‹ Leçons de littérature françaiseChapitre 2 sur 106 · Voy. tome I, page · texte numérisé non relu

Voy. tome I, page

% Ibid., pa^e 146.

a. Un jour, en 1629, Corneille, âgé de vingt:lrois ans, apporta à l'acteur Mondory, qui était alors à Rouen, une comédie qu'il venait d'écrire, intitulée Mélite. Mondory lut la pièce et en devina le mérite ; il l'emporta à Paris, où le théâtre du Marais, après une longue interruption, allait se rouvrir, sous sa direction. La pièce y fut jouée; le succès fut immense. Cependant Mélile est une comédie embrouillée, diffuse, et, à notre goût, médiocrement intéressante: mais on était las du style amphigourique et guindé du vieux Hardy * ; on fut charmé de trouver dans Mélile beaucoup de jolis vers qui exprimaient avec assez de naturel et de simplicité la conversation vraie des honnêtes gens.

Dès les premiers pas de sa carrière. Corneille étale à nos yeux la qualité suprême de son génie : la fécondité d'invention. Après le succès de Mélitey un autre eût tenté une seconde fois le même genre pour prolonger ce succès en le renouvelant. Corneille déjà ne veut pas se répéter. Rien ne ressemble moins à cette comédie mondaine que Cliiandre, un drame romanesque dans le goût de ceux de Hardy; pièce chargée d'incidents, et presque aussi touffue que la forêt où l'action se passe ; où dix personnages sans vie, sans réalité, se poursuivent les uns les autres, se cherchent, se fuient, se battent en duel, se cachent dans des cavernes ou sous divers déguisements ; des assassins y sont apostés, des chasseurs y courent le cerf. L'orage s'y déchaîne, l'éclair luit, la foudre éclate. Tout ce bruit fut perdu. La pièce échoua. Corneille revint à la comédie de mœurs. Il donna successivement la Veuve (1633), qui eut un brillant succès, la Galerie du Palais (1633), la Suivante (1634), la Vlace Royale (1634). Ces quatre pièces, comme Mélite elle-même, ne

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