GÉNÉREUX DÉVOUEMENT
Jean-Baptiste Masson, père de dix enfants, n’a pas craint, pour sauver trois personnes qui lui étaient absolument étrangères, d’exposer sa vie, dont tant d'intérêts lui demandaient la conservation. À Montiéramey (département de l'Aube), commune distante de deux lieues de Vandœuvre, où il demeure, Masson voit qu'une voiture qui a dévié de sa route et dans laquelle se trouvent quatre personnes, deux dames et deux jeunes gens, est emportée par un cheval fougueux dans la Baise, qu’un orage avait gonflée, Il court au cheval pour l'arrêter; mais quelque diligence qu'il fasse, il ne peut arriver assez tôt pour empêcher que la voiture et les voyageurs ne soient entraînés dans une eau profonde et bourbeuse, Un des jeunes gens, poussé par la violence même des flots, avait regagné le rivage, mais l’autre et ses deux compagnes périssaient, Couvert de sueur et sans se donner le temps de reprendre haleine, Masson se jette tout habillé dans la rivière, ramène d’abord les deux dames, et soudain, plongeant de nouveau, il parvient à saisir le jeune homme qui, du fond de l’abime, n’indiquait que par l’agitation qu’il communiquait à l’eau, en se débattant. l'endroit où il allait expirer, et il le rapporte sur le rivage, aux applaudissements des nombreux spectateurs de cet acte héroïque, auquel personne n'avait eu le courage de contribuer,