‹ Leçons de langue française [microforme] (volume 3)Chapitre 205 sur 369 · Le gland et la citrouille · texte numérisé non relu

Le gland et la citrouille

Dieu fait bien ce qu’il fait. Sans en chercher la preuve En tout cet univers, et l'aller parcourant, Dans les citrouilles je la trouve.

Un villageois considérant Combien ce fruit est gros et sa tige menue, ‘ À quoi songeait, dit-il, l’auteur de tout cela a bien mal placé cette citrouille-là !

Hé parbleu ! je l'aurais pendue À l’un des chênes que voilà ; C’eût été jnstement l'affaire ; Tel fruit, tel arbre, pour bien faire, C’est dommage, Garo, que tu nes point entré Au conseil de celui que prêche ton curé :

Tout en eût été mieux ÿ GAr pourquoi, par exemple, Le gland, qui n’est Pas gros comme mon petit doigt, Ne pend-il pas en cet endroit ?

Dieu s’est mépris ; pie je contemple Ces fruits ainsi placés, plus il semble à Garo Que lon a fait un quiproquo, ” Cette réflexion embarrassant notre homme :

« On ne dort point, dit-il, quand on a tant d’esprit, ” Sous un chêne aussitôt, il va prendre son somme, Un gland tombe ; le nez du « orineur en pâtit, Il s’éveille, ct Dortant la main sur gon visage, Il tronve encore le gland ris au poil du menton, Son nez meurtri le oroe changer de langage :

Dictées de récapitulation.

‘ Oh! oh! dit-il, je saigne ! et que serait-ce donc S'il fût tombé de l'arbre une masse plus lourde, Et que ce gland eût été gourde ?

Dieu ne l’a pas voulu ; sans doute il eut raison ; J’en vois bien à présent la cause. ” En louant Dieu de toute chose, Garo retourne à la maison. LA FONTAINE.

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