‹ Leçons de langue française [microforme] (volume 3)Chapitre 198 sur 369 · La brebis · texte numérisé non relu

La brebis

Je passais récemment dans un obscur canton,

Où l’on m'a conté pour notoire Ce petit fait touchant qui rappelle l’histoire

De la vache de Fénelon.

Un prélat, homme simple et bon, Respecté, mais surtont chéri dans son domaine, En se rendant un jour à la ville prochaine, Rencontra sur sa route un beau petit garçon

Qui lui parut en grande peine.

Il allait tristement du coteau vers la plaine,

Guidant son modeste troupeau,

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122 Dictées de récapitulation.

Et caressait en pleurant nn agneau. 4 Pauvre agneau, disait-il, tu n'auras plus de mère, Elle est perdue au fond du bois ; Hélas! ma brebis la plus chère Aujourd’hui n'entend plus ma voix.

Oh! quand je vais rentrer, quel chagrin pour mon père!” Le prélat s'était arrêté ; Et tandis qu'à sa plainte amère L'enfant s’abandonnait, il Pavait écouté.

‘ Pauvre petit, dit-il avec bonté, Tu retournes à ta chaumière :

Si tu n’y trouvais plus ta mère, Dis-moi, que ferais-tu ? —Je pousserais des cris. — Et tes cris, mon enfant, pourraient-ils te la rendre? — Si ma mère pouvait m’entendre, Elle accourrait près de son fils.

— Tu le crois; hé bien donc! cela devrait t’apprendre Par quel moyen tu peux ramener ta brebis, ” Sur le prélat, le petit pâtre D'abord jette un regard surpris ; Puis tout à coup il a compris:

Il saisit son agneau folûtre, Contre son sein le presse doucement, Et le force à pousser un triste bêlement.

Deux ou trois fois il renouvelle Cette épreuve, quoique à regret, Et voilà que, dans la forêt On entend la brebis qui bèle.

Le petit de nouveau lappelle, Et la pauvre brebis, aux cris de son agneau, Comme une tendre mère inquiète ct fidèle, Accourt rejoindre le trou peau.

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