‹ Leçons de géologie pratiqueChapitre 74 sur 153 · COI · texte numérisé non relu

COI

•uive une marcbe constante*

de là, qu'on ne pourrait les appliquer à la période précédente, pendant laquelle les atterrissettients ont simplement comblé des lagunes; il n'est pas moins évident qu'on ne peut s'attendre à voir la pointe du Delta s'avancer à l'avenir constamment suivant la même progression.

On a cherché à calculer, d'après la manière dont l« dcui. qu le Pp avance depuis deux siècles , quelle serait l'é- ,e^Lt*îUiiw!i poque à laquelle il devra atteindre le rivage des provinces illyriennes. Depuis la pointe actuelle du Delta du Pô jusqu'au port de Rovigno, en Istrie, il y a, en ligne droite, 48', ou 88,896 mètres. A raison de 70 mètres par an , il faudrait 1 269 ans pour que Ja pointe du Delta l'atteignît; mais elle ne peut marcher toujours avec la même rapidité, parce que la profondeur de la mer va sans cesse en augmentant, à mesure qu'on s'éloigne de l'embouchure du Pp. En outre, à mesure que les atterrissements avancent dans une mer plus profonde, le mouvement des eaux acquiert plus de puissance pour les démolir, ce qui diminue encore la rapidité de leurs progrès. Toute la partie septentrionale de l'Adriatique est, à la vérité, très-peu profonde pour une mer : il n'y a que 80 mètres d'eau dans les endroits les plus creux, qui sont situés près des côtes escarpées de ristrie. Cette profondeur est cependant suffisante pour qu'il devienne bientôt impossible aux allu- ▼ions vaseuses du Pô d'y lutter contre la violence des eaux. Elles seront démolies presque au fur et à mesure de leur dépôt, et étendues sur le fond, quelles ont sans doute contribué déjà à élever, mais qui, d'ailleurs, était naturellement plat, ce qui à

MrbMcr

358 PA19-BAS ADRJATIQCES.

donné à la mer la faciiilé d'établir un long cordon littoral, et de £aire naître ainsi nn grand nombre de lagunes. Le Delta du P6 sV avance maintenant arec une rapidité excessive : cest nn ùdt réd pour le moment, mais évidemment c'est là nn phénomène exagéré par TeiFet de circonstances temporaires.

^ous Terrons plusieurs autres exemj^es de Delta empiétant directement sur la mer, ce qui nous four- .. pi.«»>»>>« uifji jg nouvelles occasions d étudier ce phénomène

•re et esrieaS' , *

curieux et beaucoup plus rare quon ne le pense

généralement

m riaiporuMe QudEit au comblemcnt des lagunes, c'est nn phé-

pJ^ilJ^^, nomène dont les eflets paraissent considérables sur

o»a>bie»»t la carte, parce que la profondeur de Teau y étant

très -petite, il suffit de très -peu de terre pour les

changer en prairies; les dépots sont très-mmces,

et la masse de terre nécessaire pour produire ces

eflets, très- sensibles à la sur&ce, est en elle même

jieu considérable.

Nous retrouvons ici ce que nous avons déjà vu en examinant la Hollande. Cest une classe de £àits sur laquelle 1^ travaux des hommes peuvent avoir une action très-sensible, dont les hommes peuvent se rendre maîtres, et qui, par conséquent, dans J ordre naturel, doit être considérée comme trèssecondaire. Dans l'investigation des phénomènes naturels on ne doit pas attribuer une grande inir? portance à des effets si faciles à modifier. Je remets ces changements à leur place, en les classant ici parmi ceux qui affectent la terre végétale.

DOLIÈIIE EiEÇOM.

(16 janvier 1844.)

Pays-'Bas méditerranéens.

Marais Pantins.

Messieurs ,

Les côtes de la partie occidentale de la Méditer- ugunesrépaadae. ranée, au milieu de laquelle s'élèvent les îles de Corse p,"J7caîeluie et de Sardaifine, sont bordées, ainsi que nous lavons ^* *'

j,.. ^ 1 • 1 î 1 J r • Méditerranée.

ae]a vu, par une multitude de lagunes, dont 1 existence est due à des cordons littoraux qui les séparent de la mer.

La plupart de ces lagunes, de même que celles Plusieurs de l'Adriatique, se comblent plus ou moins rapide- **'°'^'^o*r/*"' ment par l'accumiUation des sédiments que les ri- ~°»pi««°«>' vières affluentes y déposent : quelques-unes le sont Les marais PonUa.

J'*>1 •• l'»i..^ • J sont compris dans

deja plus ou moins complètement, et parmi ces der- ^etie catégorie. nières on peut citer les marais Pontins , dans les Etats romains, et les parties basses des maremmes de là Toscane.

Les marais Pontins étant devenus, dans le cours des derniers siècles, le foyer de miasmes pestilentiels, on a fait successivement diverses tentatives pour les

36o MARAIS

dessécher. Plusieurs papes s'en sont occupés; et lorsque Rome est devenue le chef-lieu du département du Tibre, lempereur Napoléon a voulu ajouter ce

Projei de leur graud travail aux merveilles de son règne. M. de confié Prony , chargé par lui d'en tracer le plan, a étudié,

iM. deProny. ^^^ 1 8 1 o ct 1 8i 1 , Ics marais Pontins avec toutes les ressources que peut offrir l'art de l'ingénieur, dont il était alors le plus grand maître. Il en a fait depuis l'objet d'un ouvrage important, intitulé Des marais Pontins y qui a paru en 1818.

Quelques passages de ce livre suffiront pour vous donner une idée des marais Pontins -et des conclusions auxquelles M. de Prony s'est arrêté touchant leur origine probable :

Leur étendue. Lc sol Poutiu cst baigué à l'ouest et au sud par la mer ty rrhénienne ; sa longueur, dans le sens parallèle à la côte, est de 4^9000 mètres; sa largeur, de 17 à 18,000 mètres.

Ils «ont borné. ^^ L'actiou dc la mer a formé sur la partie occîden-

ligoe. de dune, taie du Httoral une double ligne de dunes (dirigée au Monu-circto. ^^^ Hord-oucst au sud-est), appuyée, d'une part, au cap d'Astura, et de l'autre au mont ou pic de Circeo, à partir duquel cette ligne se prolonge, de l'ouest à l'est, mais sans être double, jusqu'à la ville de Terracine, placée à l'extrémité sud-est des marais. ^''

«En partant du port antique de Terracine, et en suivant la lisière des marais, on ne les trouve séparés de la mer que par une dune étroite; une autre dune, beaucoup plus considérable, ou plutôt im vaste terrain d'alluvions d'une forme à peu près

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