Un poète, à son petit logis
Petit séjour, commode et sain,
Où des arts et du luxe en vain
On chercherait quelque merveille;
Humble asile où j'ai sous la main
Mon la Fontaine et mon Corneille 1 ;
Où je vis, m'endors et m'éveille,
Sans aucun soin du lendemain,
Sans aucun remords de la veille; Retraite où j'habite avec moi, Seul, sans désirs et sans emploi,
ibre de crainte et d'espérance ;
Enfin, après trois jours d'absence,
e viens, j’accours, je t’aperçoi 21 O mon lit! 6 ma maisonnette!
Jhers témoins de ma paix secrète!
Cest vous, vous voilà, je vous voi 2 ; Qu'avec plaisir je vous répète :
41 n'est point de petit chez soi !
Ducs (1733-1816), 12. Le chien du pauvre.
Dans son palais rempli le riche est solitaire. Tout du besoin d'aimer conspire à le distraire » Mais regardez ce Pauvre. Au mépris condamné Trainant sous des lambeaux son sort infortuné, Sans famille ct sans nom. Sans épouse et sans frère, I] lui reste un ami : son hien suit sa misère. : Son chien marche, s'arrête et veille upr.s de lui » 1798). Il l'aimera demain comme il l’aime aujourd’ k: Il défend son sommeil, il flatte sa vieille. se : e. Amis, ils ont tous deux besoin de leur tendresse. J'ai vu, faut-il le dire ? un riche avec de l'or, Qui voulait à ce Pauvre arracher son trésor, Marchsndant cet ami qui caressait :on maître : ‘4 Cet animal, dit-il, qui t'affame peut-être, Tu peux, en le vendant, sou ger tes malheurs, — Eh ! qui donc m’aimera ? ” dit le vieillard en pleurs ; Et son chien dans l'instant suit la voix qui l’appelle,
O symbole touchant d'une amitié fidèle,
Que ton accueil est vrai | que tes transports sont doux! Tu chéris no: foyers, tu vieillis près de nous, Et ton dernier regard est encor pour ton maître.
RE
ire ?
Duors.
ns
1 Mon la Fontaine et mon Corneille, c'est-à Corneille,
3 Suppression de l’# par licence poétique.
les ouvrages de la Fontaine et de
360 Morceaux choisis.