‹ Leçons de géologie pratiqueChapitre 67 sur 153 · PA1[*-B%S · texte numérisé non relu

PA1[*-B%S

dliai comblé et transformé en prairies; mais Venise sentait son existence, comme poissance maritime, attachée à celle de ses lagunes, et die a £aiit, pour les consenrer, des efforts semblaUes à <:eox qn'on fait ailleurs pour combler des lacs et des marais et les conquérir à Tagriculture.

cmmi crem«b On a cxécuté , à direrses époques , des traTaux trmu considérables pour empêcher les riTieres d introduire leurs sédiments dans les lagunes. Le cours de la Brenta a été changé -, ses eaux qui, passant par divers bras où elles portaient souTcnt le ravage, se répandaient en partie dans celui de Fusiua et y charriaient des montagnes de sable, ont été toutes dirigées dans un beau canal qui suit le bord de la lagune , et ya se décharger, eu deboi'S de sou en* ceinte, dans le port de Brondolo. Un canal de dériTation, avec des sas pour racheter l'excès de la pente , servit à maintenir sans danger la navigation intérieure entre la lagune et Padoue. Ces travaux ont été repris à plusieurs fois et continués pendant plusieurs siècles, comme l'indiquent les enceintes de canaux de plus en plus rapprochées de ses bords qui circonscrivent la lagune dans sa partie méridionale : Brenta vecchia, Brentella, canal del Brenton, Taglio di Brenta novissima.

\m pi.T«> et le siié « La Piave et le Silé faisaient autant de d^âts danf "' 'IT"""'* le nord-est de la lagune que la Brenta dans le sud. même .nanirre. ^^ moycu dc quclqucs redressements on a conduit la Piave à Textrémité du littoral du Cavallin, et on lui a donné un déversoir qui, dans les crues, porte une partie de ses eaux au port de Sainte^Marguerite, près des bouches de la Livenza. De même le Silé fut

conduit dans lé lit de la Piave par un canal qui traverse les marais de la Fossetla. Tous les grands fleuves ont dope été exilés de la lagune ; on n'y a laissé que de petites rivières et des torrents, tels que la Deze, le Zéro, le Marsenego, le Meolo et le Vallio.*^

La ville de Ravenne, située vers l'extrémité mé- Ravenne ridionale des Pays-Bas adriatiques^ a subi depuis ^'o^ngtemp"" ^qgtemps le sort contre lequel Venise, enrichie ja- i« w^» «^f»»^* « dis par le commerce du monde, lutte encore aujourd'hui. La situation originaire de Ravenne ressemblait complètement à la situation actuelle de Venise. D'après la description que Strabpn nous en a laissée, les maisons s'y élevaient au milieu des lagunes qui rentouraient, et elle était partagée en plusieurs îles, entre lesquelles les habitants communiquaient par des ponts et des bateaux. Auguste s'en servait comme d'un port militaire, et elle contenait la moitié de la flotte dont lautre moitié se trouvait à Misène. Pline parle de Ravenne comme d'une ville littorale en opposition avec Butrium, qu'il indique comme peu éloigné de la mer, et avec quelques autres villes qu'il cite comme situées dans l'intérieur des terres. LéCS alluvions du Po-ai-Primaro ( bras le plus méridional et le plus ancien du Pô), de la Fossa au-gusta, du SanternOj du SeniOy du Lamone et du Jteno^ se sont réunies pour former des terres nouvelles dans les environs de Ravenne. Quelques siècles ont suffi pour changer complètement la manière ^ d^être de la contrée. Jornandès représente cette ville, d'/après un passage perdu de Dion Cassius, comme étant, dans sa situation première, un port excel- : lent; mais il ajoute que de son temps on trouvait

de vastes jardins à l'endroit où avait été autrefois le port, que les fruits y pendent aux arbres, et non plus les voiles aux mâts. 11 paraît qu'on Yi>it encore dans les murs de Ravenne des anneaux auxquels on attachait autrefois les vaisseaux. Ravenne se trouve actuellement à plus de 7000 mètres de l'eau salée \ cwtàtort Malgré cette retraite apparente de la mer, on

qu'on a aligné vn «'i/** i« 1* i

changement Si citc ucs laits tcudaut a prouver que le niveau de de u'nTw "è. de l'Adriatiquc se serait élevé par rapport à celui dé Ravenne. la Cathédrale de Ravenne. Mais il doit y avoir quelque erreur dans cette détermination ; car Venise , avec ses quais, auxquels on n'a jamais rien changé, et avec ses lidi, qui seraient si facilement détruits par une élévation de la mer, Venise est un monument irréfragable de la complète invariabilité du niveau de l'Adriatique. Il est arrivé simplement que la lagune de Ravenne a été comblée jusqu'à son propre lidoj et a entièrement disparu.

L^„^ La partie méridionale des Pays-Bas adriatiques

de comacchk». préscntc cucorc d'autres lagunes, séparées de la mer par des cordons littoraux. La principale est la lagune de Comacchio, appelée le Italie, qui surpasse Soin. en étendue celles même de Venise. La ville de Co-

^"i«col!î!lrT^"''^^^^^^^ ^'y éîève comme une petite Venise, et on connaît les efforts et la sollicitude de ses habitants pour conserver ces vastes marais maritimes; ils y trouvent une pêche si abondante et si lucrative qu'ils la préfèrent , dit Dolomieu^ , au genre de richesse que leur procurerait la culture d'un sol

Page 1