‹ Leçons de logique [microforme] (volume 2)Chapitre 23 sur 51 · AE 5 COTE · texte numérisé non relu

AE 5 COTE

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A D mm orme

‘ DEUXIÈME LOI. — Si l’on affirme le conditionné, il ne s'ensuit pas qu’il faille affirmer la condition ou l’antécédent. Ex. : :

Or vous êtes canadien (conditionné), . Donc vous êtes québecquois (condition).

Il est évident que cette conclusion est fausse. La raison de cette loi, c’est que la condition n’est pas la Cause unique du conditionné. Il est vrai, en effet,

‘ qu’ « être 'québecquois » est une des causes d’ «être canadien », mais non pas l’unique.

TROISIÈME LOI. — Si l’on nie le conditionné ou le conséquent, il faut nier la condition ou l’antécédent. Ex. :

Or vous n'êtes pas canadien (conditionné), Donc vous n’êtes ;pas québecquois (condition).

”* Le conditionné est l’effet inséparable de la condition qui'en est la cause nécessaire. Donc, en niant l'effet on nie la cause qui en est inséparable.

QUATRIÈME LOI. — Si l'on nie la condition, il ne s'ensuit pas qu’il faille nier le conditionné. Ex. : ;

Or vous n'êtes Pas québecquois (condition), Donc vous n’êtes pas canadien (conditionné).

Le conditionné ou le conséquent est faux. — La condition est une des causes, et non pas la cause unique du conditionné.

183. Lois du syllogisme disjonctif, — Le syllogisme disjonctif est celui (181) dont la majeure est une Proposition disjonctive. ;

* PREMIÈRE LOI. — La majeure disjonctive doït être complèté. “La disjonctive incômplète peut être vraie ou

ons ils

fausse dans tous ses: membres, et l’on ne ‘pourrait conclure. Le syllogisme suivant manque à cette loi.

Ou vous êtes canadien, ou vous êtes français, Or vous n'êtes pas canadien, Donc vous êtes français.

La majeure de ce syllogisme peut être fausse : Il y a bien des gens qui ne sont ni canadiens ni français. Elle peut être vraie : Beaucoup de gens sont canadiens et français. Pour conclure dans une disjonctive, il faut qu’au moins un membre soit ou bien vrai ou bien faux. à z DEUXIÈME LOI. — Si l’un des membres de la disjonctive est affirmé ou nié, les autres membres doivent être niés ou affirmés. Si tous les membres moins un sont affirmés ou niés, ce membre unique doit-être nié ou afirmé.

Ex. : Les élèves de la classe A sont aussi studieux, ou plus studieux, ou moins studieux que les élèves de la classe B.

Or ils sont aussi studieux, Donc ils ne sont pas ou plus, ou moins studieux.

Or ils ne sont pas a::ssi studieux, Donc ils sont ou pius, ou moins studieux.

Or ils sont ou plus ou moins studieux, Donc ils ne sont pas aussi studivur.

Or ils ne sont pas ou plus ou moins studieur, Donc ils sont aussi studieux.

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184. Lois du syllogisme conjonctif. — Le syllogisme conjonctif est celui dont la majeure est une proposition conjonctive, c’est-à-dire une Proposition dont les membres sont incompatibles.

PREMIÈRE LOI. — L’afiirmation de l’un des membres entraîne la négation de l’autre. Ex. :

On ne peut pas à la fois aimer Dieu et haïr son prochain,

Or X haït son prochain,

Donc X n'aime pas Dieu.

DEUXIÈME LOI. — La négation de l’un des membres entraîne l'affirmation de l’autre s’il y a opposition contradictoire entre les deux. Ex. :

On ne peut pas à la fois être catholique et baptiste, Or vous n'êtes pas catholique, Donc vous êtes baptiste.

Cette conclusion n’est pas légitime, parce que être catholique et être baptiste ne sont pas opposés contradictoirement. Tous les non-catholiques ne sont pas, pour cela des baptistes. Ils peuvent étre des adeptes des autres cultes nombreux qui se partagent le monde.

Ex.: On ne peüt être à la fois théiste et athée, Or vous n'êtes pas athée, Donc vous êtes théiste.

Cette conclusion est légitime, parce que, entre le théisme et l’athéisme, il y a opposition contradictoire.

185. Enthymène. — L’enthymène est un syllogisme dans lequel une des prémisses est sous-entendue. Ex. :

Tout fondateur de séminaires mérite de la patrie, Donc Mgr. de Laval mérite de la patrie.

186. Epichérème. — L'épichérème est un syllogisme dont l’une des prémisses ou toutes les deux sont accompagnées de leur preuve. Ex. :

Ceux qui savent se vaincre sont heureux : la paix et le bonheur résultent des victoires que l’on remporte sur soimême, Or ceux qui sont fidèles à leurs devoirs savent se vaincre, Donc ils sont heureux.

187. Sorite. — Le sorite est un ayllogisme composé de plusieurs propositions tellement liées entre elles que l’attribut de la précédente devient le sujet de la suivante Pour arriver à une conclusion dont le sujet est celui de la Première proposition et l’attribut celui de la dernière proposition. Ex. :

L'écolier studieux fait la consolation de ses maîtres,

Celui qui fait la consolation de ses maîtres est agréable à Dieu,

Celui qui est agréable à Dieu est heureux,

Donc l’écolier studieux est heureux.

188. Polysyllogisme. — Le polysyllogisme est un argument composé de plusieurs syllogismes liés entre eux de manière que la conclusion du premier devienne l’antécédent du second. Ex. :

L'effort intellectuel est une cundition du progrès dans les études,

Or beaucoup d'élèves ne font aucun effort intellectuel,

Donc beaucoup d'élèves ne progressent pas dans les études,

Or ceux qui ne progressent pas dans les études risquent de manquer leur avenir, ‘Donc beaucoup d'élèves risquent de manquer leur avenir.

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189. Le: dilemme. — Le dilemme est un argument dont la majeure est une proposition disjonctive à deux membres qui — l’un affirmé et l’autre nié dans la mineure — donnent toujours une conclusion opposée à l'adversaire réel ou imaginaire. Ex. :

Les rois, ou ils sont méchants, ou ils sont bons,

S’ils sont méchants, quels'afreux tourments ils se préparent.

S’ils sont bons, quelles difficultés n’ont-ils pas à vaincre,

Les rois sont done à plaindre.

Ce dilemme de Fénélon (Télémaque, Liv. VI) peut être opposé à ceux qui vantent le bonheur des têtes couronnéss.

190. T.ois du dilemme. — Les lois du dilemme peuvent se ramener à trois.

PREMIÈRE LOI. — La majeure disjonctive doit être complète ; autrement l'adversaire pourrait alléguer une autre hypothèse non. énoncée. et échapper ainsi à la conclusion.

Le dilemme suivant manque à cette loi. Ex. :

‘ Après ses études classiques, mon fils sera ou médecin,

ou notaire. S'il est médecin, il mènera üne existence misérable, puisque c’est une profession dont l’exercice est très souvent pénible. S'il est notaire, il sera pauvre toute sa vie : c’est une profession peu lucrative et très encombrée. Donc mon fils ne fera pas d’études classiques:

À part la médecine et le notariat, il y a d’autres carrières auxquelles conduit un cours classique. ‘

DEUXIÈME LOI. — {| faut qu'entre chaque membre de la disjonctive et la conclusion il y ait un lien logique et nécessaire ; chaque membre de la disjonctive est la

condition et la conclusion le conditionné. Entre la condition et le conditionné il y a un lien logique et nécessaire, relation de cause. effet (182). Ex. :

Ou vous êtes sujet britannique, ou vous ne l'êtes pas, Si vous l’êtes, vous êtes canadien,

Si vous ne l’êtes Pas, vous êtes français,

Donc vous ne méritez pas protection.

Ce dilemme n’est pas conforme à la deuxième loi. De ce que quelqu'un est sujet britannique ou non, il ne s'ensuit pas logiquement et nécessairement qu'il soit canadien et français.

‘TROISIÈME LOI. — ]| faut que le dilemme conclue de manière qu'il ne puisse être retorqué contre son auteur : cette loi est basée sur la nature même du dilemme. Le dilemme suivant manque à cette loi. Ex. :

Ou votre vie sera longue, ou elle sera brève, ” Si elle est longue, vous vous priverez d’une foule de plaisirs légitimes, en entrant dans l’état religieux ; Si elle est brève, vous n’irez pas loin dans la voie de la perfection, objet de vos désirs. Donc vous ne devez pas choisir la vie religieuse.

On répond en rétorquant.….

Si ma vie est brève, je renoncerai à très peu de plaisirs, même légitimes ; Si elle est longue, je pourrai aller très loin dans la voie de la perfection, objet de mes désirs, Donc, je choisirai l’état religieux.

Article IV L'INDUCTION

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