‹ Leçons de langue française [microforme]Chapitre 620 sur 684 · XX. LA TABATIÈRK D’OR · texte numérisé non relu

XX. LA TABATIÈRK D’OR

Un colonel montre à des officiers, qui dîinaient chez lui, une tabatière d’or qu'il venait d'acheter ; quelques instants après, il ne la trouve plus sur lui. Demande faite de regarder sur soi ; chacun retourne ses poches. Un jeune sons-lieutenant, à l'air embarrnssé, assure qu'il ne l'a pas, et dit que sa parole d'honneur doit suflre. Les officiers 80 retirent en désignant lo sous-lieutenant pour le voleur, — 43 lendemain, celui-ci est appelé par le colonel, qui lui dit que la tabatière a été retrouvée dana la doublure de sou unifornie, ec lui demande le motif pour lequel à n'a pas agi comme les autres officiers ; le jeune hommes avoue au colonel qu'il avaic alors dans ses poches le dîner froid qu'il achetait tous les jours avec sa solûe pour le partager avec ses parents pauvres. Le colonel ému, vent qi dine LT A lui, et, l’embrassant devant les autres officiers, lni donne la tabatière d'or.

Un colonel montra à quelques officiers qui dînaient chez lui une tabatière d'or qu'il venait d'acheter ; quelques moments après, voulant prendre une prise, il chercha dans ses poches, et fut fort étonné de ne plus trouver sa boîte.

‘4 Messieurs, dit-il, veuillez avoir la complaisance de voir si quelqu'un de vous ne l'aurait pas mise, par distraction, dans sa poche.”

Tous se levèrent aussitôt et retournèrent leurs poches, sans que la tabatière reparût. Un jeune sous-lieutenant, dont l'embarras était visible, resta seul assis, et se refusa à cette épreuve. ‘ J’affirme sur ma parole d'honneur, dit-il, que je n’ai point la tabatière, cela doit suffire.” Les nr se séparèrent en branlant la tête, et chacun le prit pour le voleur,

Le lendemain matin, le colouel ie fit appeler et lui dit : ‘ Monsieur le sous-lieutenant, je m'empresse de vous donner la bonne nouvelle que ma tabatière s’est retrouvée; elle s'était glissée par un trou dans la doublure de mon uniforme ; mais, actuellement, veuillez me faire l'amitié de me dire pour quel motif vous avez refusé de retourner vos poches, tandis que les autres officiers l’ont fait sans la moindre hésitation.

— Monsieur le colonel, répondit le jeune officier, c’est une chose que je n’avouerai qu'à vous seul. Mes parents étant très pauvres, je ne mange

: Exercices de style.

jamais rien de chaud à dîner, afin de po solde, Lorsque vous me fites, hier, l'honneur de m’inviter à votre table,

uvoir leur donner la moitié de ma

j'avais déjà mon dîner duns ma poche, Jugez de ma confusion si, en la retournant, j'en avais fait tomber Un saucisson et un morceau de pain bis.”

Le colonel fut vivement ému. ‘ Vous êtes bon fils, dit-il en lui serrant la main avec amitié : eh bien! pour vous faciliter les moyens de soulager vos respectables parents, votre couvert sera mis tous les jours chez moi.” À ces mots, il le conduisit dans la salle à manger, et, en présence de tous

les officiers, il l’embrassa, et lui fit présent de la tubatière comme une Marque de haute estime.’

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