‹ Leçons de littérature françaiseChapitre 82 sur 187 · EXISTENCE DE DIEU · texte numérisé non relu

EXISTENCE DE DIEU

Qu'est-il besoin de nouvelles recherches et de spélations pénibles pour connaître ce qu'est Dieu ? nis n'avons qu'à lever les yeux en haut, nous

voyons l'immensité des cieux qui sont l'ouvrage de ses- mains, ces grands corps de lumière qui roulent si régulièrement et si majestueusement sur nos tètes, et auprès desquels la terre n'est qu'un atome imperceptible. Quelle magnificence! Qui a dit au soleil : f< Sortez du néant, et présidez au jour? » Et à la lune: « Paraissez, et soyez le flambeau delà nuit? « Qui a donné l'être et le nom à cette multitude d'étoiles qui décorent avec tant de splendeur le firmament, et qui sont autant de soleils immenses, attachés chacun à une espèce de monde nouveau qu'ils éclairent? Quel est l'ouvrier dont la toute-puissance a pu opérer ces merveilles, où tout l'orgueil de la raison éblouie se perd et se confond? Quel autre que le souverain Créateur de l'univers pourrait les avoir opérées? Seraient-elles sorties d'elles-mêmes du sein du hasard et du néant? Et l'impie sera-t-il assez désespéré pour attribuer à ce qui n'est pas , une toute-puissance qu'il ose refuser à celui qui est essentiellement, et par qui tout a été fait?

Les peuples les plus grossiers et les plus barbares entendent le langage des cieux. Dieu les a établis sur nos têtes comme des hérauts célestes qui ne cessent d'annoncer à tout l'univers sa grandeur : leur silence majestueux parle la langue de tous les hommes et de toutes les nations; c'est une voix entendue partout où la terre nourrit des habitans. Qu'on parcoure jusqu'aux extrémités les plus reculées de la terre et les plus désertes, nul lieu dans l'univers, quelque caché qu'il soit au reste des hommes, ne peut se dérober à l'éclat de cette puissance qui brille aii-dessus de nous, dans les globes lumineux qui décorent le firmament.

Voilà le premier livre que Dieu a montré aux hommes pour leur apprendre ce qu'il était; c'est là

?[u'ils étudièrent d'abord ce qu'il voulait leur maniester de ses perfections infimes: c'est à la vue de ces grands objets que, frappés d'admiration et d'une crainte respectueuse, ils se prosternaient pour en adorer l'auteur tout -puissant. Il ne leur fallait pas

OU PHILOSOPHIE PRATIQUE. i 4o

des prophètes pour les instruire de ce qu'ils devaient à la majesté suprême : la structure admirable des deux et de l'univers le leur apprenait assez. Ils laissèrent cette religion simple et pure à leurs enfants : mais ce précieux dépôt se corrompit entre leurs mains. A force d'admirer la beauté et l'éclat des ouvrages de Dieu, ils les prirent pour Dieu même: les astres, qui ne paraissaient que pour annoncer sa gloire aux hommes, devinrent eux-mêmes leurs divinités. Insensés! ils offrirent des vœux et des hommages au soleil et à la lune, et à toute la milice du ciel, qui ne pouvaient ni les entendre ni les recevoir! La beauté de ces ouvrages fit oublier aux hommes ce qu'ils devaient à leur Auteur.

Massilloin.

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