‹ Leçons de langue française [microforme]Chapitre 367 sur 579 · Le lion et le moucheron · texte numérisé non relu

Le lion et le moucheron

# Va-t-en, chétif insecte, excrément de lu terrel ” C'est en ces mots que le lion Parlait un jour au moucheron, L'autre lui déclara la guerre :

“ Penses-tu, lui dit-il, que ton titre de roi Me fasse peur ni me soucie ?

Un bœut est plus puissant que toi ; Je le mène à ma fantaisie, ” A peine il achevait ces mots, Que lui-même il sonna la charge :

Fut le trompette et le héros.

Dans l’abord il se met au large ; Puis prend son temps, fond sur le cou Du lion, qu'il rend presque fou, Le quadrupède écume, et son œil étincelle ; L' rugit : on se cache, on tremble à l'environ ; Et cette alarme universelle Est l'ouvrage d'un moucheron.

Ua avorton de mouche en cent lieux le harcelle ; Tantôt pique l’échine, et tantôt le museau, Tantôt entre au fond du naseau.

La rage alors se troave à son faite montée.

L'invisible ennemi triomphe, et rit de voir Qu'il n'est griffe ni dent eu lu bête irritée, Qui de la mettre en sang ne fasse son devoir, Le malheureux lion se déchire lui-même, Fait résonner sa queue à l’entour de ses flancs, Bat l'air qui n'en peut mais ; ot su fureur extrême Le fatigue, l'abat : le voilà sur Les dents, L'insecte du combat se retire avec gloire ; Comme il sonna la charge il sonne la victoire, Va partout l’annoncer, et rencontre en chemin L'embuscade d'une araignée ; 11 y rencontre aussi sa fin, La Foxrains,

324 Morceaux choisis.

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