Dolomieu, Journal de physique; tom. 42, pag
fertile qu ils pourraient aisément soustraire à la domination des eaux. Pour prévenir lensablement ils ont cherché, de leur côté, à fermer toute communication de leur lagune avec les eaux qui viennent de la terre ferme, et à détourner le cours de toutes les rivières qui y aboutissaient. Aujourd'hui aucune branche du Pô ne s'y décharge; toutefois l'ouverture appelée Porto di Magnaç^accaj qui traverse le lido de la lagune, est probablement une très -ancienne bouche de ce fleuve.
Mais si on a réussi à conserver jusqu'à nos jours LeiUgnne. les laaunes de Venise et de Comacchio , il n'en a *i"'i'''8»»;«»
O ' entre elle»
pas été de même de celles qui, suivant toute appa- ceiies de venîM et
1 , f > I ,, .. x'ItÎ" de Comacchio
rence, les ont reunies dans I origine. Ici les Pays- om été comblées Bas adriâ tiques ont subi de grands changements, jePôruAdige. qu'on n'a pas même essayé de combattre, à cause de la puissance des atterrissements formés aux embouchures de TAdige et du Pô, qui se jettent dans la mer en des points assez rapprochés les uns des autres.
On doit se représenter que, dans les temps an- La,.îiiîe ciens, la ligne du littoral était régulière, et gu'il ?"^p;'*^'?**
, ^ . ^ 4 aujourd'hui la cdte
n'y avait pas cette saillie qui existe aujourd'hui vers * rembouchure
lÊ 11 1141 >ii^' ^^' deux fleuves
Jes embouchures des deux neuves , et surtout a celle nexi.uit pa. dan. du Pô. Nous pouvons remonter par la pensée au *'**"8î»e. moment où des lagunes , qui ont été comblées par les alluvions du Pô et de l'Adige, existaient dans cette partie la plus basse des plaines de la Lom-^ bardie. Ces lagunes s'étendaient jusqu'à une grande distance dans les terres, et joignaient celles de Venise à celles de Ra venue'. Les documents histori-
1. Bernardo Trevisano, Trattato délia laguna di Venèzia, — Venezia 1715, cité par M. de Hoff^ ouvrage cilé, tome I.^, p. 28^
34o PAYS-BAS
H»iri. >rH^ éloignée de celle de Ferrare Sept lacs renfiemiÀ dans ,epjlmarium. 1^ Ddta prenaient le nom de Septem maria, et Ha-
tria est quelquefois appelée Urbs septem mariuan. Mtumriummiiimi, ^^ Eu rcoiontant le rivage du coté du nord, à par- ''"dT'vJliic'^ tir d'Hatria, on trouvait l'embouchure principale de Yjéthesis , appelée aussi Fossa philtsiina, puis VJEsluarium allini , mer intérieure, s^iarée de la grande par une ligne d'ilôts, au milieu de laqudle se trouvait un petit archipel d'autres îlots, appelé Rialtum : c'est sur ce petit archipel qu'est maintenant située Venise. V^luarium altini est la lagune de Venise, qui ne communique plus avec la mer' que par cinq passes, les îlots ayant été réunis pour former une digue continue Moato TM%mMétm» « A l'cst dcs laguncs, et au nord de la ville â^Esie, ir«td»i,g«B«.se trouvent les monts Euganéens, formant, au milieu d'une vaste plaine d'alluvions, un groupe remarquable de pitons, dans les environs duquel on place le lieu de la fameuse chute de Phaéton. Quelques auteurs prétendent que des masses énormes de matières enflammées, lancées par des explosions volcaniques dans les bouches de l'Éridan, ont donné lieu à cette fable. Il est bien vrai qu'on trouve aux environs de Padoue et de Vérone beaucoup de produits que plusieurs croient volcaniques.
sitoatioa (( Les renseignements que j'ai recueillis sur le gi-
.u'c^IeTrelent sèment de la cote de l'Adriatique aux bouches du dn ...•.iêcie. p^^ commencent au 12.* siècle à avoir quelque précision : à cette époque toutes les eaux du P6 coulaient au sud de Ferrare dans le Po di T^olano et le Po di Primaro , diramations qui embrassaient l'espace occupé par la lagune de Comacchio. Les deux bouches
ADRIATJQUES. 5/^.1
dans lesquelles le Pô a ensqite fait irruption au nord de Ferrare, se nommaient Tune, fîume di Corbola, ou di Longola, ou del Mazorno; l'autre, fîume Toi. La première, qui était la plus septentrionale, recevait près de la mer le Tartaro ou canal Bianco ; la seconde était grossie à Ariano par une dérivation du Pô, appelée fîume Goro»
«Le rivage de la mer était dirigé sensiblement du Rivage de i. mer sud au nord à une distance de 10,000 ou 1 1,000 met. dp J^\» .ud du méridien d'Adria : il passait au point où se trouve *'o«»»^^ooo»^« maintenant l'angle occidental de Feaceinte de la «acridien dAdn.. Mesola; et LoreOy au nord de la Mesola, n'en était distant que d'environ 200 mètres,
(( Vers le milieu du 12.^ siècle les grandes eaux du Le pa
TkA y , 11» •■! déreriévertlenord
Fo passèrent au travers des digues qui les soute- .„ commencement naient du côté de leur rive gauche, près de la petite ^" "'«^^^ï* ville de Ficaroloy située à 19,000 mètres au nordouest de Ferrare , se répandirent dans la partie septentrionale du territoire de Ferrare et dans la Polésine de Rovigo, et coulèrent dans les deux canaux ci -dessus mentionnés de Mazorno et de Toi. Il parait bien constaté que le travttil des hommes a beaucoup contribué à cette diversion des eaux du Pô : les historiens qui ont parlé de ce fait remarquable, ne diffèrent entre eux que par quelques détails. La tendance du fleuve à suivre les nouvelles s«« direcuo» routes qu'on lui avait tracées, devenant de jour en jour plus énergiques, ses deux branches du f^olano et du Primaro s'appauvrirent rapidement, et furent, en moins d'un siècle, réduites à peu près à l'état où elles sont aujourd'hui. Le régime du fleuve s'établissait entre l'embouchure de l'Adige et le point
succcMives.
A» appelé aujourd'hui Porto di Goro; les deux caiiam ^r^Xk' dont il s elait d'abord emparé étant devenus insofil mrnTe le. (jg^Q^^ {[ ^'^u creusa de nouveaux ; et au comment
lagnoes de Venue. ' ^ '
cernent du 1 y."" siècle sa bouche principale, appdée
Sbocco di Tramontana, se trouvant très-rapprochëe
Le. vénitieii. de lembouchure de l'Adige, ce voisinage alarma les
loi rretuent nn^y.. , ^ r* § t i"
ao.Trattiit: veuitiens, qui creusèrent, en 10049 le nouveau lit, Ta^uodiPono ^pp^,^ TagUo di Porto Viro, ou Po délie Fomaci,
au moyen duquel la Bocca Maestra se trouva écartée de l'Adige du côté du midi.
D* «Pendant les quatre siècles écoulés, depuis la fin
le nvage du 12. sicclc jusqua la un du lo. , les alluvioos du ' ''^]J*p7**"" Pô ont gagné sur la mer une étendue considérable. • La bouche du nord, celle qui s'était emparée du renié. caudl dc Mazomo, et formait le Hamo di Tramowhtana, était, en 1600, éloignée de 20,000 mètres do méridien d'Adria ; et la bouche du sud, celle qui avait envahi le canal Toi, était à la même époque à 1 7,000 mètres de ce méridien : ainsi le rivage se trouvait reculé de 9,000 ou 1 0,000 mètres au nord, et de 6,000 ou 7,000 mètres au midi. Entre les deux bouches dont j^ viens de parler, se trouvait une anse ou partie du rivage moins avancée, qu'on appelait Sacca di Goro.
loflaence « Lcs grauds travaux de dignement du fleuve, et
dëfrlSLwJ* ^^^ partie considérable des défrichements des rephénomène. ygj^ méridiouaux des Alpes,. ont eu lieu dans cet intervalle du i3.^ au 17.* siècle.
« Le Taglio di Porto Yiro détermina la marche des alluvions dans l'axe du vaste promontoire que forment actuellement les bouches du Pô. A mesure que les issues à la mer s'éloignaient, la quantité an-
sur ce
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nudle de dépots s accroissait dans une proportion effrayante» tant par la diminution de la pente des eaux (suite nécessaire de rallongement du lit), que par l'emprisonnement de ses eaux entre des digues » et par la facilité que les défrichements donnaient aux torrents affluents pour entraîner dans la plaine le sol des montagnes. Bientôt lanse de Sacca di Goro ^n»\t%4eni lut comblée, et les deux promontoires tormes par boaci>« d. f les deux premières bouches , se réunirent en un seul, ^ ^^ J"^^ ^, dont la pointe actuelle se trouye à 33,ooo ou 53,ooo «"^ *• «"'^ mètres du méridien d'Adria, en sorte que, pendant deux siècles, les bouches du Pô ont gagné environ 1 4^000 mètres sur Ja mer.
« Il résulte des faits dont je viens de donner un exposé rapide , continue M. de Prony ,
<( 1,'' Qu'à des époques antiques, dont la date pré* cise ne peut pas être assignée, la mer Adriatique baignait les murs d'Adria ;
tf 3.° Qu'au i^.*' siècle, avant qu'on eût ouvert à Ficarolo une route aux eaux du Pô sur leur rive gauche, le rivage de la mer s'était éloigné d'Adria de 9000 à 10,000 mètres;
a S."" Que les pointes des promontoires formés par De noo k .6. les deux principales bouches du Pô se trouvaient, .iiûvrn7.'^été en l'an 1600, avant le Taglio di Porto Viro, à une *^ ™«»'"p«' distance moyenne de 1 8,5 00 mètres d'Adria, ce qui , depuis l'an 1300, donne une marche d'alluvions de 2i5 mètres par an ;
fc 4*'' Qt^6 1^ pointe du promontoire unique formé dc .604 « •& Ipar les bouches actuelles, est éloignée d'environ ^olèVei par' 32,000 ou 33,000 mètres du méridien d'Adria; d'où on conclut une marche moyenne des alluvions
d'environ 70 mètres par an pendant ces deux der« niers siècles; marche qui, rapportée à des époques plus éloignées , se trouverait être beaucoup plus rapide. ** cb«Bgeinei>u M. dc Prouj u 3 pas fait remonter ses recherches **" *'\?/jig^ *' ^' au delà du 12.* siècle; mais M. de Hoff, dans son •Tantiei».«»ècie. exccllcnt ouvragc intitulé: f^eràndemngen der JErd^ oberJUlche, donne une histoire complète des changements de lit du Pô et de l'Adige depuis le temps des anciens Étrusques'. Ce n'est, au reste, qu'une longue série d'événements de la même nature que htPo-di-Primaro ccuY racoutés par M. de Prony. Le résultat le plus *'"dMl^«Jin^7^ remarquable de cette histoire ancienne du Pô, c'est *r?m '%*^*^p' ^^ ^^^ cours primitif était le Po-di-Primaro, qui longe le pied des dernières pentes des Apennins. C'est là qu'il a d'abord déposé ses alluvions, et c'est ainsi que la lagune de Ravenne a été comblée la première. C'est après avoir élevé ses anciens bords qu'il s'est déversé latéralement, comme le Rhin a fait en Hollande, et qu'il a occupé successivement des lits situés de plus en plus loin au nord de Ravenne , de manière à menacer finalement les la* gunes mêmes de Venise, qui, ainsi que nous l'avons vu précédemment, s'en émut aussitôt.
cauie. Il n'y a rien qui doive surprendre dans ce mouve*
^"veM le m'âr' nient graduel , vers le nord, des lits successifs du Pô. Il était naturel que ce fleuve rasât d'abord le pied de» dernières pentes des Apennins. Il n'a fait à cet égarcL près de Ravenne que ce qu'il fait encore près deTuri et de Plaisance. Cela résulte tout simplement de