XV. Mon GRAND-PÈRE
Chaque année, avant mon retour au collège, mon grand-père, après m'avoir donné quelque Argent, m'adressait de sages conseils ; puis, les mains sur ma tôte, il me donnait sa bénédiction. Le souvenir de cette scèns m'ément encore. Cette bénédiction et ces conseils m'ont fait du bien: la bénédiction d'un vieillard est précieuse, :
Lorsque, chaque année, après les vacances, je me préparuis à repartir de mon village pour aller à la ville reprendre mes études, mon grandpère m’emmenait dans sa Chambre, et gaurnissait mon boursicaut de quelque argent, destiné à mes petites dépenses, À l'achat d’un livre ou à quelque divertissement honnête ; après quoi il me disait : “ Mon enfant, tu commences la vie, et moi je l’ai à peu près achevée. Quand tu reviendras au pays, Dieu sait si tu me trouveras encore vivant. Quoi qu'il arrive pourtant, bénissons le Seigneur, qui fait tout pour notre plus grand bien.
Mais, quand tu seras loin de moi, et après ma mort, fais en sorte de demeurer toujours tel que tu aurais désiré paraître à mes yeux : quand tu te prépareras à quelque action, pense à ces quatre choses : Dien me voit. Que me semblerait-il de cette action si je la voyais faire à un autre ? Qu’arriverait-il si tout le monde lu faisait ? Que dirait mon grand-père s’il le savait ? ”
Puis il me faisait mettre à genoux... Rien qu’à ce souvenir, les larmes me viennent aux yeux. J'ai ñà devant moi, comme si c'était hier, cet excellent vieillard, alors que, levant les yeux au ciel, sa tête chauve découverte, il posait sur la mienne ses mains étendues, et me donnait sa bénédiction.
Il me semblait que cette bénédiction me rendait plus fort, et capable de tout ce qui peut se faire de bien. Par cette bouche, il semblait que Dieu me parlait. Ces conseils demeuraient toujours dans mon esprit, et l’occasion se présentait-elle de faire une bonne action, je me disais : Si je fais cela, grand-père me bénira,
la bénédiction des vieillards, combien elle est précieuse! Qu'il y a de sagesse dans leurs conseils ! Enfants, si daus votre famille vous avez un vieillard, vénérez-le, et priez Dieu qu’il vous le conserve longtemps. Heureuse la maison où il y à des vieillards! CANTU.