‹ Leçons de langue française [microforme]Chapitre 633 sur 684 · XIV. DÉVOUKMENT D'EUSTACHE DE SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

XIV. DÉVOUKMENT D'EUSTACHE DE SAINT-PIERRE

Irrité de la lougue résistance de Calais, Edouard déclure que six notables devaient lui apporter les clefs de la ville en chemise, pieds nus et la corde an cou, après quoi ils seraient conduits au supplice. Enstache de Saint-Pierre se dévoue, eu son exemple est er ss autres bourgeois. La sentence allait être exécutée, lorsque la reine Philippa de Hainaut obtint leur grâce,

Edouard, considérant de quelle importance il était pour lui d’avoir un ort sur les côtes de ji‘rance, alla investir Calais. La place était forte et a garnison nombreuse ; mais Ju famine, après onze mois de siège, ou

. plutôt de blocus, força les assiégés à une capitulation. Irrité d’une si

longue résistance, le monarque anglais déclara que la plus grande grâce qu'ils pussent obtenir de lui, c'était qu’il voulût bien se contenter de la mort de six des plus notables bourgeois qui, nu-pieds, en chemise et la corde au cou, viendruient lui apporter les clefs de la ville, et de là passeraient à l’échafaud. Les habitants réunis sur la place attendaient, non sans inquiétude, l'issue de la négociation. A la nouvelle de ce qu’exige le vainqueur, tous se regardent en frissonnant ; ils cherchent avec effroi les six victimes, et désespèrent de les rencontrer. Bientôt ce n’est plus dans toute l'assemblée que gémissements, que sanglots et cris de douleur. Cependant le terme futal approchait, il fallait prendre un parti.

out à coup un des principaux habitants, nommé Eustache de Saint- Pierre, se leva. ‘° Seigneurs, dit-il en s'adressant à ses concitoyens, j'ui en droit, moi, si grande espérance d’avoir pardon envers Notre-Seigneur Jésus-Christ si je meurs pour ce peuple sauver, que je veux être le premier” Ce dévouement héroïque, encore relevé pur le motif qui lanimait, fut imité pur trois de ses parents. Deux autres se joignirent à eux, et complétèrent le nombre des victimes qui allaient s’immoler pour le salut de leurs compatriotes. Ils quittent Calais au milieu des cris lamentubles de la multitude et paraissent devant Edouard, Le prince, lançant sur eux un regard sévère, commande qu’on les conduise au supplice, En vain les généraux et les seigneurs se réunirent pour solliciter leur grâce, Edouard se montra inflexible, et la cruelle sentence allait être exécutée, si la reine son épouse, Philippa de Hainaut, ne se fût trouvée dans le camp. Elle vint se jeter. à ses pieds, et lui représenta d’une manière si vive et si touchante la tache qu'il allait imprimer à sa gloire, qu’enfin elle le désarma, et obtint la vie d'Eustache de Saint-Pierre et de ses généreux compagnons. 1».

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