De Rozière, loc. cit,, pîige 4T
suivant lei taiioii
que, c( dans les endroits tion cultivés, des crevasses profondes occasionnées par le dessèchement du terrain après l'inondation , rendraient la marche fort difficile pour d'autres chevaux que ceux du pays. " *
Pendant l'inondation, qui a lieu tous les ans en ÉtatdrUsurfâ été, la vallée du Nil et le Delta sont couverts par les eaux. On a été obligé, dès l'époque des anciens Egyptiens, d'établir des proéminences, sur lesquelles W; villages ont été bâtis : ce sont là> les buttes arti* fioielles dont nous venons de parler. C'est, comme vous lavez vu, un expédient que les Bataves, qui ne connaissaient pas les Egyptiens , ont imaginé de leur côté. Quand les crues sont plus fortes que d'ordinaire, c'est un désastre pour l'Egypte, parce cpneles villages sont inondés; il en résulte en outre, que les eaux étant trop longtemps à s'écouler, on se peut ensem.encer les terres à l'époque convenable.
Âmrou, le sauvage lieutenant d'Omar, écrivait aio: calife après la conquête de l'Egypte, que ce pays présentait successivement l'image d'un champ dei poussière y d'une mer d'eau douce , et à'xm parterre ^Jkurs^ En effet, « dans le Delta , les champs offrent trois tableaux différents, suivant les trois saisons de l'année égyptienne. Dès le milieu du printemps, les récoltes, déjà enlevées, ne laissent voir qu'une terre grise et poudreuse, si profondément crevasisée qu'on oserait à peine la parcourir. A l'équinoxe d'automne , c'est une immense nappe d'eau rouge ou jaunâtre, du sein de laquelle sortent des palmiers, des villages et des digues étroites qui servent de communica-
i. Du Bois-Ajmé et Jollois^ loc, cit., page 112.
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1.^ cboMsi se potMaient li^ aiofi dsuv famliquUfc « IMoi la labofk o«i ont Ben les Alwilrmeni» du ^lil, dit Héïïfjdoie^ oo napcrçMt plos cii^irpie«pe le» f jlle» et 1» TÎIla^, qoî paraiwmt an-dcsiB da eam comiDe de» ik» de la mer Egée; cm ne navigM plu» alon MIT les dÎTen bras da 3ïil, mais sur la diflV'Tents canaux dont les campagnes sont oonfcai*' #:«^*«^ A^i» Au Caire, la crue du 3îil est mojennement de 7 à UfL^0^0r>fti^H mètres; dans la partie sapérieare du Delta die "** ^"^*^ est d/rjâ si;risiblenient moindre A lancienne prôe dc'au du canal d'Alexandrie, prés de RamanjdK,h difrérence des hautes eaux aux basses eaux est de 4 mètres seulement, année commune^; ainsi (pe Tont constaté deux des ingénieurs les plus distîiigia« de lexpédition d'Egypte, M. Lancret, qui devait ctre ravi aux sciences par une mort prématorée, et M. de Chabrol de yolvic, qui depuis lors a été successivement préfet des départements de Monte» nottc et de la Seine, et qui a si puissamment coutrihué aux améliorations matérielles qu'a reçues la ville de Paris. Comme le Nil se répand là sur 00 trrs-grand espace, la même quantité d'eau ne prc^ duii qu'une élévation beaucoup moindre. A Rosette
1. I)n Roy/irrc , loc. cit., page 447. *2. (rit'nnl • ioc, cit. , page 366.
3. JjiinotYl cl Cilinbrol , Mémoire sur le canal d'Alexandrie. — Dmoriptioti de rF.|(ypU* : Ktnl moderne; tome II , page i^*}-
et à Damiette le voisinage de la mer vient encore opposer un nouvel obstacle à Félévation des eaux qui y trouvent un écoulement facile , et la crue ordinaire nest que de deux coudées ou ij^oS. Elle y est, au reste, dans une dépendance journalière de l'élévation des eaux de la mer, dont le niveau varie avec la direction du vent et dans celle du vent luimême. Les vents du nord ont une grande influence sur Tinondation d une grande partie du Delta pendant la crue du Nil, parce qu'ils font refluer et gonfler l'eau du fleuve, qui n'a qu'une pente extrêmement faible. ^
« Le sol du Delta est formé par les alluvions du Limon du nu. Nil, qui, dans sa crue périodique, le recouvre chaque année d'une nouvelle couche de limon. Ces dépots terreux sont très-propres à la fabrication des briques. On en fait beaucoup à Rosette, qu'on transporte à Alexandrie. Les maisons de Damiette sont en briques. Il y a aussi dans cette ville et dans toute la Basse-Egypte beaucoup de buttes en terre, parce que le limon du Nil est propre à faire une espèce de pisé.
Le limon du Nil, lorsqu'il est sec, prend une consistance très-ferme et presque pierreuse. Sa cassure est terreuse, à grain fin; sa couleur est brune (terre d'Egypte); il fait légèrement effervescence avec les acides et se désagrège dans l'eau. Il a l'aspect d une terre fine argilo-ferrugineuse, happe très-légèrement à la langue et a un toucher doux et un peu savon-
1. J. Russeggcr, Reisen in Europa, Asien und Afrika; tome I.*"", page 258.
Se» propriaëi iicux. Prcssé colFe les doigts, il se réduit facilemeat p»«y«qn« çjj poussière , et quand on en plonge des morceaux dans l'estu à la température ordinaire, il se délite bientôt en augmentant un peu de volume, et se transforme en une bouillie épaisse, qui, après avoir été égouttée de Texcédant d'eau interposé entre ses molécules, offre la plasticité de largile, se pétrit entre les doigts, et prend de la dureté par raction du feu.
D'après M. Lassaigne, ce limon, quoique sec eo apparence, étant desséché à loo"" pendant trois heures, perd 8,5 pour cent de son poids d'eau.
Sa pesanteur spécifique, après cette dessiccation,' est de 2,585.
ia compoiiiion. D'après l'analysc que M. Lassaigne en a fiut, ce même limon , desséché à i oo^ est composé de
Silice 42?5o
Alumine 349^^
Peroxide de fer i5,65
Carbonate de chaux 5,85
Carbonate de majgnésie 1,20
Magnésie i,o5
Acide ulmique et matière organique azotée 2,80
Eau 10,70
Il a, par conséquent, pour base un silicate d'alu* mine composé, à peu de choses près, de 2 atomes de silice et 1 d'alumine.
La présence de l'acide ulmique et d'une matière organique azotée explique en partie ses avantages
comme engrais, qui résultent aussi de ce qu'il agit en amendant la constitution sablonneuse du sol. '
Le sol superficiel du Delta, de même que celui du fond plat de la vallée du Nil dans toute TEgypte, est formé par l'accumulation des dépôts successifs du limon du fleuye, mêlés à la poussière transportée par le vent ; car en Egypte k terre végétale doit son origine, ainsi que nous l'avons déjà dit, à ces deux causes réunies, mais surtout à la première.
Le Nil élève chaque année par le dépôt de son l« limon les terrains sur lesquels il déborde, et, dans ^^Itilntiêri! la plus grande partie de l'Egypte, l'élévation devient très- sensible au bout d'un certain temps.
Les canaux établis de main d'homme ne servent pas seulement à l'irrigation , mais aussi à répandre le limon du Nil sur des terrains qu'ils ne semblaient pas destinés à atteindre. L'eau du canal Mahmoudieh , qui fournit des eaux potables à la ville d'Alexandrie, sert en même temps à ce double usage, et elle a permis de conquérir sur le désert quelques portions de terrain qui sont aujourd'hui cultivables.
Les sables du désert tendent à empiéter sur les limons du Nil ; mais les limons du Nil en recouvrent d'autres parties, et, en somme totale, ces derniers ont gagné sur les sables plus que les sables n'ont * gagné sur eux. C'est même en s'étendant ainsi sur les sables des déserts riverains que les dépôts du
1. J. L. Lassaigne^ Nouvelles recherches syr la composition du limon du Nil (Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences.]; tome XVIII, page 787.
4'JIO BOUCHES
Nil ont donné à la plaine fertile de la Basse-Egyple la vaste étendue qu elle présente aujourd'hui ; Dolomieu l'a clairement expliqué dans le passage suivant de son Mémoire de 1 795.
Formatina ^^1\ me paraît donc certain, disait-il, que les dons ù^»pt^ ^l'Ilieu. àu fleuve se sont bornés à remplir l'intervalle entre les collines de la Libye et cette plaine de sable qui, relevant un peu de l'ouest à l'est, se prolonge jusqu'aux montagnes de la Syrie, jusqu'aux déserts pieiTCux de l'Arabie et jusqu'aux stériles rivages de la mer Rouge. Les dépôts du Nil ont aussi enseyeli sous imc couche de limon, la portion du sol sablonneux qui, par ime pente insensible, venait se terminer dans les eaux du golfe; laquelle couche a dû être d'autant moins épaisse, qu'elle s'approche plus des limites où elle cesse de s'étendre. Une observation vient à l'appui de mon opinion : lorsqu'on creuse des puits au pied de la montagne arabique à l'est du Caire, on perce d'abord une couche de limon noir, épaisse de plusieurs pieds, au-dessous de laquelle on ne trouve plus que du sable plus ou moins gros, qui par sa position prouve bien évidemment son antériorité sur les dépôts du Nil; mais en descendant vers le nord et en approchant du fleuve, la couche de limon acquiert une épaisseur que bientôt ceux qui creusent les puits n'outrepassent plus, et- qui n'est interrompue que patr quelques couches très-minces de sable blanc.'** D'après M. Wilkinson^, le Nil a élevé le terrai^
1. Dolomieu; Mémoire sur la conslitulion plijsique de l*Egypt^ — Journal de plijsique; lome XLU^ page 60 (1793).