‹ Leçons de langue française [microforme] (volume 3)Chapitre 329 sur 369 · XVI. BELLE DÉFENSE Dr 11. DK MAISONNERUVE · texte numérisé non relu

XVI. BELLE DÉFENSE Dr 11. DK MAISONNERUVE

Le 30 mars 1644, les chiens du fort de Montréal, que l’on avait dressés à découvrir les Troquois, ayant donné l'alarme par des aboïements furieux et prolongés, de la présence de ennemi dans le voisinage : comme à l’ordinaire, les Français les plus bouälants demandèrent à marcher contre lui, Le Gouverneur, M. de Maisonneuve, y consentit et ordonna de se Préparer au combat, A la tête de trente hommes, il s'avança vers le bois où l'on espérait trouver les Iroquois. Ils y étaient, en effet : deux centa de leurs guerriers tembèrent tout à coup sur les Français, qui, après avoir épuisé leurs munitions dans une vigoureuse défense, furent forcés de se retirer vers le fort. La retraite de res soldats s'étant faite rapidenent, M. de Maisonneuve resta seul en arrière : il se retirait lentement, portant deux pAtolets, :t se tournant de temps en temps vers l'ennemi pour le tenir à distance, Les Iroquois le reconnnrent, et espérèrent réussir à le prendre vivant. Chargé de cette hasardeuse mission, le chef serrait de près le commandant français, lorsque celui-ci, se retournant subitement, d’un coup de pistolet étendit l'iroquois mort à ses pieds, La Poursuite £essa : craignant qu'on n'enlevât leur chef, les Sativages emportèrent son corps dans la forêt, pendant que M. de Maisonneuve rentrait au fort, Abbé F£RLAND,

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Exercices élémentaires de styie.

XVII Marryre DES PÈRES DE BREBEUF ET LALEMANT.

Faits prisonniers par les Iroqnois, dans nne bourgade huronne, où ils exerÇaient leur saint ministère, ces deux missionnaires reçurent une rude astonnade, puis furent a tachés à un poteau et tourmentés avec le fer et e feu ; on 'eur suspendit au con un coliier de haches rougies aur des enduites de poix et du en dérision du saint baptême, on leur rersa de l'eau

ouillante ur Ja tête. Quelques hurons transfuges se montrérent les plus cruels, et joianirent l'insulte à ja cruunté.

Dans le plus fort de 808 tourments, le P, Lalemar ciel, joignant les mains et demandant À Dieu du recours. Le P. de

rebeuf demeurait Comme un rocher, insensible au fer et au feu, san: Pousser un seul cri, ni même un seul soupir, De temps en temps, il élevait la voix Pour annqcer la vérité aux infidèles eb pour encourager les chrétiens qu'on torturait autour de lui. Irrités de la sainte liberté avec laquelle il leur Par'ait, ses bourrenux lui coupèrent le nez, lui arrachèrent les lèvres, e& lui enfoncèrent un fer rouge duns la bouche. Le héros chrétien Couserva le plus grand calme, et son regard était si ferme et si assuré, qu'il semblait encore commander à ses bourreaux.

On amena alors près du P. de Brebeuf son jeune compagnon couvert d’écorces de Sapin, auXquelles on se Pr'éparait à mettre le feu ; celui-ci, 8e jetant aux pieds du vieux missionnaire, 8e recommanda à ses prières et répéta les paroles de Saint Paul, ‘Nous avons été mis en spectacle au monde, aux anges et aux hommes.” En ramenant je P. Lalemant à son Poteau, on alluma les écorces qui le couvraient ; et ses bourreaux s’arrêtèrent pour goûter le plaisir de le voir brûler lentement et d'entendre Jes soupirs qu'il ne pouvait s'empêcher de pousser,

KRendus fuieux par l'odeur du sang, les Lroquois se sur cette occasion par des raffinements de cruauté :ilsar du P. Lalemant, et mirent à lu lace des charbons ardents ; ils tailla:. sur les cuisses et sur les bras es deux missionnaires des morceaux de chair, qu'ils faisaient rôtir sur des charbons et qu'ils dévoraient sous | leurs yeux,

Les tourments du P. de Brebeuf durèrent environ trois heures : il mourut le jour même de sa prise, le 16 mars 1649, vers quatre heures du suir, Après sa mort, les barbares lui arrachèrent le cœur, qu'ils partagèrent ; ils espéraient que ceux qui en Mangeraient, obtiendraient une portion du courage de leur victune, Les bourreaux s'acharnèrent ensuite sur le P, Lalemant, qui fut torturé Sans interruption jusqu’au lendemain à neuf heures du matin. Encore dut-il de voir teuminer alers ses maux,

la compassion d’un ivoquois, qui, fatigué de le voir languir depuis un

Jour et une nuit, lui donna un Coup de hache pour mettre un terme à ses souffrances, Ip.

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