‹ Leçons de géologie pratiqueChapitre 87 sur 153 · DV DANUBE · texte numérisé non relu

DV DANUBE

is.^it de aotre sujet actuel. Il nous suflSt davoir cnQstaté que le Rhône, après avoir comblé des étangs

lagunes formés par un cordon littoral , a dépassé , le Pô, cette barrière et a fait irruption dans Qà mer, où il étend aujourd'hui ses alluvions.

II nous reste, il est vrai, des incertitudes sur espace plus ou moins grand qu'il y a envahi , mais l est facile d assigner un maximum à cet espace, La l-istance du monticule de la Roqueà l'extrémité orien- surface maxi«ar •^le de rétang de Mauguio est en ligne droite de ^''p.rT Rbônf 35,000 mètres. La bande de terrain conquise par le '^'°*** "**'* E\]hônê sur la mer a donc, au plus, 65 kilom. de bongueui'; et comme sa largeur ne dépasse lo kilom. ^'en un seul point, et que des anses ou des étangs QQ occupent à peu près la moitié, $a surface réelle est gm maximum d'environ 3^5 kilom. carrés. C'est une superficie beaucoup plus petite que la plaine de la O^u, à peu près double de l'étang de Berre, et égale «ux deux tiers de notre petit département de la âeine, qui est de 485 kilom. carrés.

Sauf quelques ensablements encore trop peu étu- Peme^e de. diés aux embouchures de l'Èbre, du Var et du Tibre, l'i^Z^TiuToZ c'est à cela que se réduisent à peu près les conquêtes '^^•^^;faites par les alluvions des fleuves dans la partie p^tie occidental occidentale de la Méditerranée. Médumlnée.

Bouches du Danube.

Le Danube présente, comme le Pô et le Rhône, De>u» au oauub Un vaste Delta. Il se ramifie un peu au-dessus d'Is- i ceu°Vu rud< maïl , et il se jette dans la mer Noire par quatre ^' ''" ^* bouches, qui sont, en allant du sud au nord, la bouche de Portitza, la bouche de Saint-Georges, la

et rordoDs littoran

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bouche de Soulina et la bouche de Kilia. Les deux bouches extrêmes sont éloignées l'une de l'autre de 87 kilomètres, intervalle presque double de celui ' qui sépare les deux bras du Rhône, et plus grand aussi que celui qu embrassent les bouches du Pô ei de l'Adige. La bouche méridionale du Danube IralA^m^B verse une grande lagune (lac Ramsin). Entre la , bouche septentrionale et lembouchure du Dniester .•r»«bord». se trouvent plusieurs étangs ou salines, séparée de la mer par des levées de sable ou de galets que les flots ont entassées. De pareilles levées existent en grand nombre sur les côtes nord r ouest de la mer Noire et sur celles de la mer d'Azof. M. Hommaiie de Hell les a figurées avec soin sur sa belle carte géologique de la Russie méridionale. Une des plus remarquables est celle que les Grecs nommaient la course d'Achille : elle s avance à l'ouest de l'isthme de Pérécop sur une longueur de 120 kilomètres. fx>ramrDt Polybc doundît déjà de la formation de ces cordons ' la for*m" i!i^ "^ Httoraux UDC explication semblable, quant au fond, de ces drrniers. ft ccUc quc Pougct a douuée dans le Journal de physique de la formation des plages du Languedoc.' Le Delta du Danube, comparé à ceux du Rhône et du Pô, présente une superficie plus grande et à peu près proportionnée à l'étendue de son bassin. Il rappelle les deux autres par une foule de circonstances, et ces différents Deltas ressemblent à plusieurs égards au sol de la Hollande; ainsi on peut dire qu'en arrivant à la mer, tous les grands fleuveis qui lui portent les eaux des Alpes, produisent des effets analogues.

1. Pol^be, Ub, IV, cap. 41 , cilé par M. de Hoff; t. L'% p. 227.

Bouches du NiL

Je vais passer à un fleuve d une origine toute dif- Le nom de nu férente, mais qui n'en est pas moins intéressant ^ou'eM!! w sous une foule de rapports, et particulièrement par son delta : je yeux parler du Nil, qui est un des Beuves les plus remarquables par les matières terreuses qu'il dépose. Son nom en est même dérivé ; Nilus, en grec NsîXoff vient de v&ccv /AÙv, qui signifie noui^eau limon, limon déposé nouvellement.

Tout le monde sait quen effet le Nil se répand Le wi de rÉgypi tous les ans sur la surface de l'Egypte, fertilise le présTntdum. sol , y produit même le sol. La terre végétale s'y accroît tous les ans par un nouveau dépôt de limon. Lies prêtres égyptiens faisaient allusion à cette circonstance, en disant que le sol de l'Egypte était un présent du NiL

Cela doit s'entendre uniquement de la vallée du structure généra Tîîl, qui est à la vérité la seule partie cultivable et ^* *^'*'** liabitable de l'Egypte. De part et d'autre se trouvent des montagnes stériles, et les sables du désert viennent jusqu'à ces montagnes et jusqu'aux bords de la terre cultivable, sur laquelle ils empiètent même fréquemment.

Le Nil prend naissance dans des contrées encore inconnues. Avant d'atteindre l'Egypte, il traverse TAbyssinie et la Nubie. I/Egypte proprement dite commence à Phjlœ, un peu au-dessus d'Asuan (l'ancienne Sfèné), Le Nil s'y précipite par des cataractes, qui sont devenues célèbres dès la plus baute antiquité. Le fond plat de la vallée n'a qu'une largeur peu considérable, qui est rarement de plus de 20

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Mu li. .^ii. Lîlomètres, et quelquefois seulement de moitié. Ce n est que dans sa partie inférieure que la vallée sVlargit considérablement, et cette partie inférieure est ce qn on appelle le Delta, Ce nom de delta , qu'on emploie maintenant d'une manière générale pour désigner les terrains plats compris entre les ramifications que présentent certaines rivières vers lems embouchures, a même été imaginé pour l'Egypte, en raison de la forme triangulaire de cette partie, qui rappelle celle de la lettre grecque A. BcKo.p L'Eg>'pte a été visitée, depuis un demi-siède snr-

^^\^^l tout, par un grand nombre de savants, parmi k»- Etpédition quels figurent au premier rang ceux qui firent partie fr.oç«i.e,eo,7î,8 Jc Tcxpéditiou française en 1798, et dans les trois

années suivantes. La Description de l'Égjrpte, ïésultat de cette grande entreprise, renferme ne foule d'observations importante, relatives à la géologie. Ces observations ont été faites sous l'inspiration de Dolomieu, qui cependant n'y prit part que pendant peu de temps.

laflanire Qqi illustrc géologuc s'ftait occupé antérieure-

den<»luniiru»nr]a il i ii trr*

partie f;<<»iogique mcot dc recherches sur le sol de 1 Egypte, et ^ avait fait l'objet d'un mémoire très-^ét^ndu qui KiM paru dans le Journal de physique en lygSyà nii6 époque où sans doute il ne s'attendait pas à mettre jamais le pied sur la terre des Pharaons; mais lorsqu'au printemps de Tannée 1798 il fut question dans Paris d'une entreprise, qui serait à la fois militaire et scieQtifîque, Dolomieu s'y associa. Il ne put refuser de se joindre aux autres savants qui devaient accompagner, dans son expédition mystérieuse, le général Bonaparte, leur confrère à l'Institut. Il S4^-

t\f. «e» travaof.

barqua à Toulon avec toute l'armée expéditionnaire au mois de mai 1798; et lorsqu'on apprit qu'on se dirigeait vers l'Egypte, il en manifesta d abord une grande satisfaction ; mais la campagne ayant débuté par la prise de Malte, Dolomieu craignit de passer pour un traître dans Tordre dé Malte, dont il était commandeur. Dès lors il cessa moralement d'appartenir à l'expédition, et il ne songea qu'à s'en séparer le^ plus tôt possible : ce qu'il fit, en effet, peu de tempis après qu'on eut pris possession de l'Egypte. Mais les ingénieurs des mines attachés à l'entreprise, MM. Cordier et de Rozière, étaient ses élèves, et les jeunes ingénieurs des ponts et chaussées qui accompagnaient également l'armée d'Orient, MM. Girard, Jollois, du Bois- Aymé, Fèvre, Lancret et de Chabrol de Volvic, n'étaient pas moins fiers de suivre les leçons d'un tel maître. Il est donc naturel que les résultats géologiques obtenus par nos savants pendant l'expédition de l'armée française en Egypte, soient empreints dans leur ensemble du génie de Dolomieu. Toutefois les lieutenants, pleins de zèle et de savoir, auxquels il abandonna ainsi à Timproviste la tâche dont il s'était chargé , ont donné une garantie de leur consciencieuse exactitude, en rectifiant sur plusieurs points essentiels les idées premières du maître, telles qu'il les avait consignées dans son Mémoire de 1 793.

' Depuis l'expédition française, plusieurs des sa- vojages vants qui ont visité l'Egypte, ont encore enrichi ?<»•*<"«»"• la science d'observations importantes pour la géologie : j'aurai surtout à vous citer celles de MM. Wil- ^inson et Russegger , et de M. le duc de Raguse.

if

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Mais, pour vous donner une idée claire et précise des paFties de l'Egypte qui doivent fixer notre attention , je n'aurai besoin que d'extraire qndques passages du Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Egypte pendant l'expédition de l'armée française. Voici d'abord, quant à la forme générale de la basse Egypte, comment s'exprime un des savants qui ont commencé leur carrièi^ sous les drapeaux de l'armée d'Orient, M. Girard , que l'Académie des sciences a compté long^ temps parmi ses membres, et qui, depuis son retour d'Egypte , a établi près de Paris le canal de l'Ourcq, à l'occasion duquel il a: enrichi l'hydraulique de plusieurs remarques intéressantes.

La vallée du Nil, depuis les cataractes jusqu'au

Caire, est bordée, à l'ouest et à l'est , par deux chaînes

de montagnes, la chaîne libyque et la chaîne arar-

Goncgorâtion de biquc. Près du Cairc , «au delà du cap où sont

â B.Me- Egypte, j^^jj^g ]gg grandcs pyramides, la montagne libyque

qui, jusque là, se dirige du midi au nord, se retourne au nord-ouest, tandis que la montagne arabique , désignée sous le nom de Moquitarriy cest-àdire montagne taillée, à cause sans doute de la face abrupte qu'elle présente presque partout, se tourne carrément à Test... . Ainsi les directions de ces deux chaînes de montagnes forment entre elles, à partir (le ce point, un angle d'environ 140 d^rés et comprennent une vaste baie , au milieu de laquelle s'étend jusqu'à la mer Méditerranée la portion de l'Egypte appelée le Delta.,,, Le terrain susceptible* de culture n'atteint pas le pied des montagnes qui ont été les côtes primitives de cette baie : il en est

séparé , à l'ouest , par un espace inculte que les sables, transportés de l'intérieur de la Libye, ont envahi depuis longtemps et continuent d'envahir, et, à l'est, par une partie de la plaine déserte de l'isthme de Suez. ** *

Le désert entre le Ddta et l'isthme de Suez n'est pas formé de sable mouvant, mais présente un terrain solide, composé de sable et de gravier 2. C'est la partie de l'Egypte qui a le plus de rapport avec la Crau.

Cette vaste plaine de la basse Egypte, dont la figure 2, pi. VIII, représente la conûguration générale actuelle, a, dans son ensemble « une forme à peu près triangulaire : elle est «traversée, du midi au nord par le Nil, qui se bifurque vers le sommet du triangle : elle est sillonnée dans tous les sens par une multitude de canaux, qui tous tirent leur origine du fleuve 5 et leurs eaux, avant de se rendre à la mer, entretiennent derrière la crête sablonneuse qui en forme la côte (le cordon littoral), une suite de lacs et de marécages. ^*^ On peut le voir avec tous les détails désirables sur les cartes magnifiques levées en Egypte pendant l'expédition de l'armée française, et publiées au dépôt de la guerre par le colonel Jacquotin.

1. Girard , Observations sur la vallée d'Egypte et sur l'exhaus- .sèment séculaire du sol qui la recouvre. — Description de FE^pte, oa Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en £g;ypte pendant l'expédition de l'armée française. — . Histoire qatorelle; tome U^ page 547.

2. Russegger^ Reisen in Europa, Asien und Afrika; tome 1.*% page 261.

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