‹ Leçons de la physiologie opératoireChapitre 61 sur 152 · ARTÉRIOLES ET CAPILLAIRES · texte numérisé non relu

ARTÉRIOLES ET CAPILLAIRES

chez les insectes : le vaisseau dorsal représente à la fois le cœur, et F aorte, ou vaisseau général de distribution ; mais aux points où ce vaisseau général s’ouvre par quelques courtes ramifications dans les espaces lacunaires, on trouve de petits anneaux musculaires, de véritables sphincters vasculaires qui, circonscrivant ces bouches béantes, pourraient, selon leur état de contraction ou de relâchement, intercepter ou permettre l’afflux du liquide sanguin dans les lacunes interorganiques.

Cette disposition si simple nous représente, sous une forme pour ainsi dire schématique, ce que nous rencontrons chez les animaux supérieurs, où les parois presque uniquement musculaires des petites artères forment au niveau de la zone de transition, entre le système artériel et le système capillaire proprement dit, une sorte de sphincter diffus, permettez-moi cette expression ; sphincter qui règle l’apport du sang des artères dans les capillaires. Cet appareil régulateur est soumis à l’influence du système nerveux, et c’est. là précisément ce qui fait que la circulation, envisagée au point de vue de ses rapports avec les éléments des tissus au niveau des capillaires, échappe à une analyse mécanique simple, et présente ces procédés particuliers que nous avons regardés précédemment comme caractéristiques des actes essentiellement organiques.

Si les animaux supérieurs, les vertébrés en particulier, présentent de vrais capillaires, ce n’est pas à dire qu’on ne puisse constater chez eux des systèmes lacunaires comparables à ceux des invertébrés: le cœur de la grenouille, de la tortue, par exemple, d’après les re-

APPAREIL CIRCULATOIRE

cherches de Hyrtl, ne présente pas de vaisseaux coronaires sanguins; la nutrition de ses éléments musculaires .se fait par une véritable imbibition interstitielle, et le liquide sanguin les baigne sans être contenu dans des canaux à parois spéciales.

Quant aux vrais capillaires sanguins, tels que nous les rencontrons dans les tissus de l’homme, ils font toujours suite aux artères, dont ils constituent la continuation fort modifiée du reste.

En effet, si l’on observe la structure des vaisseaux sanguins depuis leur origine au niveau du cœur jusqu’à leurs fines ramifications dans les tissus, on voit que ces canaux, au point de vue de la nature de leurs parois, peuvent se diviser en trois grandes catégories qui se succèdent régulièrement depuis le centre jusqu’à la périphérie.

Nous avons en premier lieu l’aorte et les grosses artères, qui sont caractérisées par l’abondance du tissu élastique contenu dans leur tunique moyenne : ce tissu est ici à son summum de développement; aussi ees vaisseaux sont-ils tout à fait comparables à des tubes de caoutchouc : l’élasticité est leur propriété dominante, ou pour ainsi dire leur seule propriété.

Viennent ensuite les petites artères, dans lesquelles le tissu élastique est remplacé par le tissu musculaire à fibres lisses (ou fibres-cellules) ; dans les artérioles des organes, on peut considérer le canal vasculaire comme creusé dans un cylindre musculaire : la contractilité est 3a propriété dominante de ces vaisseaux.

Enfin, arrivé au niveau des capillaires proprement

Page 1