Le Vieillard et les trois jeunes hommes
Un octogénaire plantait.
Passe encor de bâtir; mais planter à cet âge! Disaient trois jouvenceaux, enfants du voisinage : Assurément il radotait ; « Car, au nom des dieux, je vous prie, Quel fruit de ce labeur Pouvez-vous recueillir? Autant qu'un patriarche il vous faudrait vieillir, A quoi bon charger votre vie Des soins d’un avenir qui n’est pas fait pour vous ? e songez désormais qu'à vos erreurs passées : Quittez le long espoir et les vastes pensées ; To* cela ne convient qu’à nous.
2. de convient pas à vous-mêmes, Repartit le vieillard. Tout établissement ient tard et dure peu. La main des Parques blèmes e vos jours et des miens ge joue également. 08 termes sont pareils par leur courte durée. ui de nous des clartés de la voûte azurée oit jouir le dernier ? Est-il aucun moment ui Vous puisse assurer d’un second seulement ? Mes arrière-neveux me devront cet ombrage :
Hé bien! défendez-vous au sage De se donner des soins pour le plaisir d'autrui? ela même est un fruit que je goûte aujourd’hui, J'en puis jouir demain et quelques jours encore ; € puis enfin compter l'aurore Plus d’une fois sur vos tombeaux, »
Le vieillard eut raison : l’un des trois jouvenceaux e noya dès le port, allant à l’'Améri ue; L'autre, afin de monter aux grandes dignités, Dans les emplois de Mars servant la république, ar Un Coup imprévu vit ses jours emportés ; Le troisième tomba d’un arbre Que lui-même il voulut enter :
Et pleurés du vieillard, il grava sur leur marbre € que je viens de raconter,
La FONTAINE.
G. Le loup.
Le loup est un de ces animaux dont l'appétit pour la chair est le plus véhément; et quoique avec ce goût il ait reçu de la nature les gone de le satisfaire, qu'elle lui ait donné des armes, de la ruse, de l’agilité, de la force, tout 0e qui est nécessaire, en un mot, pour trouver, attaquer, vaincre, saisir et dévorer sa proie, cependant il meurt souvent de faim, parce que l’homme, lui ayant déclaré la gUorre, l'ayant même proscrit en mettant sa tête à prix, le force à fuir,
demeurer dans les bois, où il ne trouve qu
sauvages qui lui échappent par la vitesse
eut surprendre que par hasard ou par patience, en les attendant
ongtemps, et souvent en vain, dans les endroits où ils doivent
asser.
L Le loup est naturellement grossier et poltron, mais il devient ingénieux par besoin et hardi par nécessité; pressé par la famine, il brave le danger, vient attaquer les animaux qui sont sous la garde de l’homme, ceux surtout qu’il peut emporter aisément, comme les agneaux, les petits chiens, les chevreaux; et Due celte maraude lui réussit, il revient souvent à la charge, jusqu’à ce qu'ayant été blessé ou chassé, et maltraité par les hommes et les chiens, il se recèle pendant le jour dans son ort, n’en sort que la nuit, parcourt la Campagne, rôde autour des habitations, ravit les animaux abandonnés, vient attaquer les bergeries, gratte et creuse la terre sous les portes, entre furieux, met tout à mort avant de choisir et d’emporter sa proie,
Le loup a beaucoup de force, surtout dans les parties antérieures du corps, dans les muscles du cou et de la mâchoire. Il porte avec sa gueule un mouton, sans le laisser toucher à terre
Dictées de récapitulation.
BuFFon.
Z Faux bonheur de l’impie.
Je n’admirai jamais la gloire de l’impie,
Au bonheur du méchant qu’un autre porte envie, Tous ses jours paraissent charmants ; L'or éclate en ses vêtements;
Son orgueil est sans borne ainsi que sa richesse
Jamais l’air n’est troublé de ses gémissements ;
Il s'endort, il s’éveille au bruit des instruments, Son cœur nage dans la mollesse.
Pour comble de prospérité, Il espère revivre en sa postérité ; Et d'enfants à sa table une riante troupe Semble boire avec lui la joie à pleine coupe.
Heureux, dit-cn, le peuple florissant Sur gui ces biens coulent en abondance!
lus heureux le peuple innocent Qui dans le Dieu du ciel a mis sa confiance ?
Pour contenter ses frivoles désirs ; homme insensé vainement se consume Il trouve l’amertume Au milieu des plaisirs.
Le bonheur de l’impie est toujours agité :
Il erre à la merci de sa ropre inconstance.
Ne cherchons la félicité Que dans la paix de l'innocence,
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