‹ Leçons de littérature françaiseChapitre 116 sur 187 · LES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

LES FRANÇAIS

C'est le seul peuple dont les mœurs peuvent se dépraver sans que le fond du cœur se corrompe \ ni que le courage s'altère ; il allie les qualités héroïques avec le plaisir, le luxe et la mollesse ; ses vertus ont peu de consistance; ses vices n'ont point de racines. Le caractère d'Alcibiade n'est pas rare esi France. Le dérèglement des mœurs et de l'imagination ne donne point atteinte à la franchise, à la bonté naturelle du Français. L'amour-propre contribue à le rendre aimable ; plus il croit plaire , plus il a de penchant à aimer. La frivolité qui nuit au développement de ses talents et de ses vertus le préserve en même tems des crimes noirs et réfléchis. La perfidie lui est étrangère., et il est bientôt fatigué de Lintrigue. Le Français est l'enfant de 1 Europe ; si l'on a quelquefois vu parmi nous des crimes odieux, ils ont disparu plutôt par le caractère national que par la sévérité des lois.

Duclos. Considérations sur les Mœurs.

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