PROCÉDÉS OPÉRATOIRES
Nous allons maintenant passer en revue les principaux procédés opératoires préconisés par les auteurs pour la pratique de la fécondation artificielle. Nous ne ferons connaître, parmi les nombreuses méthodes qui ont été proposées, que celles qui
sont comi)atil)lcs avec la dignité du médecin et la pudeur légitime de la femme.
Procédé de Marion Sims. — Il consiste à faire une injection de sperme dans la cavité utérine au moyen d'une seringue à injection en verre, analogue à la seringue de Pravaz, et terminée par un tube de verre parfaitement arrondi à la lampe, afin de ne pas blesser la muqueuse. Ce tube, qui offre une courbure analogue à celle de l'hystéromètre de Huguier, est muni d'un fil placé à trois centimètres de son extrémité utérine ; ce fil, que l'on peut percevoir facilement par le toucher,, permet à l'opérateur de ne pas pousser l'introduction du tube au-delà de ce point.
La seringue est alors plongée dans de l'eau chaude à 36 ou 37 degrés centigrades et maintenue à cette température jusqu'au moment de l'opération. La sonde de verre est alors introduite dans le vagin et laissée dans cet organe environ une minute, de façon à la mettre en équilibre de température avec ce conduit. Cette précaution une fois prise, on aspire le sperme préalablement déposé dans le vagin par le coït, puis l'extrémité du tube guidée au moyen de l'indicateur gauche, placé au contact du col, est introduite dans cet organe. On fait pénétrer le tube jusqu'à ce que le fil dont il est recouvert arrive au niveau de l'orifice externe du museau de tanche, puis on pousse le piston très doucement de façon à injecter une goutte au plus de la liqueur spermatique. La graduation de la tige du piston permet de calculer exactement la quantité de sperme qui doit être injectée. On maintient le tube en place pendant dix à quinze secondes. La femme doit conserver le décubitus dorsal pendant deux ou trois heures.
Sims attachait la plus grande importaace à la quantité de sperme injectée dans l'utérus. Cette quantité ne devait pas dépasser une goutte ; nous pensons que ce point n'a pas une aussi grande importance. Sans doute, il ne faut pas injecter une trop grande quantité de liqueur spermatique dans l'utérus afin de ne pas provoquer des contractions de l'organe ; mais
on peut sans inconvénients introduire deux ou trois gouttes.
Procédé de Courty. — Il no diffôre guère du précédent que par le moyen dont on doit se procurer le sperme. Voici comment Courty décrit son procédé. « On revêtira le membre viril d'un condom en ayant soin de ne pas en appliquer complètement le cœcura sur le gland. Le coït étant terminé, le produit de l'éjaculation restera dans ce cœcum ; par un coup de ciseaux, donné à la baudruche, on l'en fera sortir et on le recueillera dans une petite seringue de verre préalablement chauffée (en la tenant plongée depuis quelques minutes dans de l'eau à 40") et munie d'une sonde utérine métallique ou élastique, à l'aide de laquelle il sera facile de le faire pénétrer dans la cavité utérine avec les plus grands ménagements. On prescrira à la femme le repos complet pendant une journée, n
Procédé de Pajot. ~ Dans le procédé du professeur Pajot, l'injection du sperme est pratiquée au moyen d'un instrument spécial, qu'on désigne sous le nom de fécondateur et qui est formé de deux valves métalliques qui glissent l'une sur l'autre de façon à former un tube dans lequel glisse un piston.
Rendez-vous ayant été pris avec le mari, en général pour le matin, on recommande à celui-ci de pratiquer le coït quelques minutes avant l'heure convenue. Le médecin, après avoir fait placer la femme sur son lit, introduit dans le vagin le petit instrument dont nous venons de parler, fait glisser l'une des valves afm de transformer l'appareil- en une véritable cuvette au moyen de laquelle on recueille le sperme déposé dans le vagin. L'appareil une fois en équilibre de température avec le conduit vaginal, on ferme l'appareil en faisant glisser de nouveau la valve au moyen du pouce appliqué sur le manche. . On introduit alors l'indicateur delà main gauche dans le vagin jusqu'au contact du museau de tanche et l'on lait pénétrer le tube à 2 ou 3 centimètres dans l'intérieur du col. A ce moment le pouce de la main qui tient le manche du fécondateur presse sur le manche et fait mouvoir le piston. Le sper-
me une fois projeté dans la cavité utérine, on laisse le tube en place une ou deux minutes, puis on enlève l'appareil, lia femme reste ensuite au lit pendant plusieurs heures.
Combien défais doit-on tenter la fécondation artificielle ? — Nous avons déjà dit qu'il était préférable de pratiquer l'injection spermalique intra-utérine pendant les trois ou quatre jours qui précèdent les règles ; si l'apparition de la menstruation indique un insuccès, on recommencera l'opération pendant la semaine qui suit. On pourra ainsi renouveler les tentatives pendant cinq ou six époques menstruelles ; mais si l'on n'a pas obtenu de résultat au bout de ce temps, il nous parait inutile de faire de nouveaux essais.
Procédés divers. Nous ne décrirons pas plus longuement les divers procédés qui ont été préconisés parles auteurs pour lafécondation artificielle. Quiconque a l'habitude du calhétérisme utérin peut pratiquer cette opération dont le manuel opératoire consiste à introduire du sperme dans un utérus convenablement dilaté en se rapprochant le plus possible des conditions physiologiques. Cependant, comme le plus petit détail omis peut faire manquer le succès d'une opération à laquelle les intéressés n'aiment pas à se prêter plusieurs fois, nous allons faire connaître le procédé que nous avons adopté déflnitiveraent après une longue pratique de cette opération.
Traitement préparatoire. — Nous avons dit que cette opération ne doit être appliquée que lorsque l'état des organes génitaux aura été reconnu de nature à permettre la conception. La malade devra donc subir les traitements nécessaires avant qu'il puisse être question de la fécondation artificielle.
Le point le plus important est relatif à Vétat du canal cervical. L'opérateur devra avant tout s'assurer de la perméabilité de ce canal. Il devra, pendant les quelques semaines qui précèdent l'opération, s'exercer pour ainsi dire à la pratique du cathétérisme utérin chez la femme qu'il doit opérer, de façon à
être absolument familiarisé avec la direction et le calibre du canal. Il importe, en effet, que pas une minute ne soit perdue au moment de l'opération, et les tâtonnements inévitables lors d'un premier cathétérisme d'un canal dont on ignore la direction seraient de nature à en compromettre le résultat.
Injections préalables. — Ce que nous avons dit à propos de l'action chimique de certaines substances sur les spermatozoïdes trouve son application à propos de la fécondation artificielle. Il faut avant tout éviter l'acidité des sécrétions vaginales. L'aspiration avec la seringue du liquide spermatique déposé dans le vagin est de nature à entraîner également des mucosités acides dont l'effet est la destruction immédiate des agents reproducteurs. On conçoit donc l'importance du traitement préalable qui consiste à alcaliniscr le vagin.
Nous conseillons de faire pratiquer à la femme des injections alcalines. Nous employons de préférence une solution d'azotate de potasse au millième pour une injection qui sera faite matin et soir pendant plusieurs jours avant l'opération.
Voici maintenant comment nous procédons :
Rendez-vous est pris avec les intéressés, le soir de préférence, rendez-vous qui coïncide avec l'heure à laquelle le coït devra être pratiqué.
Nous n'avons aucune indication spéciale à fournir sur la façon dont ce coït devra être pratiqué. Nous dirons seulement que le mari devra y être préparé par une abstinence prolongée non seulement pour fournir du sperme de bonne qualité, mais encore pour ne pas s'exposer à rester à court. Il nous est arrivé plusieurs fois de ne pouvoir pratiquer l'opération par l'impuissance du mari qui n'a pu pratiquer le coït à l'heure indiquée.
Aussitôt le coïtterminé, le médecin est introduit. Am lieu de recueillir à l'aveuglette le sperme déposé dans le vagin selon les méthodes de Simset de Pajotetde pratiquer le cathétérisme par tâtonnements, nous préférons le procédé plus simple que
nousdésigiions volontiers sous le nom de procédé des maladroits. Si ropcmlion ainsi praliquéc est moins brillante, elle nous paraît plus sùrc et de nature à être exécutée par tous les praticiens, môme par ceux qu'une longue expérience n'a pas encore exercés à lapratique du cathôtérisme utérin sans spéculum. Ces remarques nous paraissent d'autant plus nécessaires qu'il s'agit, dans l'espôce, d'opérer rapidement, sans tâtonnements, et qu'un retard d'une minute peut compromettre le succès de l'opération.
- La femme est donc immédiatement placée sur le lit dans la position dorsale ordinaire de l'examen gynécologique. L'opérateur a soin de placer à l'avance dans un bassin contenant de l'eau à 40" un spéculum de Ferguson, une seringue intrautérine ordinaire, ou tout simplement une sonde intra-utérine munie d'une poire en caoutchouc. (^Fig. 173).
Nous préférons le spéculum de Ferguson, parce que son introduction, en frottant les parois, recueille tout le sperme déposé dans le vagin et l'accumule à l'entrée du col. On recueille alors quelques gouttes de sperme qu'on introduit dans l'u-
Fig. 173. — B'écondation artificielle.
téi-us. Cette introduction doit ôti-e faite aussi haut .que possible dans la cavité utérine, sans blesser la muqueuse, la plus petite hémorrhagie étant de nature à connpromettre le succès de l'opération.
Un tampon d'ouate est alors appliqué sur le col et l'opéra-' tion est terminée.
La femme doit garder le repos pendaiit plusieurs heures après l'opération. Le tampon sera retiré au bout de dix heures.
Résultats de l'opération. Statistique. — J'ai pratiqué la fécondation artificielle dans 21 cas. Les succès obtenus ont été bien rares, mais ils soat cependant de nature à démontrer que cette opération, lorsqu'elle est appliquée sur des sujets placés dans des conditions convenables, peut donner quelques résultats.
Sur 26 cas se rapportant à des femmes âgées de 27 à 39 ans j'ai obtenu :
Insuccès complet 22 cas.
Succès relatif (conception donnant lieu à des avortements de 15 joursàS mois) 2 cas.
Succès complet (conception suivie d'accouchement à terme) 2 cas.
26 cas.
Je ne fais pas entrer dans cette statistique un cas où j'ai pratiqué avec succès la fécondation sur une femme dont le mari était hypospade. Cette opératian est absolument indiquée chaque fois que l'hypospadias prononcée du pénis apporte un obstacle à l'éjaculation du sperme dans le vagin.
IL LE COÏT FiCO.NDANT. LE5 POSTURES PENDANT LE COÏT.
Il nous a paru utile de terminer ces leçons par quelques considérations sur le coït dans ses rapports avec la fécondation.
Si le coït, qui est le plus souvent un acte impétueux s'accomplissant sous l'influence d'une impulsion instinctive et non raisonnée, sufflt généralement pour assurer la fécondation, il peut se présenter des cas où le médecin doit rechercher les conditions dans lesquelles il a lieu, afin de fournir aux intéressés les données scientifiques qui leur manquent pour arriver au but final : la reproduction de l'espèce.
Ce n'est donc point là un simple intérêt de curiosité, mais une étude pratique basée sur la physiologie et sur la situation des organes génitaux de la femme qui, comme nous l'avons | vu plus haut, peut subir des modifications qui rendent difficile ! ou impossible la pénétration du sperme dans le canal cervical. •
Nous devons donc considérer le coït : ";
1° Dans ses rapports anatomiques,
2" Dans ses rapports physiologiques.
Le coït considéré dans ses rapports anatomiques.
Pour que la fécondation ait lien, il faut le contact matériel des agents. reproducteurs de l'homme et des produits sexuels de la femme. Ce contact ne peut avoir lieu d'une façon efficace que dans l'utérus.
Le coït fécondant doit donc avoir pour but la pénétration du sperme dans la cavité utérine. L'anatomie et la physiologie des organes sont d'accord pour démontrer que l'objectif de l'acte sexuel est de proye^er sur le col utérin le liquide éjaculé par le pénis en érection.
Le gynécologue consulté par une femme stérile doit donc avant tout s'assurer si le coït est pratiqué de façon à atteindre le but, si le pénis est dans les conditions voulues, si le col utérin est dans l'axe du vagin, s'il n'existe pas défausses routes vaginales et s'il n'est pas possible, par certaines postures ou attitudes adoptées pendant le coït, de placer les organes dans des rapports plus favorables à la fécondation.
Nous n'avons pas à étudier ici les causes qui produisent l'impuissance ches l'homme ; mais nous voudrioni; appeler
l'altention sur les états qui rendent iepénis impropre à déposer la semence à rorifice du col utérin.
Parmi ces états les plus importants sont Vêpispadias et Vhypospaclias. Cette dernière disposition surtout est extrêmement fréquente et reste souvent inconnue, soit parce que le mari ignore l'importance de cette anomalie, soit parce qu'il n'ose la faire connaître dans la crainte de révéler son impuissance.
Nous ne parlons pas ici de Vliypospadias périnéal qui donne à l'individu qui en est atteint l'apparence de l'hermaphrodisme, mais de l'ouverture de l'uréthre à une petite distance du gland.
J'ai été consulté il y a deux ans, par un ménage stérile. Après avoir examiné la femme qui ne présentait aucune cause d'infécondité, j'ai demandé à examiner le sperme du mari. Celui -ci se troubla et éveilla mes soupçons par sa confusion. Je lui donnai rendez-vous pour le surlendemain en le priant de m'apporter du sperme en lui recommandant de venir sans sa femme. Il se décida alors à se laisser examiner. Je ne fus pas surpris de rencontrer un léger degré d'hypospadias. L'uréthre s'ouvrait au tiers inférieur du pénis et c'était là une cause absolue de stérilité. Ce cas est intéressant parce que la femme avait, déjà subi plusieurs traitements qui eussent été évités si la cause de l'infécondité avait été recherchée et reconnue chez le mari. J'ai pratiqué dans ce cas la fécondation artificielle avec succès.
Je le répète, l'hypospadias est une affection qui est loin d'être rare et à laquelle le gynécologue doit penser. Dans ces cas le sperme, au lieu d'être dirigé sur le col est projeté au dehors de la vulve et vient s'écouler en bavant sur les testicules.
Nous n'avons pas à revenir ici sur les états qui placent l'orifice utérin hors de l'axe vaginal. Ces cas se rapportent aux déviations antérieures et postérieures qui ont été longuement étudiées dans les précédentes leçons. (Voyez page 398.)
On a beaucoup insisté avec raison sur ce que Pajot a décrit
sous le nom de fausses routes vaginales. Dans les déviations, dans la disposition conique du col et surtout dans l'allongement hypertrophique, le pénis pénètre dans un des culsde-sac vaginaux et le sperme au lieu d'ôlre projeté directement contre le col utérin se trouve déposé dans un de ces culs-desac où il ne tarde pas à être altéré par l'acidité des sécrétions vaginales. L'acte sexuel est généralement pratiqué d'une manière uniforme ; le pénis s'engage dans une de ces fausses directions qui s'accentue chaque jour davantage ; en somme, le coït devient infécond et ces causes d'infécondité augmentent avec le temps.
C'est pour ces diverses raisons qu'il importe au gynécologue d'étudier s'il n'est pas possible de remédier i\ ces conditions défectueuses par les/ios^ares employées pendant le coït. S'il n'est pas possible d'obtenir, en variant ces postures un rappro-
chement du gland pcnlen et du col utérin plus favorable à la fécondation .
Dans l'espèce humaine les rapports sexuels ont lieu lorsque la femme est dans le décubitus dorsal. Or on sait que la station verticale n'estdevcnue que peu à peu l'apanage de notre espèce. Les anthropoïdes ont les membres supérieurs plus longs que les nôtres ; ces membres leur servaient pour marcher et pour grimper.
Fig 175. — Positiou geiiu-pect jralo (Coiipc).
La transformation qui s'est opérée graduellement n'a pas cependant accommodé tous nos organes au redressement de la colonne vertébrale. L'utérus surtout a conservé une situation identique à celle qu'il occupe aujourd'hui chez le singe elles autres quadrupôdei. Il est normalement dans l'antéversion et forme avec le vagin un angle qui constitue une condition défavorable ù. la conception lorsque le coït est prati-
que selon le mode habituellement on usage dans notre espèce.
11 résulte de ces considérations que le coït pratiqué more canutn est plus favorable à la conception. Ce fait est non seulement démontré par la physiologie, mais il est confirmé par robscrvation clinique et par l'étude mécanique des rapports du gland et du col utérin pendant les rapports sexuels.
11 suffit de pratiquer le toucher vaginal ou d'appliquer une valve de Sims lorsque la femme est placée dans la position genu-pectorale pour se rendre compte de la facilité avec laquelle on atteint le col utérin.
Non seulement le col dans cette position est plus accessible au toucher et à la vue, mais il subit, par cette position même, des changements de situation qui font momentanément disparaître la rétroiïexion et les fausses routes vaginales qui en étaient la conséquence.
Nous recommandons donc aux maris dont les femmes sont stériles la pratique du coït more animalium.L'\itéms humain ne diffère en rien de l'utérus des animaux. Ce sont donc ces derniers qui doivent nous guider par la manière dont ils accomplissent le coït.
C'est surtout danslarêéroversion que ce mode de cohabitation peut donner des résultats. Les praticiens sont unanimes à le reconnaître.
Hegar commande non seulement de placer la femme dans la position genu-pectorale, le corps soulevé parles coudes et les genoux, mais il conseille, pour aider à la progression du sperme vers les parties profondes de l'appareil génital, de conserver quelques instants cette posture après l'acte tandis que le mari relève lentement la masse abdominale et la laisse retomber tout d'un coup.
Quelque répugnante que puisse paraître cette manœuvre, soyez persuadés qu'aucune patiente ne refusera de s'y soumettre tant est intense le désir de la maternité qui envahit les femmes stériles. Nous recommandons, comme plus pratique, le procédé qui consiste cà pratiquer le coït la femme étant as-
sise sur le mari, de cette façon les rapports du col utérin et du pénis sont les mêmes que dans la position précédente.
Le corps utérin retombe en avant et le col est très rapproché du pénis. Cette position a sur la précédente l'avantagée de ne pas fatiguer la femme, de permettre une copulation plus en rapport avec les usages. Il est certain que la position genupectorale est très pénible pour les femmes et qu'il est très difficile pour elles de la conserver longtemps post coltam en raison de la congestion de la tôte qui se trouve en contrebas.
Noël Gueneau de Mussy conseille au mari de pratiquer après le coït des manœuvres qui facilitent l'introduction du sperme dans l'utérus :
î Sed aud illicitum mihivisum est.si post diversa lentaraîna dicitius uxor infeconda manserit,ipsum maritum digitumpost coïtum in vaginam immitere, etita receptum semen uteri ostio admovere. Et cum ostiolo uteri hœret, ut in pervium canalem, spermatozoïdum motibus faventibus, prodeat sperare non absurdum ».
Ce moyen peut être recommandé, mais il faut à l'avance exercer le mari au toucher vaginal, ce qui demande un certain temps.
Pajot a conseillé aux femmes atteintes d'antéversion de conseroer leur urine le plus longtemps possible avant de pratiquer le coït ; s'il s'agit d'une rétroflexion il conseille de provoquer la constipation de façon à accumuler dans l'intestin une certaine quantité do matières qui redresseront l'utérus. Nous ne voyons aucun inconvénient à essayer ces procédés dont l'innocuité est plutcH démontrée que leur efficacité.
Nous en dirons autant du procédé qui consiste, chez les femmes atteintes de oe/'s^o/^s latérales, de pratiquer le coït couchées sur le côté vers lequel est tourné le col utérin.
Nous pensons que les positions latérales (fig. 176) permettent une adaptation moins complète des organes génitaux que la position genu-pectorale (fig. 175 et 174), mais elles ont sur cette dernière l'avantage de moinsfatigucr la femme et de permettre
le coït dans la position coucliécqui estplusfacilcmenlacceplée.
Quel que soit le procédé de coït employé, nous conseillons au mari de laisser quelques instants le pénis dans le vagin posé coïtum de façon à favoriser la pénétration du sperme dans l'utérus et à la femme de conserver aussi longtemps que possible jjost coïtum la position qu'elle avait pendant l'acte sexuel.
Fi,T. 176. — Position latérale gauche.
Le coït considéré clans ses rapports physiologiques. Epociac favorable à la fécondation.
Ce que nous avons dit à pmpos de la fécondation artificielle et du moment auquel il convient de la pratiquer nous dispense d'entrer dans de grands développements sur l'époque la plus favorable à la conception.
Nous acceptons l'opinion générale qui assigne comme le moment le plus favorable les huit jours qui suivent l'époque menstruelle. Ce fait est surabondamment démontré aujourd'hui par les milhers de statistiques établies sur la date de
l'accouchement dan, ses rapports avec la date de la dernière menstruation.
Vous devez donc conseiller la pratique du coït pendant les quatre Jours qui précèdent les règles et pendant les huit jours qui les suivent.
Le coït qui a uniquement en vue la conception doit donc être pratique à l'époque que j'indique, le soir de préférence et une fois par jour seulement. Le coït trop fréquemment répété est certainement nuisible.
Si nous admettons que les époques que nous venons de mentionner sont plus favorables à la fécondation, nous contestons la théorie encore très répandue aujourd'hui et qui consiste à faire croire que la conception ne peut avoir lieu que pendant ces époques et que tout coït pratiqué pendant la quinzaine intermédiaire est nécessairement infécond.
Nous pensons donc que la physiologie du coït, dont nous ne pouvons reproduire les éléments dans un traité de gynécologie opératoire, doit être profondément étudiée par le médecin qui s'occupe des questions si délicates se rapportant à la fécondation. Les choses les plus insignifiantes peuvent acquérir de l'importance et nous pensons que le mode de copulation, la durée du coït, les sensations et les sécrétions qui accompagnent le spasme vénérien, la posilion de la femme post coïtum sont des facteurs qui ne sont pas négligeables au point de vue de la conception et de la stérilité.
Les auteurs ont émis des opinions très divergentes sur l'importance que présentaient les se/zsà^^to/is voluptueuses éprouvées par la femme pendant le coït au point de vue do la fécondation. Les uns prétendent que lu frigidité, si fréquente chez la femme, n'est nullement un obstacle à la conception ; les autres affirment, au contraire, que le spasme vénérien est un facteur qu'on ne saurait négliger.
On ne peut, sur cette délicate question, émettre une opinion absolue. S'il est démontré que certaines personnes peuvent concevoir alors qu'elles ne jouent dans le coït qu'un rôle pais-
sif, il nous est cependant impossible d'admetti'e que le spasme vénérien physiologique qui accompagne l'acte sexuel non seulement consenti, mais encore désiré par la iemme soit sans influence sur le résultat de cet acte.
Cette impossibilité résulte surtout de la physiologie du coït accompagné du spasme vénérien chez la femme.
Pendant la copulation, les glandes deBartholinlubréfientles parties génitales, le clitoris devient rigide et turgescent et les muscles buibo et ischio-caverneux abaissent cet organe et Tinfléchissent sur le pénis.
Il se produit en môme temps une contraction pôristaltique du vagin qui a pour résultat de projeter et de maintenir en contact contre le col le bol spermatique déposé par l'éjaculation.
L'utérus entre lui-môme enjeu. Sous rinHuencede l'excitation génésique sa tunique musculaire ouvre l'orifice du col, expulse les sécrétions et produit en môme temps une sorte d'aspiration du sperme.
Il est môme permis d'admettre que, sous l'influence du spasme vénérien, les trompes de Fallope subissent l'impulsion générale et s'ouvrent plus largement.
Tels sont, en résumé, les principaux phénomènes physiologiques qui ont tous pour point de départ l'érection et l'excitation voluptueuse qui accompagnent le coït qui 72' ont pas lieu sans cela.
La physiologie nous montre donc que le coït fécondant doit être voluptueux et que les femmes qui conçoivent sans éprouver le spasme vénérien ne sont que des exceptions qui con-
Arment la règle.
Pour ma part, je n'ai jamais négligé d'interroger, a-vec toute la délicatesse que comporte un tel sujet, les femmes stériles qui m'ont demandé conseil. Sur 43 femmes qui ont répondu à mes questions, il y en avait 11 qui étaient atteintes de frigidité absolue et 7 qui n'éprouvaient le spasme vénérien que rarement et sous l'innuence de manœuvres étrangères au coït. 6 n'avaient connu les sensations qui accompagnent le coït que plusieurs années après leur mariage.
Il résulte donc de cette petite statistique que la fi'igidité ou la passivité pendant le coït est un obstacle a la conception.
Il ne faut pas cependant tomber dans l'exagération et admettre tout ce qui a été dit et écrit sur ce sujet par des médecins qui semblaient plutôt avoir pour but d'exciter la curiosité do lecteurs étrangers à la profession.
C'est ainsi qu'il est dit que le spasme vénérien chez laferame doit avoir lieu, pour produire la conception, au moment môme de l'éjaculation, qu'il doit avoir lieu par le coït seul, sans aucune manœuvre étrangère à l'acte sexuel simplement accompli.
Ce sont là des théories purement spéculatives. Nous croyons que V érection et le spasme vénérien sont utiles pour favoriser la fécondation chez la femme. Mais là se borne notre affirmation.