La fauvette
Aux branches d’un tilleul une jeune fauvette Avait de es petits suspendu le berceau.
D'écoliers turbulents une troupe inquiète, Clerchant quelque plaisir nouveau, Aperçut en passant le nid 4e la pauvrette. Le voir, être tenté, l’assaillir à l’instant, Chez ce peuple enclin à mal faire, Ce fut l'ouvrage d’un moment.
Tous sans pitié lui déclarent la guerre, Le pauvre nid vingt fois pensa faire le saut, IU n’était si petit marmot Qui ne fit de son mieux pour y lancer sa pierre, L’alarme cependant était grande au logis ; La fauvette voyait l'instant où ses petits Allaient périr ou subir l'esclavage ; Un esclavage, hélaë ! pire que le trépas.
les gens qu’elle voyait là-bas Etaient assurément quelque peuple sauvage Qui ne les épargnerait pas.
Que faire en ce péril extrême ?
Mais que ne fait-on pas pour sauver ce qu'on aimo ? Elle vole au-devant des coups, Pour sa famille, elle se sacrifie,
Espérant que ces gens, dans leur affreux Courroux, Se contenterunt de sa vie.
Aux yeux du ht Le scélérat,
Elle va, vient, vole et revole, S’élève tout à coup et tout à coup s’abat, Fait tant enfin que cette race frivole Court après elle et laisse là le nid.
Elle amusa DRE CAS maudite engeance, Les mena loin, fatigua leur constance, Et pas un d'eux ne l’atteignit.
L'amour sauva le nid, le Ciel sauva la mère.
À ses petits elle revint plus chère.
Dieu suit la joie et tout ce qu’on lui dit À son retour de touchant et de tendre !
Comme ils avaient passé tout ce temps sans rien prendre, Elle apaisa leur faim, puis chacun s’endormit,