L’ange et l’âme
Un chérubin dit un jour à mon âme :
“ Si tu savais la beauté de mon ciel!
Si tu savais les purs rayons de flimme
Que sur mon front projette l'Etcrnel [”
Je répondis à l’archange céleste :
“ Tu vois ton Dieu plus brillant que le jour.
D'un Dieu caché sur un autel moderte Sais-tu l’amour ? ”
L'ange reprit: « Sais-tu la joie innmense
De contempler en face un Dieu si beau?
Pour moi le ciel tous les jours recommence,
Et tous les jours mon bonheur cest nouveau.”
Je répondis : “ Sais-tu ce qu'est l’'Hostie,
Toi dont le cœur ne s’est point égaré ?
Près d’un Dieu bon, près de l’Eucharistie, As-tu pleuré ? ”
Le chérubin voulut parler encore :
“ Sais-tu, dit-il, mon aliment divin ?
Aimer, servir le grand Dieu que j'adore, ‘unir à lui: voilà mon doux festin. ”
Je répondis au lumineux archange :
# l'u te nourris de la Divinité }
Mais l'humble pain que j'adore et je mange,
L'as-tu goûté ?
O chérubin de la sainte patrie, Louons ensemble un Dieu si bon pour nous.
A toi le ciel, à moi l’Eucharistie :
Notre partage à tous deux est bien doux, J’aspire un jour à voir aussi mon Père ; Mais ici-bas l'autel est tout mon bien.
Voilà mon sort. Ton bonheur, je l'espère ; J'aime le mien.”
Mer D LA Bouin (1 810-1882).