‹ Leçons de la physiologie opératoireChapitre 84 sur 152 · CIRCULATION VEINEUSE · texte numérisé non relu

CIRCULATION VEINEUSE

produisent, d’une manière générale, le passage des canaux artériels dans les canaux veineux.

Trois causes président au passage du sang du système artériel dans le système veineux, ou au moins favorisent ce passage. Nous avons d’abord l’action du cœur; cette action est indispensable à la circulation, et il serait inutile d’insister ici sur le rôle de la contraction des ventricules. Mais il faut cependant remarquer qu’une autre cause, dont il faut chercher l’origine dans les propriétés des artères, agit encore pour chasser le sangvers les capillaires. Sans insister ici sur l’analyse de ces actes initiaux de la circulation, je reproduirai devant vous une expérience de Magendie, qui met dans toute son évidence l’influence à laquelle je fais allusion. Voici l’artère crurale d’un chien, tout à fait isolée, ainsi que la veine correspondante, par l’opération qui a consisté à sectionner toutes les autres parties du membre. Cette artère ainsi mise à nu, vous la voyez pleine de sang, c’est-à-dire cylindrique. Nous la comprimons en un point, c’est-à-dire que nous interceptons toute communication entre le cœur et la partie du vaisseau située au-dessous du lieu delà compression; cependant vous voyez cette partie inférieure diminuer de volume ; elle se vide et bientôt se réduit à la forme aplatie. Le sang a continué à progresser du système artériel dans le système veineux, quoique l’impulsion cardiaque fût pour le moment complètement supprimée.

Vous voyez donc qu’il faut tenir compte, outre l’impulsion cardiaque, des propriétés des vaisseaux. Sans doute la force impulsive du cœur se fait sentir très-loin,

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jusque dans les veines : c’est ce qu’on a désigné sous le nom de vis à tergo. En effet, si, dans l’expérience précédente, nous ouvrons la veine crurale pendant qUe l’artère correspondante est comprimée, nous voyons que le sang veineux ne coule que peu ou pas, parce que le retrait des parois artérielles est suffisant pour faire passer le sang jusque dans la veine, mais insuffisant pour l’en faire couler. Mais dès que nous cessons la compression, l’hémorrhagie veineuse devient abondante, et elle est alors l’expression exacte de l’intensité de la force cardiaque transmise à travers les capillaires, de la vis à tergo en un mot.

Toutes ces expériences, si simples, mais si démonstratives, sont dues à Magendie, mon maître. Mais ce grand expérimentateur n’avait pas connu une des plus importantes propriétés de la paroi des petites artères, leur contractilité, soumise à l’influence des nerfs vaso-moteurs. C’est ainsi que toutes ces variations qu’on peut produire d’une manière si tranchée dans le cours du sang par la compression de l’artère, les vaisseaux euxmêmes peuvent les amener par la seule entrée en jeu de leurs éléments contractiles. Ils peuvent alors obturer, aussi bien que le faisait la compression expérimentale artificielle, ils peuvent obturer le calibre vasculaire au point d’amener l’anémie des artérioles et des capillaires et de supprimer en réalité la vis à tergo dans le système veineux. Cette contraction a lieu, comme je l’ai montré, sous l’influence des nerfs qui se distribuent aux parois artérielles et que nous désignons par le nom de nerfs vaso-moteurs.

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