‹ Leçons de littérature françaiseChapitre 149 sur 187 · LA PAUVRE FILLE · texte numérisé non relu

LA PAUVRE FILLE

« J'ai fui ce pénible sommeil

Qu'aucun songe heureux n'accompagne ;

J'ai devancé sur la montagne

Les premiers rayons du soleil.

S'éveillant avec la nature Le jeune oiseau chantait sous l'aubépine en fleurs : Sa mère lui portait la douce nourriture;

Mes yeux se sont mouillés de pleurs!

Ah! pourquoi n'ai-je plus de mère!

Pourquoi ne suis-je pas semblable au jeune oiseau Dont le nid se balance aux branches de l'ormeau !

Rien ne m'appartient sur la terre!

Je n'eus pas même de berceau , Et je suis un enfant trouvé sur une pierre

Devant l'église du hameau.

Loin de mes parents exilée , De leurs embrassements j'ignore la douceur 1

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Kt tas enfants de la vallée

Ne m'appellent jamais leur sœur !

Jamais sous son toit de feuiiiée Le joyeux laboureur ne m'invite h nr asseoir ,

Et de loin, je vois sa famille

Autour du sarment qui pétille, Chercher sur ses genoux les caresses du soir !

Vers la chapelle hospitalière,

En pleurant j'adresse mes pas,

La seule demeure ici bas

Où je ne sois pas étrangère, La seule devant moi qui ne se ferme pas!

Puis, à l'heure de la prière,

Souvent aussi mes pas errants Parcourent des tombeaux l'asile solitaire. Mais pour moi les tombeaux sont tous indifférents ;

La pauvre fille est sans parents Au milieu des cercueils ainsi que sur la terre.

J'ai pleuré quatorze printems

Loin des bras qui m'ont repoussée ;

Pteviens ma mère, je t'attends

Sur la pierre où tu m'as laissée ! »

La pauvre fille, hélas ! n'attendit pas longtems. Plaintive elle mourut en priant pour sa mère.

On dit qu'une femme étrangère Un jour, le front voilé, parut dans le hameau. On conduisit ses pas vers l'humble cimetière, Mais parmi les gazons et l'épaisse bruyère , On ne put distinguer les traces du tombeau.

Alex. Soumet.

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