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Dictées de récapitulation. 299
Le singe.
Un vieux singe malin étant mort, son ombre descendit dans la sombre demeure de Pluton, où elle demanda à retourner parmi les vivants, Pluton voulait la renvoyer dans le corps d’un âne pesant et stupide, pour lui ôter sa souplesse, sa vivacité et sa malice ; mais elle fit tant de tours plaisants et badins, que l'inflexible roi des enfers ne put s'empêcher de rire, ct lui laissa le choix d’une condition, |
Elle demanda à entrer dans le corps d’un perroquet, “Au moins, disait-elle, js conserverai par là quelque ressemblance avec les hommes que j'ai longtemps imités, Étant singe, je faisais des festes Comme eux ; et, étant perroquet, je parlerai avec eux dans les plus agréables conversations.”
A peine l’âme du singe fut-elle introduite dans ce nouveau métier, qu’uue vieille femme causeuse l’acheta. Il fit ses délices ; elle le mit dans une belle cage. Il faisait bonne chère, et discourait toute la journée avec la vieille radoteuse, qui ne parlait pas plus sensément que lui.
Il joiguait à son nouveau talent d’étourdir tout le monde je ne sais quoi de son ancienne profession, Il remuait sa tête ridiculement, il faisait craquer son bec, il agitait ses ailes de cent façons, et fisait de ses pattes plusieurs tours qui sentaient encore les grimaces de Fagotin.
La vieille prenait à toute heure ses lunettes ponr l’admirer ; elle était bien fâchée d’être un peu sourde, et de perdre quelquefois des paroles de son perroquet, à qui elle trouvait plus d'esprit qu’à personne. Ce perroquet gâté devint bavard, importun et fou. Il se tourmenta si fort dans sa cage, et but tant de vin avec la vieille, qu'il en mourut.
Le voilà revenu. devant Pluton, qui voulut cette fois le faire passer dans le corps d’un poisson, pour le rendre muet. Mais il fit encore une farce devant le roi des ombres; ct les princes ne résistent guère aux demandes des mauvais plaisants qui les flattent. Plnton accorda done à celui-ci qu’il irait dans le corps d’un homme,
Mais comme le dieu eut honte de l'envoyer dans Le corps d’un homme sage et vertueux, il le destina au corps d’un harangueur ennuyeux et importun, qui mentait, qui se vantait sans cesse, qui faisait des gestes ridicules, qui se MNquaI de tout le monde, qui interrompait toutes les conversations les plus polies et les plus solides, pour dire rien, ou les sottises les plus grossières,
Mercure, qui le reconnut dans ce nouvel état, lui dit en riant : “Oh! oh! je te reconnais ; tu n'es qu’un composé du singe et du perroquet que j'ai vus autrefois. Qui t’ôterait tes gestes et tes paroles .apprises par cœur sans jugement, ne laisserait rien de toi.” D'un joli singe et d'un bon perroquet, on n’en fait qu’un sot homme,
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Diotées de récapitulation.
L'ange et l’enfant.,
Un ange au radieux visage, Penché sur le bord d'un berceau, Semblait contempler son image, Comme dans l’onde d’un ruisseau,
Charmant enfant qui me ressemble, Disait-il, oh! viens avec moi!
Viens, nous serons heureux ensemble :
La terre est indigne de toi.
Là, jamais entière allégresse ; L’âme y souffre de ses plaisirs ; Les cris de jaie ont leur tristesse, Et les voluptés leurs soupirs.
La crainte est de toutes les fêtes ; Jamais un jour calme et serein Du choc ténébreux des tempêtes N'a garanti le lendemain.
Eh quoi! le chagrin, les alarmes Viendraient troubler ce front si pur; Et par l’amertume des larmes
Se terniraient ces yeux d'azur !
Non, non, dans les champs de l’espace Avec moi tu vas t’envoler ;
La Providence te fait grâce
Des jours que tu devais couler,
Que personne dans ta demeure N’obseurcisse ses vêtements ; Qu'on accueille ta dernière heure, Ainsi que tes premiers moments.
Que les fronts y soient sans nuage, Que rien n’y révèle un tombeau ; Quand on est pur comme à ton âge:
Le dernier jour est le plus beau.
Et, secouant ses blanches ailes, L’ange, à ces mots, a pris l’essor Vers les demeures éternelles.
— Pauvre mère! ton fils est mort !
R&eBouL 1, Né à Nimes en 1796, mort en 1864. . :
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Dictées de récapitulation. 301 Mgr de Laval,
Dans un ermitage, bâti au milieu de la ville de Caen, par M. de Bernières de Louvigny, un prêtre jeune encore, d'une naissance illustre, mais d’une vertu plus illustre et plus haute, méditait, dans son âme ardente et dévouée, sur le néant de la vie et la frivolité de la gloire humaine, et se sanctifiait ar l’oraison, les jeûnes, les conférences spirituelles ; il demandait : Dieu, dans l’ardeur de sa foi et l1 ferveur de sa ière, la sagesse pleine de lumière, plus estimable que la force, et dont la beauté ne se flétrit jamais, - C'est l’homme que Dieu suscite pour accomplir ses desseins: son nom est François : h Montmorency-Laval, La Providence, qui veille sur le petit peuple qui vient de naître sur les bords du Saint-Laurent, le donne, dans une pensée de gloire et d'amour, à l’église du Canada.
Ah! qu'elle fut légitime la joie de tous les habitants du ays, lorsque Mer de Laval foula pour la première fois le sol de Ja patrie ! A l’arrivée de l'élu de Dieu, elle dut tressaillir d’allégresse et de bonheur, cette terre de la Nouvelle-France, que lui avaient donnée la foi et le zèle, cette terre sanctifiée par la vie angélique de ses missionnaires et de ses vierges, et encore rouge du sang de ses martyrs.
Au début de son épiscopat, Mer de Laval trouvait déjà sous sa mai:: des institutions qui remplissaient de joie son cœur d'évêèque et de père. Au céllège de uébee, les illustres enfants de Loyola, les frères des Brébeuf et des Lallemant, instruisaient la jeunesse ; à l'Hôtel-Dieu, des anges de charité interrompaient leurs prières pour soigner les malades et consoler les infirmes; à côté, une jeune dame, douée de tous les avantages de la nature et de la grâce, entourée des filles sauvages qu’elle aime comme ses enfants, Consacrait sa jeunesse et toute sa fortune à la fondation du monastère des Ursulines ; avec elle une autre femme missionnaire 1 annonçait la parole du salut aux jeunes sauvages, voyait à ses ques de vaillants capitaines, la suppliant avec une :implicité
enfant, de leur apprendre à prier Dieu. M6r Axr. RAcIN&.
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