‹ Leçons de géologie pratiqueChapitre 73 sur 153 · Forfait, loc. cit., page · texte numérisé non relu

Forfait, loc. cit., page

Venise à celui qui sépare de l'Adriatique la grande lagune deComacHiîo; elle les joint en les continuant suivant une courbe très -simple, qui se raccorde très-naturellement avec leurs courbures respectives, et qui, dans son ensemble, s'éloigne peu d'une ligne droite dirigée du nord au sud. *

Je dois cependant faire observer qu'au midi du cours actuel du Pô la zone des dunes se ramifie, et que la lagune de Comacchio est traversée du nord au sud par plusieurs langues de terre, continuées par des lignes d'îlots , qui ont toute l'apparence d'anciens cordons littoraux. La plus intérieure de ces lignes est à 10,000 mètres environ de la plage actuelle. Il paraîtrait donc que dans cette partie le cordon littoi^al se serait déplacé et aurait avancé vers la mer, par degrés successifs, d'une quantité qui va en quelques endroits jusqu'à 10,000 mètres. On doit naturellement présumer que ces déplacements ont accompagné les atterrissements produits très-anciennement aux environs de Ravenne par le Po-di-Primaro.

Quoi qu'il en soit, il est très-probable que la ligne de dunes unique que traversent les cours actuels de l'Adige et du Pô, et à travers laquelle les Vénitiens ont ouvert en 1 604 leur TagUo-di-Porto-P^iro^ n'est autre chose que le reste du cordon littoral, tel qu'il existait dans cette partie avant que le Delta n'eût pris son extension actuelle. Cela est d'autant plus probable, que le cours du Pô et celui de l'Adige sont beaucoup plus ramifiés en dehors de la ligne des dunes qu'en dedans. Ces ramifications, plus nombreuses, peuvent naturellement être attribuées au

changement que le régime des fleuves a éprouvé, lorsquaprès avoir dépassé le cordbn littoral originaire, ils ont commencé à verser directement leurs sédiments dans la mer.

Epoqne Ou Sait mémc à quelle époque le Pô et l'Adige

• laquelle le front . r % • r i 11'a.

du Delta ont commence a empiéter sur la mer par le dépôt r. déliassé, jg leurs alluvionSy puisque M. de Prony dît positivement (voyez ci-dessus, page 358) qu'au commencement du 1 2."" siècle le rwage de la mer était dirigé sensiblement du sud au nord à une distance de io,ooo à ii,ooo mètres du méridien d'Adria; il passait au point où se trouve maintenant Fangle occidental de l'enceinte de la Mesola, et que Loreo^ au nord de la Mesola , nen était distant que d'eni^iron 200 mètres. Or, il suffit de jeter Un coup d'oeil sur la carte, pi. VII, pour voir que la ligne du littoral du 12.^ siècle, si nettement définie par M. de Prony, nest autre chose que la ligne de dunes qui traverse tout le Delta du Pô. C'est donc à partir du 1 2.* siècle que le Pô et l'Adige ont commencé à verser leurs alluvions en dehors des lagunes. Il est peu probable Ccst uuc circonstaucc toute particulière aujpur- "^'^dû DritTr"^" d'hui pour le Pô et l'Adige, que d'avoir dépassé la .oit en dedan,, ijgne (j^ Httoral et empiété sur la mer. Il doit en

Dit en denora du ^ *.

cordon littoral, résultcr quc les choses ne se passent pas maintenant comme à l'époque où le Pô n'avait à remplir que des lagunes. Il n'est donc nullement probable que le phénomène ait suivi depuis son origine une progression constante. Les calculs de M. de Prony sur la marche du Delta du Pô, se rapportent tous à la période depuis le commencement de laquelle les atterrissements ont dépassé le cordon littoral. Il suit

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