‹ Leçons de langue française [microforme] (volume 4)Chapitre 126 sur 184 · La brebis · texte numérisé non relu

La brebis

Je passais récemment dans un obscur canton, l'on ma conté pour notoire Ce petit fair touchant qui rappelle l'histoire

De la vache de Fénelon.

Un prélat, homme simple et bon, Respecté. mais surtout chéri dans son domaine, En se rendant un jour à la ville prochaine, Rencontra sur sa route un beau petit garcon

Qui lui parut en grande peine,

T1 allait tristement du coteau vers la plaine, Guidant son modeste troupeau,

ES

PRET RD 3 D care,

Dictées de récapitulation.

Et caressait en pleurant un agneau.

4 Pauvre “baie disait-il, tu n’auras plus de mère, Elle est perdue au fond du bois ; Hélas! ma brebis la plus chère Aujourd’hui n’entend plus ma voix.

Oh! quand je vais rentrer, quel chagrin pour mon père!” Le prélat s'était arrêté ; Et tandis qu'à sa plainte amère L'enfant s’abandonnait, il avait écouté.

4 Pauvre petit, dit-il avec bonté, Tu retournes à ta chaumière :

Si tu n’y trouvais plus ta mère, Dis-moi, que ferais-tu ? —Je pousserais des cris. — Et tes cris, mon enfant, pourraient-ils te la rendre? — Si ma mère pouvait m’entendre, Elle accourrait près de son fils.

— Tu le crois: hé bien donc! cela devrait t'apprendre Par que, moyen tu peux ramener ta brebis, ” Sur le prélat, le petit pâtre D'abord jette un regard surpris; Puis tout à coup il a compris:

I! saisit son agneau folâtre, Contre son sein le presse doucement, Et le force à pousser un triste bêlement.

Deux ou trois fois il renouvelle Cette épreuve, quoique à regret, Et voilà que, dans la forêt On entend la brebis qui bêle. Le. petit de nouveau lappelle, Et la pauvre brebis, aux cris de son agneau, Comme une tendre mère inquiète et fidèle, Accourt rejoindre le troupeau. DE JUSSsIEU.

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