Les oranges
Un riche Portugais avait un jeune enfant, Unique appui de sa vieillesse, Ce père avait pour lui la plus vive tendresse ; Mais son amour sage et prudent, N’avait rien de cette faiblesse Qui rend plus d’un mentor souvent trop indulgent. Sur les mœurs de son fils, comme il veillait sans cesse, Il s’aperçut qu'il hantait des amis Dont les discours et la licence Pouvaient nuire à son innocence.
I! lui parle, et d’abord par de sages avis ; 11 lu: peint le péril de cotte connaissance F Mais comme l'écolier rempli de confiance, Continuait toujours à braver le danger, Le père, pour le corriger, Mit en œuvre cet artifice.
Uu jour qué son jeune novice S'était éloigné du logis, T1 remplit un panier d’oranges bien choisies, En mêle tout au plus deux ou trois de pourries, Et fait, à son retour, ce présent à son fils, L'enfant tressaille d’allégresse ; Mais, en voyant les fruits pourris:
# Y pensez-vous, papa? dit-il avec tristesse, Bientôt ces fruits gâtés gâteront tous les bons. — Point du tout, répondit le père, Je me flatte de voir arriver le contraire.
Pour nous en convaincre, attendons, Et tenons quelques jours ce panier dans l'armoire. Après cela nous jugerons £ « Qui de nous deux il fallait croire. ” Le fils consent à tout ; on ferme le panier.
Cinq ou six jours après, on en fait 1 ouverture ; Mais ce n’était, hélas ! qu'un tas de pournture, ‘ Je l'avais bien prévu, dit alors l'écolier, Papa, pourquoi ne pas vous rendre À Favis que je proposais ?
—Et vous, mon fils, reprit le père tendre,.
Pourquoi si longtemps vous défendre Des conseils que je vous donnais.
Lorsque je m'aitachais à vous faire comprendre
tion turbulente, nstruit paisible.
s d’une généra-