GLANDES SALIVAIRES
tassium; cette dernière substance apparaît presque instantanément dans la salive de l’animal, alors qu’aucun des réactifs habituels ne décèle la plus petite trace de ferrocyanure. Dans l’urine au contraire, nous allons le trouver en quantité considérable; ce qui démontre surabondamment la pénétration de cette substance dans l’économie, bien que les glandes salivaires se refusent à l’éliminer.
Il est nécessaire, avant d’employer les réactifs habituels, de neutraliser, par l’addition de quelques gouttes d’acide acétique, la réaction alcaline normale de la salive; autrement, les résultats pourraient être empêchés.
Vous voyez donc, messieurs, que l’iode et ses composés passent rapidement dans la salive, tandis que les principaux sels de fer ne s’y retrouvent pas dans les circonstances ordinaires. Nous possédons pourtant divers moyens de triompher, pour ainsi dire, de cette résistance des glandes salivaires. Tout d’abord, si nous combinons une de ces substances réfractaires avec une autre qui jouit de la propriété de passer dans la salive, la difficulté est vaincue : l’iodure de fer, par exemple, se retrouve rapidement dans la salive à cause de l’iode qu’il renferme.
En second lieu, si nous avons recours à une injection directe, les glandes salivaires pourront être, pour ainsi dire, forcées d’éliminer la substance étrangère. Nous pouvons, par exemple, introduire de grandes quantités de prussiate de potasse dans les veines d’un animal, sans que les réactifs les plus sensibles nous montrent
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APPAREIL DIGESTIF
le moindre vestige de sa présence dans la salive. Mais si, au moyen d’une injection dans la carotide primitive nous créons une sorte de pléthore locale dans l’atmosphère des glandes salivaires, nous parvenons au résultat désiré, ce qui, dans d’autres circonstances, ne serait jamais arrivé.
Il reste donc établi que ce qu’on a appelé l 'affinité des glandes pour certains corps exprime seulement la facilité plus grande avec laquelle ces corps pénètrent dans le liquide sécrété. Toutes les substances peuvent passer par les sécrétions, à la condition qu’elles aient été introduites en quantité suffisante dans le sang qui fournit les éléments de ces diverses sécrétions.
L’affinité des glandes salivaires en particulier est toutefois le point de départ d’un grand nombre de phénomènes singuliers. Si Ton administre, par exemple, de l’iodure de potassium à un chien, on en retrouvera des traces dans la salive pendant des semaines entières. L’iode se meut ici en effet comme dans un cercle : il passe dans la salive en vertu de l’affinité élective des glandes; mais l’animal, continuant à avaler sa salive imprégnée qu’elle est de ce corps, en absorbe de nouvelles quantités. Cela pourrait durer indéfiniment; mais qu’on purge fortement l’animal, et alors l’iode sera évacué en bloc par l’intestin et disparaîtra de la salive.
Il nous reste maintenant a faire l’expérience inverse. La surface interne des glandes est douée d’un pouvoir absorbant considérable, à la condition que les substances injectées dans leur cavité appartiennent à une classe de