‹ Leçons de littérature françaiseChapitre 92 sur 187 · LA GLOIRE HUMAINE · texte numérisé non relu

LA GLOIRE HUMAINE

Le propre de la gloire, c'est d'amasser autour de soi tout ce qu'elle °peut. L'homme se trouve trop petit tout seul. Il tâche de s'agrandir, et de s'accroître comme il peut. Il pense qu'il s'incorpore tout ce qu'il amasse, tout ce qu'il acquiert, tout ce qu'il gagne. Il s'imagine croître lui-même avec son train qu'il augmente, avec ses appartements qu'ils rehausse, avec son domaine qu'il étend. Il ne peut augmenter sa taille naturelle , il y applique ce qu'il peut par le dehors, et s'imagine qu'il devient plus grand, et qu'il se multiplie quand on parle de lui, quand il est dans la bouche de tous les hommes, quand il fait du bruit dans le monde. La vertu toute seule lui paraît trop unie et trop simple.

Quelquefois, à la vérité, la gloire se présente comme d'elle-même, et vient, pour ainsi dire, de bonne grâce. Alors je ne sais quoi nous dit dans le cœur que nous la méritons d'autant plus que nous l'avons moins recherchée : mais elle n'en est alors que plus dangereuse.

BOS&UET.

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