XIX* SIÈCLE. LES CONTEMPORAINS
sagesse » ? L*esprit critique qui nous distingue se tournerat-il en esprit créateur? Le bon et le mauvais se mêlent singulièrement dans notre littérature : assez pour permettre aux esprits chagrins de croire que notre décadence littéraire est commencée ; aux esprits confiants de se flatter qu'ils saluent l'aurore d'une littérature nouvelle. La postérité prononcera entre cet extrême dédain et cette complaisance excessive. Elle dira probablement que, dans la seconde moitié du xix® siècle, si quelque chose a pu manquer aux lettrés comme aux artistes, ce n'est ni l'intelligence, ni l'esprit, ni le talent, ni la science du métier, ni la passion de leur art; seul un certain don de vie et d'originalité propre à l'époque et qui lui eût prêté une physionomie bien distincte, semblera peut-être avoir fait défaut.
Mais peut-être aussi sommes-nous trop près des œuvres et des hommes pour saisir l'unité dans ce désordre apparent. S'il est ainsi, goûtons les œuvres du présent, quand elles nous charment; laissons à l'avenir le soin de les juger.