‹ Leçons de littérature françaiseChapitre 171 sur 187 · LE CONVOI D'UN ENFANT · texte numérisé non relu

LE CONVOI D'UN ENFANT

Un jour que j'étais en voyage Près de ces lots qu'un mur défend , Je vis deux hommes du vil ! âge Qui portaient un cercueil d'enfant.

Une femme marchait derrière Qui pleurait et disait tout bas Une lente et triste prière , Celle qu'on dit lors d'un jrépas.

Point de parents, point de famille:

Je ne vis le long du chemin Qu'une pauvre petite fille Cachant ses larmes dans sa main.

Elle suivait la longue allée Qui conduit au champ du repos , Et paraissait bien désolée \ Et dévorait bien des sanglots.

Ainsi marchant , quand ils passèrent Au pied de ce grand peuplier, Ceux qui travaillaient s'arrêtèrent , Et je les vis s'agenouiller;

Prier le ciel pour la jeune âme, Faire le signe de la croix ; Et, quand passa la pauvre femme, Se détourner tous à la fois !

Cependant inclinant la tète,

Au cimetière on arriva ;

Une fosse ouverte était prête ;

Alors un homme dit: « C'est là ! »

Et la fosse n'étant plus vide On y poussa la terre ... et puis Je ne vis qu'une fosse humide Avec une branche de buis.

Et comme la petite fille

S'en allant passa près de moi ,

Je l'arrêtai par sa mantille:

« Tu pleures, mon enfant, pourquoi? «

« Monsieur, c'est que Julien, dit-elle, Mon petit camarade, *>st mort! »

Et voilant sa noire prunelle, La pauvrette pleura plus fort.

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