‹ Leçons de langue française [microforme] (volume 3)Chapitre 196 sur 369 · Les oranges · texte numérisé non relu

Les oranges

Un riche Portugais avait un jeune enfant, Unique appui de sa vieillesse.

Ce père avait pour lui la plus vive tendresse ; Mais son amour sage et prudent, .

N'uvait rien de cette faiblesse Qui rend plus d'un mentor souvent trop indulgent. Sur les mœurs de son fils, comme il veillait sans cesse, Il s’aperçut qu'il hantait des amis Dont les discours et la licence Pouvaient nuire à son innocence.

Il lui parle, et d'abord par de sages avis ; Il lui peint le héril de cette connaissance ; Mais comme l'écolier rempli de coufiance, Continuait toujours à braver le danger, Le père, pour le corriger, Mit en œuvre cet artifice.

Un jour que son jeune novice S'était éloigné du logis, Il remplit un panier d’oranges bien choisies, En mêle tout au plus deux ou trois de pourries, Et fait, à son retour, ce présent à son fils. L'enfant tressaille d’allégresse ; Mais, en voyant les fruits pourris :

‘ Y pensez-vous, papa? dit-il avec tristesse, Bientôt ces fruits gâtés gâteront tous les bons. ser tout, répondit le père, Je me flatte de voir arriver k contraire.

Pour nous en convaincre, attendons, Et tenons quelques jours ce panier dans l'armoire. Après cela nous jugerons Qui de nous deux il fallait croire. ” Je] Le fils consent à tout ; on ferme le panier.

Cinq ou six jours après, on en fait l'ouverture ; Ce] Mais ce n’était, hélas ! qu’un tas de pourriture. ‘ Je l'avais bien prévu, dit alors l’écolier. Papa, pourquoi ne pas vous rendre Res] À lavis que je proposais ? En:

—Et vous, mon fils, reprit le père tendre, Re Pourquoi si longtemps vous défendre Des conseils que je vous donnais. Il al Lorsque je m'attachais à vous faire comprendre

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