‹ Leçons de langue française [microforme]Chapitre 14 sur 579 · On forme des adjectifs · texte numérisé non relu

On forme des adjectifs

1° En réunissant deux mots par un trait d'union, — Ex, : Aigredouæ, nouveau-né, tout-puissant, frais eueilli. bleu clair.

99 En plaçant un préfixe devant un adjectif, — Ex.: Utile, anutile ; fin, SURJin ; «droit, MArLadroit (Voir No. 100.)

39 En ajoutant un suffixe à un adjectif, à un nom ou à un verbe, — Ex.: Rouge, rougeXrre ; envie, enviEUX ; «aimer, AbNABLE,

158, Les suflixes qui expriment la qualité, l'exercice habituel, d'une action, l'aptitude à la faire on à la recevoir, sont :

Eur, — Ex.: Parleur, qualité de celui qui parle souvent,

Anut,ent, — Ex.: Duisant, qualité de celui qui uit,

Able,— Ex.: Disciplinable, qui est apte à être discipliné.

ibie,— ix.: Lisible, qui peut être {w.

Lie, — x, : lacile, qui peut être fait aisément,

Ide, — Ex. : Oandide, qui montre de la candeur,

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5 eUX-

TUE 6, ete.

Aigre- Utile,

verbe, 2 PUR bituel,

Da

Formation des adjectifs, 25

Ces suffixes sont généralement construits avec le radical d’un verbe. Cependant able, ible, ile et ide sont souvent ajoutés à uu nom.

Les adjectifs en eur et en ant sont souvent pris Comme noms. 159. Les suffixes qui indiquent le rapport à l’action, le pouvoir d'agir, la disposition à agir, sont :

If, — Ex.: Dormitif, qui fait dormir.

Oire.— Ex.: Obligatoire, qui a le pouvoir d’obliger. Ces suffixes sont généralement construits avec le radical d’un verbe, Les adjectifs en if sont souvent considérés comme noms. 160, Les suffixes qui indiquent le rapport à une chose sont : Aire, — Ex.: Lunaire, qui a rapport à la Lune, Lex, —- Ex.: Printanier, qui a rapport au printemps. Al,el, —Ex.: Vital, textuel, qui a rapport à la vie, au texte, Aque, ique,—Ex.:Démoniaque, patriotique, qui a rapport au démon, à la patrie.

Ces suffixes sont ordinairement ajoutés à un nom, Le suflixe ter exprime quelquefois simplement la qualité. — Ex,: Hospitalier, nourricier.

161. Les suflixes qui indiquent la possession, l'abondance d'une chose, la ressemblance avec une chose, sont : U. — Ex.: Chevelu, qui à beaucoup de chereux. Eux, — Ex.: ÆHuileux, qui est de lu nature de l'huile. Ces suffixes s'ajoutent. ordinairement à un nom, 162. Les suffixes diminutifs de l'acjectif sont : Et, elet, ot. —Ex.: Pauvre, pauvret; vert, verdelet ; pâle, pélot.

Atre, aud, — Ex.: Noir, noirâtre ; rouge, rougeaud,. An.— Ex.: Blond, blondin.

163. Les suflixes augmentatifs de l'adjectif sont : Bond, Ex.: Mouwrant, moribond. Lent,— Ex: Sung, sanguinolent.

Ace, asse, acier, ussier, — Ex, : Vif, vivace ; bon, bonusse ; Jin, Jinassier,

Ard,— Ex.: Pilleur, pillard,

Asque, esque, -— Ex, : Fantaisie, fantasque ; chevalier, chevaleresque.

1ssime, ime, ême, — Ex.: Riche, richissine; inférieur, tn- June ; supérieur, supréme,

Plusieurs de ces suflixes dimiuutifs et augmentatifs expriment

' 26 Adjectifs déterminatifs.

: assez souvent une idée de dépréciation. — Ex.: Douceâtre, populacier, criard.

$ 7. Adjectifs déterminatifs.

164. Il y a quatre sortes d’adjectifs déterminatifs : l'adjectif démonstratif, les adjectifs possessifs, les adjectifs numéraux et les adjectifs indéfinis,

165. [adjectif démonstratif est celui qui détermine le nom en montrant l’être que ce nom désigne. — Êx.: ck mont, C&ITE île, CES lacs.

166. T'adjectif démonstratif est ce on cet au masculin singulier, cetle au féminin singulier, ces au pluriel des deux genres,

167. On met ce devant une consonne ou une k aspirée, cet devant une voyelle ou une X muette. — Lx. : CK livre, ck héros, CET or, CET homme,

| 168. Les adjectifs possessifs sont ceux qui déterminent le nom | en y ajoutant une idée de possession. — Ëx.: MON habit, %A ; À MuUISON, LEUR c«mpagne.

fl 169. Les adjectifs possessifs sont :

SINGULIER PLURIKL Masculin. Léminin. Des deux genres. Des deux genres. Mon, Ma, Notre, Mes, Nos, Ton, Ta, Votre, Tes, Vos, Son. Sa, Leur. Ses, Leurs.

170. Par euphonie, c’est-à-dire pour la douceur de la prononciation, on met mon, ton, son, au lieu de ma, ta, sa, devant un mot féminin commençant par une voyelle où une À muette, .— Ex.: MON de pour MA éme ; SON humeur pour sA humeur.

Les adjectifs notre, votre, dérivant du même mot latin que les pronoins le nôtre, le être, semblcraient devoir prendre aussi l'accent circonflexe, Mais ces adjectifs étant dujours suivis du nom, tout l'effort de l'accent tonique c’est naturellement porté sur ee nom, ce qui explique pourquoi ils se sont allégés, et pourquoi, par exemple, au lieu d'écrire nôtre âme, on écrit notre âme.

Au moyen âge, on ne mettait pas mon, ton, son devant un nom féminin commençant par une voyelle ; on employait ma, ta, sa, ou on élidait l’a final, comme nous faisons pour l’article la ; ainsi l'on disait ma âme, ta âne, sa âme, où m'âme, d'âme, s'âme,

On employait indifféremment mien, tien, sien, où mon, ton, son, ct l'on disait mon père, ou le mien père. Cet usage nous est resté dans quelques expressions: un tien Parent, ce champ est mien, etc.

171. Les adjectifs numéraux sont ceux qui déterminent le nom — en ÿ ajoutant une idée de nombre où e rang.

172. Il y a deux sortes d’adjectifs numéraux: les adjectifs numéraux cardinaux et les adjectifs numéraux ordinaux,

le

in

DOpu-

jectif et les

nom ETTE

ulier,

vant T or,

oh , TA

es,

re, le étant 6 sur u lieu

imennous âme,

t mon tien

non)

nu-

Adjectifs déterminatifs. 2

173. Les adjectifk nnméraux cardinaux sont ceux qui désignent la quantité. — Ex.: Deux, dix, cent, mille.

174. Les adjectifs numéraux ordinaux sont ceux qui désignent le rang, le numéro d'ordre. — Ex.: Deuxième, dixième, centième, millième.

175. On forme un adjectif numéral ordinal en ajoutaut la terminaison ième à l'adjectif numéral cardinal correspoudant,

Il y à exception pour les adjectifs premier et second.

Autrefois on disait septante du latin septuaginta, octante de octaginta, nonante de nonagintu, pour soixante-dix, quatre-vingts, quatre-vingt-dix. On disait aussi trois vingts pour rois fois vingt, six vingts, quinze vingts. De ces dernières expressions il nous est resté quatre-vingts.

Les adjectifs ordinaux étaient à l’origine généralement des dérivés directs de ieurs correspondants latins: Prime de primus, second de secunduts, tiers de tertius, quart de quartus, quint de quintus, seste de sertus, setme de septinus, octave de octatus, none de nonuut8, dîme de decimus. onzième de undec nus trentième de fricesimtus, quarantième de quadragesimus. cinquuntième de qitinquages'mus ete. La terminaison ième, se trouvant être celle du plus grind nombre des adjectifs ordinanx, l’analogie fit que, vers la fin du moyen âge, on fomna tous les adjectifs ordinaux à l’aide de ce suffixe. Qrelques-uns des mots anciens se sont conservés dans certaines expressions : De prime abord, le tiers ordre, Charles-Quint, ete. Premier (de Lrimarius) a persisté, ainsi que 1e mot second parall lement à deuxième.

176. Vingt et cent prennent le signe du pluriel lorsqu'ils sont” multipliés par un adjectif numéral et qu'ils sont suivis immédiatement d’un nom exprimé ou sous-entendu, — Ex.: Quatre-viN&rs hommes; trois CENT viNGr soldats ; nous élions en lout sept CENTS,

Nul autre adjectif numéral cardinal ne prend le signe du pluriel.

Pris comme adjectifs numéraux ordinaux, vingt et cent restent invariables, — Ex.: Page quatre-vinGT; l'an sit CENT.

177. Ou réunit par un trait d'union les diverses parties d’un adjectif numéral qui sont chacune moindre que cent. — Ex. : Dixsept mille cinq cent soixante-dix-huit.

On excepte vingt et un, trente et un, ete.

178. On écrit xmil pour la dute des années de l'ère chrétienne quand ce mat commence la date et qu'il est suivi d'un autre nombre, — Ex.: Alger fut prise en M1L huit cent trente.

179. Miile, mesure itinéraire, est un non commun, et varie au plurie!, -— Ex.: Trois Mi1118 font une lieue.

180. Les adjectifs indéfinis sont ceux qui déterminent le nom en y ajoutant une idée vague de nombre ou de qualité, — Ex, : PLusiiuns livres, une leçon QUELCONQUE.

181. Les adjectifs indéfinis sont: aucun, autre, certain, chaque, maint, méme, nul, pas un, plusieurs, auel, quelconque, quelque, tel 7 Î i oi à 1 à * 4

et tout. +

182. Certain, nul et un ne sont adjectifs indéfinis que lorsqu'ils sant placés avant le nom. Ils sont adjectifs qualificatifs, lorsqu'ils

28 Classification du pronom,

sont placés après le nom on qu'ils sont attributs; et alors certain signifie sr. nul signifie sans valeur, sans effet. un signifie qui n'admet point de pluralité. — Ex. : Cest une chose cérrTainx. 08 Y'AiSONS sont NUI.LES. L'Eglise est uNK.

183. À ces adjectifs, certains grammairiens en ajoutent une autre sorte qu’ils appellent adjectifs conjonctifs: Lequel, duquel, auquel, läquelle, de laquelle, à laquelle ;

lesquels, desquels, attxquels, lesquelles, desquelles, auxquelles. — Ex. : J'ai lu un livre bien écrit, LEQUEL livre est fort intéressant.

184. On pourrait tencore distinguer l'adjectif interrogatif : Quel, quelle, quels, Quei'es. — Ex. : Quez âge avez-vous ? QUELLE heure est-il ?

$ 8. Complément déterminatif et explicatif.

* 185. Le mot qui complète le sens d'un nom ou d’un adjectif s'appelle Complément de ce nom ou de cet adjectif. Ce complément est déterminatif ou explicatif,

Ù 186. Le complément déterminatif est celui qui limite, précire la signification dn mot qu’il complète, Il ne peut se retrancher Sans nuire essenticllement au sens de Ja phrase, — Ex.: L'œuvre

- de la CRÉATION est magnifique ; création est complément déterminatif de œuvre ; Ce mot fait connaître, détermine quelle est je à l’œuvre dont on parle. — Ze juste se tient toujours prét à Mourir ; [Ed Mourir est le complément déterminatif de l'adjectif prét ; il déter- | mine à quoi le juste se tient prêt.— Le péché originel none vient DA ; ORIGINEL est le complément déterminatif de péché ; il détermine quel est le péché qui nous vient d'Adam, — Mon travail « été récompensé; mon est le complément déterminatif de travail ; il détermine quel est le travail qui a été récompensé,

187. Le complément explicatif est celui qui exprime simplement'une qualification du mot qu'il complète, sans en déterminer ni en restreindre Ja signification, Il peut se retrancher sans nuire essentiellement au sens de la parase, — Ex.: Le Péché, DÉrisrTÉ DE DIEU, souille l'âme ; détesié de Dieu est le complément expli- M catif de péché; il qualifie simplement le mot péché; il n'en res-

‘ne treint pas la signification; on peut le retrancher sans nuire au

sens de la phrase,

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