PROPHETIE DE JOAD
Mais d'où vient que mon cœur frémit d'un saint effroi? Est-ce l'esprit divin qui s'empare de moi? (vrent, C'est lui-même. Il m'échauffe; il parie; mes yeux s'ou- Et les siècles obscurs devant moi se découvrent Lévites, de vos sons prêtez-moi les accords, Et de ses mouvements secondez les transports. Cieux écoutez ma voix; terre, prête l'oreille. Ne dis plus., ô Jacob, que ton Seigneur sommeille. Pécheurs, disparaissez., le Seigneur se réveille. Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé? Quel est dans le lieu saint ce pontife égorgé? Pleure, Jérusalem : pleure, cité perfide , Des prophètes divins malheureuse homicide! De son amour pour toi ton Dieu s'est dépouillé ; Ton encens, à ses yeux, est un encens souillé.
Où menez -vous ces enfants et ces femmes? Le Seigneur a détruit la reine des cités. Ses prêtres sont captifs, ses rois sont rejetés : Dieu ne veut plus qu'on vienne à ses solennités. Temple, renverse-toi! cèdres, jetez des flammes!
Jérusalem, objet de ma douleur , Quelle main, en un jour, t'a ravi tous tes charmes? Qui changera mes yeux en deux sources de larmes,
Pour pleurer ton malheur ?
Quelle Jérusalem nouvelle Sort du fond du désert brillante de clarté, Et porte sur le front une marque immortelle?
Peuples de la terre, chantez!
Jérusalem renaît plus charmante et plus belle.
D'où lui viennent de tous côtés Ces enfants qu'en son sein elle n'a point portés? Lève, Jérusalem, lève ta tète altière ; Regarde tous ces rois de ta gloire étonnés! Les rois des nations, devant toi prosternés,
De tes pieds baisent la poussière.
Les peuples à l'envi marchent à ta lumière. Heureux qui, pour Sion, d'une sainte ferveur
Sentira son âme embrasée!
Cieux, répandez votre rosée, Et que la terre enfante son Sauveur !
Racine. Athalie.