‹ Leçons de géologie pratiqueChapitre 44 sur 153 · Taciti Annalium, lîb. Il, cap · texte numérisé non relu

Taciti Annalium, lîb. Il, cap

devenu permaneai, est le Lecky dont on croit que le nom dérive de l'expression latine ab eliciendo.

Le Rhin primitif, de son côté, privé de la plus grande partie de ses eaux, resta presque vide, ienuis aheuSy et il a encore diminué depuis lors par TefFet des ensablements. Il ne conserve même pas jusqu'à la mer la faible quantité d'eau que le Leck ne lui enlève pas, A partir de Wyk by Duurstede, où le IjecL s'en sépare, il se tourne vers Utrecht, où des saignées, dont la première origine remonte peutêtre à Drusus, lui enlèvent encore une partie de ses eaux. Il en perd de nouveau entre Ulrecbt et Leyde, et le peu qui lui en reste se dirige vers cette dernière ville

Le Rhin se jetait autrefois dans la mer du INord au-dessous de. Leyde. Les sables ont comblé cette embouchure dans une tempête survenue en l'année 860, et on hésite aujourd'hui sur son emplacement. Quelques auteurs pensent qu'elle se trouvait près de Katvvjk 9 où en 1 806 on a ouvert au Rhin à travers les dunes une issue fermée par une écluse. D'autres croient qu'à Rhynsburg, près de Leyde, le Rhin se recourbait vers le nord et qu'il se déchargeait dans la mer du. Nord près de Petten. Ce serait là qu'il ifisiudrait chercher la bouche occidentale du Rhin, positivement indiquée par Ptolémée et le portus cspaUacus. Gosselin cherchait l'un et l'autre près de Zandçoort, entre Petten et Katwyk. Ces versions diverses pourraient être toutes fondées, car il serait possible que le cours du vieux Rhin eût plus d'une fois changé d'issue à travei^ les dunes avant de cesser tout à &it d'en avoir une. On a dit aussi qu'il se

Le Rhin propremrat dit di oui nue encore.

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emplacement

de son emboncbure.

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divisait en deux bras, dont l'un se dirigeait vers la Meuse et l'autre vers la mer de Harlem. ÇTaurait été une disposition analogue à celle des bouches de la Vistule, et il se pourrait qu'elle eût existé elle-même pendant quelque temps.

Au milieu des doutes qui peuvent encore rester à cet égard il parait certain, que le meiuc Bhin u partie centrale ^y^î|; élcvé SOU Ut ct SCS bcrgcs dc manière à dola pins ëierée dei miner Ics coutrécs adjacentes, ce qui l'a mis dans le cas de s'y déverser et de s'y créer de nouveaux lits, aussitôt que des circonstances naturelles ou artificielles lui ont ouvert des débouchés latéraux. L'élévation très - ancienne de ses rives a permis aux Romains d'y bâtir leur Lugdunum Batai^yrum, aujourd'hui Leyde , dans un endroit qui était probablement dès lors hors de l'atteinte des marées.

Les canaux qu'ils y ont creusés montrent que les eaux y étaient dans le cas de pouvoir être dirigées vers des lieux plus bas. On montre encore près d'Utrecht plusieurs canaux attribués à DrusuSs et dans les environs de Leyde les canaux de Drusus et de Corbulon,

Les alluvions les plus anciennes du Rhin se sont faites le long de son cours primitif, qu'il n a quitté qu'après l'avoir élevé et obstrué, et cette partie est restée le centre de la Hollande, le centre et le type des Pays-Bas. Les parties situées de part et d'autre sont encore actuellement à un niveau inférieur. II y existe des bras de mer, tels que ceux de la Zéelande et le Zuyderzée, où se jettent aujourd'hui les diramations du Rhin.

Le Rhin et la Meuse tendent à combler ces dé-

Comment les alInTioDS

élèvent le toi de cet

contréet.

pressions et à y rendre même à la longue leur propre cours impossible, ou au moins difficile; mais il faut une étude attentive pour se rendre compte de la marche de ce phénomène, parce que le régime naturel de ces contrées est aujourd'hui masqué par le régime artificiel auquel elles sont soumises. Pour en prendre une idée exacte, il est nécessaire d'examiner ce qu'était ce pays avant d'être entouré par des digues, et comment, au moyen des digues, on est parvenu à maîtriser les mouvements des eaux.

Aux embouchures de l'Escaut, de la Meuse, du Dëp^u Rhin, de FEms, du Weser et de l'Elbe, il se produit, .r;:^:::;^. lors de la marée montante, un calme, durant lequel ^wn^ièrwse précipitent les matières terreuses tenues en suspension dans les eaux : il en résulte un sédiment que les vagues rejettent sur la plage. Par ces dépôts successif, le rivage s élève graduellement, et il se forme une alluvion étendue, qui reste à sec dans les marées moyennes. Ces terres nouvelles, d'une fertilité vraiment surprenante, sont les polders j dont les Hollandais tirent un si grand parti dans leurs cultures. Durant les hautes marées, ou pendant les tempêtes, les polders se trouveraient submergés, si l'industrie active des habitants n'eut établi des dignes qui opposent un obstacle à l'invasion des eaux de TOcéan.^

Quand on parcourt la Zéelande, on voit que les embouchures de rivières ou, pour mieux dire, les liras de mer qui la partagent en plusieurs îles , n'ont q[a'une très-Èiible profondeur. Quelques portions

1. D'Aubuisson de Voisins ^ Traité 'de géognosie^ tome L^ I. 18

Pniriei conservent de l'eau à la basse mer; mais ectre le ».biDeq;ëe. Ql|ç^J|l çj j^ teTFe reste dans certaines directions

1(1 h.ntrt mnréet. i^Q^ très-vastc éteudue, qui est occupée par des vases : ces vases ne sont couvertes que pendant qudques heures, quelquefois seulement pendant une heure ou deux. Ces dernières, qui sont à très-peu de distance au-dessous du niveau de la haute mer ordinaire, restent donc exposées à l'air ou au soleil pendant vingt ou vingt-deux heures sur vingt-quatre^; cela suffit pour que la v^tation s y étahlisse. Q y a même des prairies exposées à être couvertes par la mer qui subissent cette sujétion bien moins encore que je ne viens de le dire. Comme il y a de grandes marées aux syzygies , c est-à-dire à deux époques de chaque lunaison, il y a des terrains qui ne sont couverts que tous les quatorze jours, et cela pear dant deux ou trois jours de suite, et chaque jour pendant quelques heures seulement : il s'établit sur ces terrains une très-belle végétation, car il y a une foule de plantes pour lesquelles il est à peu près indifférent d'éprouver tous les quinze jours trois ou quatre submersions consécutives de deux ou trois heures chacune*

Lorsqu'on navigue sur les bras de mer de la Zée^ lande, seulement à moitié i^raplis par les marées, on remarque avec surprise ces terrains déjà élevés, quoique non préservés par les digues et couverts dune très -belle v^étation. D'autres parties, plus enfoncées , nourrissent des plantes qui ne craignent

Forêt, de jonrt. pas l'cau, tcUcs quc des joncs. Enfin, on voit des espèces de grandes forets de joncs qui marquent l'emplacement de certains bancs moins élevés en-

core, et sur lesquelles la marëe marque chaque jour son niveau.

Les marées, dans leurs mouvements impétueux, remanient souvent ces terres encore molles; mais si les eaux ont détruit des terres dans quelques parties de la Zéelande, elles en ont reproduit dans d'autres, ou bien elles ont entassé des bancs de sable, uni des iles entre elles, eta On en a des exemples dans l'engorgement des ports d'Armuyden, dans l'ile de Walcheren, de Goes, dans celle de Sud-Beveland, de Martensdyk, dans celle de Tholen, et dans la réunion des îles de Gorée et d'Over-Flacke, au moyen d'un banc de sable qui, dans ces derniers temps, fl^est élevé entre elles et a été entouré de digues. La configuration de la province de Zéelande change ainsi continuellement, quoique, par lefFet des soins pins assidus qui ont été donnés aux digues dans ces derniers temps, les grandes destructions de terrain soient devenues plus rares que dans les temps antérieurs.'

J>es changements analogues s'opèrent dans les Dëp^u formés parties orientales des Pays-Bas. Les dépots des fleuves aâw^Xrônê de toutes ces côtes sont limoneux et en même temps «* •*« i'*^*»«irès-<x>nsidérables. Les eaux courantes ont déposé le long de leurs cours tout ce qu'elles ne tiennent en suspension qu'avec difficulté : d'abord le gros et le menu gravier; puis le sable; et elles ne charrient à la mer que ces particules impalpables qui restent suspendues dans l!eau tant qu'elle a quelque mouvement; mais auprès de leurs embouchures, et partout où les marées remontent, l'eau, éprouvant deux

!• Von Hoff, ouvrage cité, tome I.", page 828.

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calme» toutes les TÎngt-quatre heures^ dépose celle meooe poussière, et cest ordinairement mie rme argileuse. Ce dépôt, joint an traTail des Tagœs et des marées , a comblé une partie des trois galfies oii se jetaient le AVeser, l'Osle et ITlbe ■

Les terrains formés par ces dépôts pcHtenI dans le pays le nom de marsch,qm signifie, g^logiquement parlant, tout atterrissement faiit sur les bords du continent , tout allongement du continent produit par les dépôts de la mer ou 'des rÎTières : œ sont des terrains horizontaux qui , de la geesi on des moors qui les bordent, s étendent jusqua la mer ou aux golfes dans lesquels les ri¥ières se déchargent, et qui tous , sans exception , seraient encore inonda dans les hautes eaux , s'ils nëtaient garantis par fart' Les marschs du AVeser près de Brème ont , comme celles de TEUbe et de FOste, tout Taspect de la Hdllande. ^

Le inarsch entre Haarbourg et Stade est bordé par la geest, quon ne saurait peindre autrement que comme les bords d*un golfe arec leurs cou tours et leurs (alaises et dont le dessus est cou de bruyères. Si aujourdliui les dignes étaient en levées , on verrait reparaître les golfes dans les marées extraordinaires, et la mer embrasserait le continental comme aux premiers jours de la période actuelle. ^

1. Deluc, Lettres à la reine d'Angleterre, tome Y, page 109 l lettre 120; 9 décembre 1778.

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