Astruc^ loc, cit., page
grande Robine, cjui va directement d'Aigues-Mortes à la mer, n'existait pas en entier lorsque S. Louis s'y est embarqué. Il en fit construire sejolement la partie qui est la plus voisine de la ville; ses galères crau passaient de là dans 1 étang de Repousset, qui était ^^^'^'"^' aavigableet qui communiquait avec la mer par le Grau de la croisade ou de la Crousette^ situé à une assez grande distance à l'ouest du Grau actuel, aommé le Grau du Roi. Le Grau de la Crousette a subsisté longtemps , parce qu'un banc de roche , caché sous l'eau, qui formait une espèce de rade aS9^ sûre pour de petits navires , y retardait l'en-, sablemenf >
Ce fait est des plus positifs ; car on donne le nom n traverae de Grau, dans ces contrées , à un canal qui traverse ^' ^^'^c^tôJ!*'**' le cordon littoral. L'existence seule d'un Grau de la croisade qui coupe lé cordon littoral d'Aiguës-* Mortes; comme les ports de Lido et de Malomocco coupent celui de Venise, montre clairement qu'en 1348, le cordon littoral qui se tfouve en face d'Aigues-Mortes, existait déjà dans sa position actiidie. Cette conclusion est pleinement confirmée pto Un observateur très-exact qui a séjourné dans ces contrées, il y a peu d'années. «La mer, dit M. Qelcros, ne s'est pas éloignée d'Aigues-Mortes deplus le temps des croisades; elle en est encore dis- (apte, comme alors, d'environ 6000 mètres. Mais l'ancien port de cette ville, qui était une lagune pu lui étangy s'est considérablement ensablé depuis lors; il t'est rempli de vase, et il est devenu si peu profond,
1. Pouget, Mémoire sur les atlerrissemenls des côtes du Lang^eçLoc; Journal de phjsique, tome XIV, page 285 (1779).
que les vaisseaux ne peuvent plus, comme auli^ fois, arriver par cette nappe d'eau jusqu'à la ville.*'* i;empiaceinent Toutcfois , S il cst démoutrë que du temps de !l^!!d«rré CT^^ S. Louis et même du temps de Charlemagne Femp" placement d'Aicues- Mortes n'était pas occupé par du RhAne. Ja Hicr , il u cu est pas moins évident que cet emplacement a été formé par les atterrissements du Rhône.
Depuis Cette jusqu'à la Camargue, la Méditerranée est bordée par les étangs de Maguelone , de Pezols et de Mauguio^ et sans les limons accumulés du Rhône et de la Durance le prolongement de rétang de Mauguio occuperait encore une partie considérable dç la Camargue. Les marais d'Escamandre, de Larmitane et de la Souteyrane, qui sont compris dans cette plaine alluviale, semblent occuper la place de l'extension primordiale de l'étang de Mauguio , et l'emplacement d'Aigues-Mortes coi^ respond lui-même au prolongement aujourd'hui comblé de cet étang.
Ce. En effet, «dans l'origine plusieurs bras du Rbône
entraient dans l'étang de Mauguio par son extréle prolongement miié oricntalc, cu ti'avcrsaut ce qui forme aujour-
oriental de TéUng ^ l> a • -m*- • .
deMaugaio. cl bui Ics ctaugs d Aigucs - Mortcs , et y portaient immédiatement le limon, le sable et le gravier de ce fleuve. '** Ces alluvions, continuées par plusieurs rivières qui descendent des contre -forts des Cévennes, le Vistre, le Vidourle, etc., et par l'action de la mer qui rejette du sable dans les étangs à travers les ouvertures du cordon littoral appelées GraUj