ORIGINES DES VEINES
tèrne circulatoire à sang rouge. Je vous ai montré précédemment que chez les animaux inférieurs, rien n’est plus net que ces limites, puisque chez eux le système veineux est représenté par un appareil lacunaire dans lequel viennent se déverser à plein canal les terminaisons artérielles. Nous avons même vu que ces terminaisons, d’après les recherches de M. de Quatrefages sur les némertes, et de M. Gerbe sur les phyllosomes, étaient pourvues de véritables sphincters capables de présider à la plus ou moins grande intensité du déversement artériel dans le système lacunaire ou veineux.
En partant de ce fait, nous pourrions donc considérer le système veineux comme représenté, dans son type le plus simple, par un système lacunaire. C’est là en effet la conclusion à laquelle nous amènent les travaux les plus récents des histologistes. M. Ranvier, observant le mode selon lequel les capillaires artériels viennent se continuer avec les veines, a démontré (1) que ces dernières commencent par de véritables ampoules, des bulbes dilatables et à formes variqueuses, tandis que les capillaires artériels qui s’y unissent conservent jusque dans ce point leur calibre étroit, mais régulier et à bords parallèles. Les origines des veines sont donc comme des lacunes, ou tout au moins des réservoirs relativement considérables dans lesquels, par un point précis d’abouchement, très-facile à constater sur de bonnes préparations injectées, viennent se déverser de fines ramifications de l’arbre artériel.
(1) Voyez L. Ranvier, Du développement èt de l’accroissement dès vaisseaux sanguins ( Archiv . de physiol., 1874, p, 429, pl. xylii ët xrx).
appareil circulatoire.
Mais ce n’est pas tout. Il y a entre le système artériel et le système veineux des communications autres que celles établies par les capillaires; dans ces cas il y a continuation directe des artères dans les veines par des vaisseaux d’un calibre relativement considérable, surtout si on le compare au calibre des capillaires vrais. J’ai autrefois insisté sur une disposition de ce genre qui se constate au niveau du foie, disposition grâce à laquelle la veine porte peut communiquer directement avec la veine cave inférieure, sans l’intermédiaire des capillaires du lobe hépatique et des fines origines de la veine sus-hépatique. Cette communication est on ne peut plus facile à constater, même sans le secours d’aucun instrument grossissant. Elle existe également dans d’autres viscères, mais d’une manière moins évidente. Elle a été signalée parYirchow dans le parenchyme rénal. D’autre part, les recherches de M. Sucquet (De la circulation dérivative, 1868) ont montré que des communications semblables se trouvaient chez l’homme dans les téguments de la face, des mains, des pieds, au niveau des articulations du genou, du coude, etc. C’est à l’ensemble des vaisseaux constituant ces communications directes qu’il a donné le nom de circulation dérivative , indiquant ainsi que ces canaux pouvaient détourner une plus ou moins grande quantité de sang du réseau capillaire, c’est-à-dire de la circulation fonctionnelle. 11 est probable que ces deux ordres de circulation existent partout, dans tous les organes, dans tous les tissus.
Revenons à la circulation du sang dans les vaisseaux capillaires, et examinons tout d’abord les causes qui