de Mitla. Ce serait un mojen positif de déterminer l'âge de ces ruines imposantes cl mystérieuses du Yucatan.

se compter ou se calculer à peu près d après les couches successives. Les arbres monocotylédones ne se prêtent pas à ce mode de calcul ; on est réduit à juger de leur durée d'après d'autres considérations ; il y en a qui paraissent vivre aussi très-longtemps : on croit que les dattiers du nord de l'Afrique peu* vent vivre deux ou trois siècles. II vient quelquefois plusieurs tiges de palmier sur la même souche, et il y a des souches de palmier qui paraissent extrêmement âgées. On cite, sous ce rapport, le dragonnier de l'Orotava {dracœna draco)^ dans l'île de Ténérifie, qui présente un grand nombre de branches, et qui paraît remonter à une très-haute anti qnité. Cet arbre, qui existe encore, est sûrement un des plus anciens monuments du globe. Selon M. deHumboIdt (Tableaux de la nature, v. 2, p. Si et 109) il a 4^ pieds de circonférence, ou 16 pieds de diamètre, un peu au-dessus du sol. Selon M. Ledru, qui l'a visité en 1796, la tradition rapporte que lorsque l'île de Ténériffe fut découverte en 1402, il était déjà aussi gros et aussi creux qu'à présent, et qu'il était, dès celte époque, un objet de vénération pour les peuples de l'île. ^

On peut citer encore conune exemples de longévité v^étale des touffes de végétaux berbacés viyaces.

«Je suis disposé à penser, dit M. de Candolle, que la partie souterraine des végétaux vivaces, abritée par sa position même contre les intempéries de l'atmosphère peut parvenir à une extrême vieillesse. ^' ^

1. De Candolle père , loc. cit., page 1012. (Examen spécial de la durée des endogènes.)

% De Candolle père, loc. cit. , page 1016.

Dattiers

du nord de

l'Afrique.

Drag^naicr de rOroUra.

VEGETAL' X

5V»file herhati At$ Alpes.

Erjngium

marilima

et eehinoffhora

âtê dnaef.

Prèle*.

liirhens.

On ea voit un eiLempIe dans le saule herbacé qui croit dans les Alpes, au bord des neiges perpétudles, dans des endroits qui sont très-humides quand on les visite en été. Ses tiges flexibles se trouvent enterrées par le terrain situé au-dessus, qui glisse trèslentement. Il paraît, d'après les observations de M. de CandoUe, que les souches de ce saule herbacé doivent remonter à un grand nombre de siècles*

M. de CandoUe cite également Xerpigium maridma et Y echinophora , qui croissent sur les dunes du midi de l'Europe. Leurs tiges s'allongent à mesure que le sable les enterre, et peut-être sont-elles contemporaines des dunes elles-mêmes.

Les rhizomes de quelques prêles paraissent aussi atteindre une extrême vieillesse.

Enfin, M. de CandoUe pense que certains lichens qui croissent à la surface des rochers, peuvent y braver les siècles; que quelques-unes de ces plaques végétales pourraient être aussi anciennes (ce sont ses expressions) que le dernier cataclysme.

On voit souvent de grosses souches de graminées en saillie au-dessus du sol dans des prairies marécageuses : elles remontent à un grand nombre d'années , et quelquefois à plusieurs siècles. Il en est de même des herbes qui composent le gazon; leurs souches peuvent être très-âgées. Un gazon peut être • '^"'„'J'^/"' très-ancien ; et cela donne beaucoup de poids à la à u conirrtation suppositiou quc Ic gazou a puissamment contribué

«In pentes qu'il , , *■ . , ,••,

rrcouvm a la conscrvatiou des pentes quil recouvre.

En général , la conservation de la terre végétale sur les pentes peut être attribuée en grande partie à lexistence des racines des végétaux qui , constituant

Sourbes de graminéei.

Le giaon

SÉGUL.41RES. l8l

dans l'intérieur des terres comme une espèce de feutrage, en retiennent les parties même les plus fines. Lorsqu'on défriche un terrain en pente, il est quelquefois dépouillé de terre végétale par un seul orage. Dans beaucoup d'endroits où Ton a défriché des forets pour les remplacer par des champs cultivés, la terre .végétale a été entraînée par les eaux, et le sol est devenu incultivable pour un temps qui sera très-long, parce que les phénomènes relatifs à la reproduction de la terre végétale sont très-lents. Mais LVut naturel il faut remarquer que l'état naturel de la surface .„,f,ct*du giobe du globe, c'est-à-dire, l'état dans lequel la plus <"^

- •li^l '' d'être couvert de

glande partie du sol ou des végétaux peuvent croître vi%ét.tion. s'est trouvée depuis le commencement de Tordre des choses actuel, est d'être couverte de végétaux, de forêts, de gazon. L'état de culture est un état exceptionnel. Nos travaux tendent à faire prédominer l'exception sur la règle ; mais l'état naturel du globe a été d'être couvert de végétation, de manière que, quand on raisonne sur la terre végétale, on raisonne sur une surface qui a été pendant très-longtemps couverte de gazon ou de forêts. Quand on voit du gazon sur une pente, on peut se dire que peut>-être elle est couverte de ce gazon depuis qu elle existe elle-même. La terre s'y est conservée, parte i.»

conservation

qu'elle est revêtue de gazon, et qu'il y en a ton- ^' ""^ii^ff^,'** jours eu. Ces observations conduisent à considérer ^« *« vègëution la terre végétale comme une chose bien plus per- iét.t normal. manente qu'on n'est généralement porté à le croire au premier abord. Vous voyez qu'elle peut donner lieu sous ce rapport à des recherches susceptibles d'intérêt; c'est un su^t sur lequel il y a uoe foule de choses à noter.

l82 VÉGÉTACrSL SÉCULAIRES.

«>rum» c»aroîu II j a Certainement un grand nombre de lieux, J*J^^, et nous nous en occuperons avec détail, dans lesrapidcmeat. quels la surfacc extérieure du globe est sujette à des

up«rniaii^e dégradatious continuelles et très -visibles. Mais ces

r u âeû nr(»ce ^^^^^^^^^^^ ^^^^ visiWcs daus certains endroits,

rend ce» précisémcut parce que, dans la plupart des localités,

pia.teiLîbi(l la terre végétale se conserve pendant des laps de

temps immenses dans une intégrité presque complète.

Je vous en ai donné des preuves puisées dans des monuments humains et dans des monuments naturels, tels que des arbres, dont quelques-uns vivent très-longtemps dans la même assise de terre v^étale, laquelle est quelquefois très-minca Vous avez vu que des végétaux ou des monuments séculaires et millénaires n'ont eu leur base ni déchaussée ni enfouie. Nous en avons considéré des exemples qui se rapportent même à des lieux cultivés; car la culture n'entraîne pas toujours, et n entraîne* même que rarement, la dégradation du sol. J'ai cité des sillons, des fossés qui, abandonnés à eux-mêmes, conservent leurs formes pendant un grand nombre de siècles; la végétation y reprend promptement son empire. C'est surtout la sur&ce du sol , couverte de végétaux, qui se conserve, sans altération sensible, pendant des milliers d'années.

C'est un point fixe, un zéro, auquel on peut rapporter les phénomènes qui marchent rapidement.

Cette fixité générale ajoute un nouvel intérêt aux phénomènes rapides que la terre végétale, ou du moins l'épiderme du globe, présente en quelques points. Ces derniers, rapportés à une base invariable, deviennent de véritables (Jironomètres naturels. ^ Nous les passerons tous en revue successivement.

SIXIBHB UBÇON.

(ao décembre 1843.)

Des terrains mourants.

Transport de la poussière.

Messieurs ,

La pellicule extérieure du globe se présente en Éiëmenu général sous la forme d une couche de terre végé- '^^a* peiH^îT* taie souvent très-mince, et on voit clairement que «téneuredugioiie c'est un composé de différentes matières telles, par exemple, que les débris décomposés des roches, qui forment dans leur état naturel d'intégrité la masse du terrain^ puis de matières transportées par diverses causes, par les eaux, par les vents. Il y a une autre partie adventive, c'est l'accumulation des débris laissés par les végétaux, partie qui n'est pas essentielle, même pour la végétation; car les végétaux croissent parfaitement dans des matières où il n'y a pas de débris de matières organiques.

Le mâange de ces divers éléments tend souvent à obscurcir l'origine de chacun d'eux; et la fertilité, qui est la conséquence de ce mélange , en faisant naître, une riche végétation , rend les observations

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