‹ Leçons de géologie pratiqueChapitre 9 sur 153 · Ampère, Essai sur la philosophie des sciences · texte numérisé non relu

Ampère, Essai sur la philosophie des sciences

utilité.

et mines en offre

DE LA GÉOLOGIE. Sg

Au reste, ce groupement des faits analogues n'a f»«i» groupé

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pas toujours eu besoin d être provoque par des idées auprès ie«r seuie systématiques. Souvent il a précédé toute conception théorique, et il est résulté tout simplement de circonstances relatives à diverses industries, qui ont conduit à rapprocher les faits géologiques les uns des autres, à les réunir par groupes naturels, presque machinalement et d'après l'emploi qu'on faisait de leur connaissance. Ainsi , l'exploitation des mines i^vn d

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a conduit depuis très-longtemps et pour un grand un exempte nombre de faits à les associer entre eux. Ces groupes de faits sont connus de temps immémorial de ceux qui exploitent les mines , et l'art de diriger matériellement les travaux des mines, ce qu'on pourrait appeler le pilottage souterrain, n'est réellement que la combinaison de la géométrie avec ces résultats d'une expérience séculaire.

L'art de trouver les métaux, et même celui de les travailler, ont subi dans le cours des siècles bien moins de changements que la science pure; la science en ce qui concerne les mines et les fourneaux n'est, à beaucoup d'égards, que la pratique élaborée; ce sont surtout les explications scientifiques qui ont changé. Depuis longtemps les mineurs faisaient à peu près ce qu'ils font aujourd'hui; seulement ils le faisaient sans s'expliquer pourquoi , et par conséquent moins à propos qu'ils ne sont dans le cas de le faire aujourd'hui.

Uarl des mines est postérieur aux premières exploitations, de même que Vart nautique est postérieur aux premiers voyages maritimes. L'un et l'autre se sont formés par une série de comparaisons,

de déductions et demprunts faits discrètement à diverses branches des sciences.

Il est plus long de se pénétrer des règles pratiques par une longue expérience que de les apprendre méthodiquement^ on peut apprendre aujourd'hui en quelques mois ce qu'on ne parvenait à savoir autrefois par routine qu'à la fin de sa carrière, parce qu'on ne faisait qu'entasser un grand nombre de faits sans les analyser. Aujourd'hui on essaye deles comprendre, ou du moins de les associer méthodiquement , et cette partie intelligente de l'art des mines est devenue l'une des sources et des bases les plus solides des connaissances géologiques. Géologie Les indications que la géologie peut fournir aux

•ppï»q«<'- mineurs en sont la partie applicative. Rien n'empêche de considérer la science par ce côté d utilité matérielle , et d'exposer directement et méthodiquement les indications qu'elle fournit à l'art des mines : c'est là ce qu'on appelle la géologie appliquée, dont il existe d'excellents traités. Utilité Ces applications ont pour la géologie l'immense

^"' «'te'ure.'^"" avautagc de soumettre ses conclusions à l'épreuve de la pratique; mais cette science a tiré un avantage plus grand encore de son contact avec les exploitants , en s'assimilant cette foule de notions positives, dont sont convaincus tous les hommes pratiques qui dirigent les mines, les carrières et autres excavations. La plupart de ces praticiens ne s'occupent pas spécialement de géologie, et ont même contracté une sorte de dédain pour les spéculations des géologues par l'habitude de vivre au milieu de faits de détail qu'elles n'expliquent pas complète-

méat. Il n'est pas rare de les entendre se vanter de scepiicisme ne pas croire a la géologie : prétention qui montre expioiunts. seulement que la science ne leur a pas été présentée sous son véritable jour. Ils ne savent pas que les notions pratiques, dont ils ont acquis la conviction par expérience, sont des matériaux que la science recherche avec empressement pour en construire les fondements de son édifice , et qu'après s'être montrés eux-mêmes très-bons géologues comme observateurs, ils ne font, dans leur scepticisme, que se piquer de n'avoir pas su poursuivre les déductions les plus naturelles de leurs propres observations.

On a vu plus d'une fois des officiers de santé, et même des médecins, se vanter de ne pas croire à la médecine, et trouver, dans ce langage dubitatif, un élément de succès auprès de certains malades. Beaucoup de directeurs de mines, souvent très-habiles et très-instruits, se sont trouvés dans une position analogue vis-à-vis de leurs actionnaires. Mais, de même qu'on ne voit pas de médecins se vanter de ne pas savoir l'anatomie, on ne voit pas non plus de directeurs de mines annoncer à leurs actionnaires qu'ils n'ont pas encore débrouillé l'agencement des masses minérales qu'ils sont chargés d'exploiter. Ils n'en trouveraient pas d'assez simples pour voir, dans l'ignorance des faits aussi matériels, une chance de bonne direction.

Ici apparaît une classification des notions géolo- onie retrouve

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giques dans 1 ordre de leur utilité pratique , qui de Toyageurs. n'est pas moins applicable au géologue observateur qu'à l'exploitant. Pour ce dernier la constatation des faits matériels a naturellement le pas sur toute

espèce d'hypothèse et même de déduction. Ce qui est une nécessité pour lui, doit être une loi pour le voyageur. L'esprit sceptique d'un grand nombre d'exploitants a été aussi celui de beaucoup de voyageurs, auxquels il n'a pas été plus nuisible qu'aux L'art de dikouTrir prcmicrs. L'art d'exploiter la surface du globe dans faiu Btoiogiquei Pî^térêt dc la géologie a, en effet, beaucoup de rapreMembie pQrts avcc cclui d'cxpIoiter les mines. Il a pour objet d'enrichir la science de faits nouveaux, et il procède de son côté d'après la connaissance des circonstances qui ont conduit à reconnaître les faits déjà constatés. Il y a, qu'on me passe l'expression , des filons de faits curieux dont on peut poursuivre l'exploitation sur toute la surface du globe en se laissant guider simplement par leurs connexions. L'homme le plus capable de le £siire dans un point donné est celui qui possède le mieux les obeervations faites ailleurs, qui les possède tne» thodiquement, par groupes naturels , et qui, à la première vue d'un fait, peut y reconnaître une co/ifirmation^ une différence y ou le comblement d!une lacune.

Art d'ob.erver Euseigucr V Qrt d'obsen^r en géologie j ce serait donc tout simplement présenter les faits géologiques par groupes naturels, en mettant bien en évidence les pierres d'attente et les lacunes; puisque c'est beaucoup moins d'après la connaissance des théories que d'après la connaissance des groupes naturels de faits qui existent dans la science, et d'après celle des lacunes et des possibilités d'accroissement que les groupes naturels de faits peuvent présenter, que le géologue observateur peut se diriger avec

«■n géol<^ie.

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sûreté et espoir de succès. Ainsi, d'api'ès le but que comment on peut

• T» ii»i i*.**l^ enseigner.

je Youdrais essayer d atteindre, mon objet principal devra être de vous présenter les faits connus par familles de la manière la plus propre à éclairer l'observateur qui va dans un pays nouveau, qui même, allant dans un pays en partie connu, veut sy livrer aux observations nouvelles qui peuvent encore y rester à faire. Il est surtout nécessaire aux explorateurs de bien connaître l'esprit des obser* vatioqs à faire relativement à cbaque groupe naturel de fisiits, le point délicat des observations dans chaque cas.

De Saussure a eu un sentiment aussi juste que Agt,ida profond de cette vérité, lorsqu'en écrivant \ Agenda du géologue > il a dit que pav là il avait eu le désir de placer les voyageurs, et surtout les jeunes gens qui commençaient, au même point où il était arrivé par trente- six ans d'études et de voyages. Le titre modeste de cet ouvrage ne lui enlève rien de son importance , que le nom illustre de son auteur relève d'ailleurs suffisamment; il présente le recueil méthodique de toutes les questions que le géologue, le météorologiste et le physicien peuvent se faire dans leurs voyages dans les difierentes parties du globe.

1. Ageftda on Tableau général des observations et des recherches dont les résultats doivent servir de base à la théorie de la terre. Cet agenda a été inséré à la fin du 4.^ volume desYojages dans les Alpes. M. de Saussure l'avait envoyé d'abord au conseil des mines ^ pour être imprimé dans son journal ^ il a paru, en effet, pour la première fbis dans le journal des mines, tome IV, n.** XX, page 1.'* (floréal an IV— 1796).

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